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Alexandre Berthier - 28 nov 1805, Austerlitz : la lettre qui a orienté le choix du champ de bataille - 1805
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Alexandre Berthier - 28 nov 1805, Austerlitz : la lettre qui a orienté le choix du champ de bataille - 1805

« s'assurer quel serait le meilleur champ de bataille à prendre si l'armée était placée à Nicolsbourg. L'Empereur ira lui-même parcourir la reconnaissance que vous aurez faite.» Description Lettre autographe signée par le maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), Major Général de la Grande Armée, datée de Brünn [Brno], le 7 frimaire an XIV [28 novembre 1805], adressée au général Nicolas-Antoine Sanson, directeur du dépôt topographique. 1 page in-4, légère mouillure en marge droite. Contexte historique Fin novembre 1805, quelques jours seulement après son entrée triomphale dans Vienne, Napoléon établit son quartier général à Brünn. La tension est extrême : la troisième coalition rassemble plus de 85 000 hommes austro-russes, bientôt renforcés par les troupes du roi de Prusse, face aux 73 000 soldats dont dispose l'Empereur. Une bataille décisive est inévitable — encore faut-il en choisir le terrain. Napoléon confie alors à ses maréchaux une mission d'une importance capitale : « Jeunes gens, étudiez bien ce terrain, nous nous y battrons ; vous aurez chacun un rôle à jouer. » En tant que Major Général, Berthier est chargé d'établir les relevés topographiques nécessaires pour proposer à l'Empereur le meilleur emplacement possible pour l'affrontement à venir. Le contenu de la lettre Dans ce document, Berthier ordonne à son second, le général Sanson — alors chef du service topographique de la Grande Armée — de se rendre immédiatement sur le terrain pour en effectuer une reconnaissance minutieuse : « L'intention de l'Empereur, Général, est que vous vous rendiez sur le champ à Nicolsbourg [Mikulov], que vous vous occupiez de reconnaître la position que l'on pourrait y prendre en ayant devant soi la Taya [la rivière Thaya] et la March [la rivière Morava] ; reconnaître également les positions de Nicolsbourg [Mikulov] à Znaym [Znojmo]. Il faudrait faire faire des figures à vue de ces positions au moins à trois lignes pour cent toises, il faudrait bien reconnaître la nature des rivières depuis Lundenbourg [Břeclav] sur la March jusqu'à Laab sur la Taya [Laa an der Thaya] ; il faut reconnaître la ligne des étangs fermés par le ruisseau appelé Inspitz sur lesquels se trouve Boroditz [Borotice], Probitz [Pravice] et Grusback [Hrušovany nad Jevišovkou] ; enfin reconnaître les positions qui sont à droite et à gauche ; reconnaître également le cours de la Taya depuis Laab jusqu'au-delà de Znayen ; s'assurer quel serait le meilleur champ de bataille à prendre si l'armée était placée à Nicolsbourg. L'Empereur ira lui-même parcourir la reconnaissance que vous aurez faite. » Un ordre d'une précision toute militaire — et dont la conséquence sera immédiate : sur la base de ces relevés, Napoléon fixera finalement le lieu de la confrontation dans un petit village de 900 âmes situé une vingtaine de kilomètres plus à l'est. Quatre jours plus tard, le 2 décembre 1805, éclate à cet endroit la bataille la plus célèbre de l'ère napoléonienne : Austerlitz. L'homme derrière la carte : le général Sanson Le destinataire de cette lettre n'est pas un inconnu. Nicolas-Antoine Sanson s'était déjà illustré lors des campagnes d'Italie et d'Égypte, où Bonaparte l'avait remarqué et distingué pour son courage et ses compétences d'ingénieur, le nommant à la tête du génie de l'Armée d'Orient dès 1799. En 1801, devenu Premier Consul, Bonaparte lui écrivait : « vous connaissez le cas particulier que je fais de vos talents et de votre bravoure », avant de le nommer inspecteur général du génie et directeur du dépôt de la guerre. Le 26 août 1805, anticipant les affrontements à venir, Napoléon ordonnait déjà à Berthier : « Vous nommerez le général Sanson chef de votre bureau topographique. Il préparera les cartes relatives au théâtre de la guerre en Allemagne et en Italie. » C'est ainsi que Sanson accompagne Berthier et l'Empereur dans cette nouvelle campagne, chargé d'une mission dont l'issue s'avérera décisive pour l'histoire militaire européenne. Une lettre peut-être dictée par Napoléon lui-même Fait remarquable : le journal Le Spectateur Militaire, dans son numéro de 1847, rapporte cet épisode en des termes presque identiques à ceux de notre lettre — mais en attribuant directement le contenu à Napoléon : « Après la prise de Vienne, en 1805, l'Empereur étant à Brünn, et méditant la bataille qu'il allait avoir à livrer à l'armée russe qui pénétrait en Moravie, charge le général Sanson de reconnaître la position de Nicolsbourg… » Cette concordance troublante — presque mot pour mot — laisse penser que Berthier, en rédigeant cette missive, aurait pu transcrire directement les instructions dictées par l'Empereur lui-même, ce qui ne ferait que renforcer la valeur historique de ce document. Le témoignage de Berthier sur l'importance de ce travail topographique Dans sa propre relation de la bataille, Berthier confirmera lui-même l'importance cruciale de ce travail de reconnaissance dans la stratégie finale de l'Empereur : « Avant de retourner à son bivouac, l'Empereur parcourut le champ de bataille que déterminait à la fois la position de ses troupes et celle de l'ennemi. Pas un pli, pas un accident de terrain, qui ne fut reconnu, pas un moyen de relier les corps entre eux qui ne fut préparé, pas un obstacle qui ne fut écarté d'avance. Il forma sur le lieu même son plan de bataille avec la certitude du succès. » Napoléon remportera à Austerlitz la plus éclatante victoire de son règne, le jour anniversaire de son sacre. Pourquoi ce document est exceptionnel Lettre à l'origine directe du choix du champ de bataille d'Austerlitz, rédigée quatre jours seulement avant l'affrontement Signée par le maréchal Berthier, Major Général de la Grande Armée et bras droit de Napoléon Contenu possiblement dicté par l'Empereur lui-même, comme le suggère sa reprise quasi littérale dans une source de 1847 Document d'une précision topographique remarquable, témoignant du soin extrême apporté par l'état-major à la préparation de cette bataille décisive. Les quelques mouillures visibles en marge, loin de nuire au document, pourraient — hypothèse qu'on ne saurait totalement écarter — avoir été produites sur le terrain même de la campagne d'Austerlitz Document historique de tout premier intérêt pour l'histoire de la période napoléonienne et de la bataille d'Austerlitz. Exceptionnel !!

N. 105827237

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Alexandre Berthier - 28 nov 1805, Austerlitz : la lettre qui a orienté le choix du champ de bataille - 1805

Alexandre Berthier - 28 nov 1805, Austerlitz : la lettre qui a orienté le choix du champ de bataille - 1805

« s'assurer quel serait le meilleur champ de bataille à prendre si l'armée était placée à Nicolsbourg. L'Empereur ira lui-même parcourir la reconnaissance que vous aurez faite.»

Description

Lettre autographe signée par le maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), Major Général de la Grande Armée, datée de Brünn [Brno], le 7 frimaire an XIV [28 novembre 1805], adressée au général Nicolas-Antoine Sanson, directeur du dépôt topographique. 1 page in-4, légère mouillure en marge droite.

Contexte historique

Fin novembre 1805, quelques jours seulement après son entrée triomphale dans Vienne, Napoléon établit son quartier général à Brünn. La tension est extrême : la troisième coalition rassemble plus de 85 000 hommes austro-russes, bientôt renforcés par les troupes du roi de Prusse, face aux 73 000 soldats dont dispose l'Empereur. Une bataille décisive est inévitable — encore faut-il en choisir le terrain.
Napoléon confie alors à ses maréchaux une mission d'une importance capitale : « Jeunes gens, étudiez bien ce terrain, nous nous y battrons ; vous aurez chacun un rôle à jouer. » En tant que Major Général, Berthier est chargé d'établir les relevés topographiques nécessaires pour proposer à l'Empereur le meilleur emplacement possible pour l'affrontement à venir.

Le contenu de la lettre

Dans ce document, Berthier ordonne à son second, le général Sanson — alors chef du service topographique de la Grande Armée — de se rendre immédiatement sur le terrain pour en effectuer une reconnaissance minutieuse :
« L'intention de l'Empereur, Général, est que vous vous rendiez sur le champ à Nicolsbourg [Mikulov], que vous vous occupiez de reconnaître la position que l'on pourrait y prendre en ayant devant soi la Taya [la rivière Thaya] et la March [la rivière Morava] ; reconnaître également les positions de Nicolsbourg [Mikulov] à Znaym [Znojmo]. Il faudrait faire faire des figures à vue de ces positions au moins à trois lignes pour cent toises, il faudrait bien reconnaître la nature des rivières depuis Lundenbourg [Břeclav] sur la March jusqu'à Laab sur la Taya [Laa an der Thaya] ; il faut reconnaître la ligne des étangs fermés par le ruisseau appelé Inspitz sur lesquels se trouve Boroditz [Borotice], Probitz [Pravice] et Grusback [Hrušovany nad Jevišovkou] ; enfin reconnaître les positions qui sont à droite et à gauche ; reconnaître également le cours de la Taya depuis Laab jusqu'au-delà de Znayen ; s'assurer quel serait le meilleur champ de bataille à prendre si l'armée était placée à Nicolsbourg. L'Empereur ira lui-même parcourir la reconnaissance que vous aurez faite. »

Un ordre d'une précision toute militaire — et dont la conséquence sera immédiate : sur la base de ces relevés, Napoléon fixera finalement le lieu de la confrontation dans un petit village de 900 âmes situé une vingtaine de kilomètres plus à l'est. Quatre jours plus tard, le 2 décembre 1805, éclate à cet endroit la bataille la plus célèbre de l'ère napoléonienne : Austerlitz.

L'homme derrière la carte : le général Sanson

Le destinataire de cette lettre n'est pas un inconnu. Nicolas-Antoine Sanson s'était déjà illustré lors des campagnes d'Italie et d'Égypte, où Bonaparte l'avait remarqué et distingué pour son courage et ses compétences d'ingénieur, le nommant à la tête du génie de l'Armée d'Orient dès 1799. En 1801, devenu Premier Consul, Bonaparte lui écrivait : « vous connaissez le cas particulier que je fais de vos talents et de votre bravoure », avant de le nommer inspecteur général du génie et directeur du dépôt de la guerre.
Le 26 août 1805, anticipant les affrontements à venir, Napoléon ordonnait déjà à Berthier : « Vous nommerez le général Sanson chef de votre bureau topographique. Il préparera les cartes relatives au théâtre de la guerre en Allemagne et en Italie. » C'est ainsi que Sanson accompagne Berthier et l'Empereur dans cette nouvelle campagne, chargé d'une mission dont l'issue s'avérera décisive pour l'histoire militaire européenne.

Une lettre peut-être dictée par Napoléon lui-même
Fait remarquable : le journal Le Spectateur Militaire, dans son numéro de 1847, rapporte cet épisode en des termes presque identiques à ceux de notre lettre — mais en attribuant directement le contenu à Napoléon : « Après la prise de Vienne, en 1805, l'Empereur étant à Brünn, et méditant la bataille qu'il allait avoir à livrer à l'armée russe qui pénétrait en Moravie, charge le général Sanson de reconnaître la position de Nicolsbourg… » Cette concordance troublante — presque mot pour mot — laisse penser que Berthier, en rédigeant cette missive, aurait pu transcrire directement les instructions dictées par l'Empereur lui-même, ce qui ne ferait que renforcer la valeur historique de ce document.

Le témoignage de Berthier sur l'importance de ce travail topographique

Dans sa propre relation de la bataille, Berthier confirmera lui-même l'importance cruciale de ce travail de reconnaissance dans la stratégie finale de l'Empereur :
« Avant de retourner à son bivouac, l'Empereur parcourut le champ de bataille que déterminait à la fois la position de ses troupes et celle de l'ennemi. Pas un pli, pas un accident de terrain, qui ne fut reconnu, pas un moyen de relier les corps entre eux qui ne fut préparé, pas un obstacle qui ne fut écarté d'avance. Il forma sur le lieu même son plan de bataille avec la certitude du succès. »

Napoléon remportera à Austerlitz la plus éclatante victoire de son règne, le jour anniversaire de son sacre.

Pourquoi ce document est exceptionnel

Lettre à l'origine directe du choix du champ de bataille d'Austerlitz, rédigée quatre jours seulement avant l'affrontement
Signée par le maréchal Berthier, Major Général de la Grande Armée et bras droit de Napoléon
Contenu possiblement dicté par l'Empereur lui-même, comme le suggère sa reprise quasi littérale dans une source de 1847
Document d'une précision topographique remarquable, témoignant du soin extrême apporté par l'état-major à la préparation de cette bataille décisive.

Les quelques mouillures visibles en marge, loin de nuire au document, pourraient — hypothèse qu'on ne saurait totalement écarter — avoir été produites sur le terrain même de la campagne d'Austerlitz

Document historique de tout premier intérêt pour l'histoire de la période napoléonienne et de la bataille d'Austerlitz. Exceptionnel !!

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