Galerie Dantesque
Tétel
Nous croyons que l’Art n’est pas une image. Il est une présence. Une œuvre existe lorsqu’un être humain habite la matière. Lorsqu’un regard, une main, une hésitation, une intention traversent la couleur. La peinture n’est pas une surface à remplir, mais un lieu où quelque chose de vivant prend forme. Nous refusons le non-être. Nous refusons les images sans chair, les formes sans vécu, les productions qui imitent sans ressentir. Une création peut être techniquement parfaite et pourtant vide. La perfection sans présence est une absence. Ce que nous combattons, ce n’est pas la technologie. C’est la disparition du sensible. Nous défendons la lenteur, le doute, la trace. La main qui tremble. La couleur qui résiste. Le geste qui échoue puis recommence. C’est dans cette friction entre l’esprit et la matière que naît l’Art. Là où quelque chose est risqué. Là où quelque chose est vrai. La peinture est un acte de résistance. Résistance à l’automatisation du regard. Résistance à l’uniformisation du beau. Résistance à l’oubli de ce que ressentir signifie. Créer, c’est affirmer son existence. Nous croyons que les sentiments humains ne se simulent pas. Ils s’éprouvent. Ils s’inscrivent. Ils laissent une empreinte. Une œuvre porte le poids de celui qui l’a traversée. Elle contient du temps, de l’attention, de la fatigue, de la joie, parfois de la douleur. C’est cela que nous cherchons. C’est cela que nous voulons transmettre. Face aux créations purement artificielles, nous choisissons l’incarnation. Face au bruit, nous choisissons la profondeur. Face à la vitesse, nous choisissons la justesse. Parce que tant qu’il y aura de la couleur, il y aura de l’humain. Ce manifeste n’est pas une nostalgie. C’est une ligne. Une ligne entre l’image et l’œuvre. Entre le calcul et la présence. Entre le simulé et le vécu. Nous ne faisons pas des images. Nous faisons exister de l’humain par la couleur. Et tant qu’une main humaine habitera la matière, l’Art restera vivant.