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Raymond Espinasse (1897-1985) - Sieste
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Raymond Espinasse (1897-1985) - Sieste

Raymond ESPINASSE (1897-1985) C'est au début du XXème siècle que Raymond Espinasse découvre le Fauvisme et le cubisme. Il s'installe à Paris en 1925 et enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts. Parallèlement il collabore à 11 revues (Revue de Lausanne, Revue de l'Académie Française...) Présent au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants depuis 1938, il effectue de nombreux voyages dont plusieurs à Aix-en-Provence afin de se rapprocher de son maître Paul Cézanne. A partir de 1945, l'Etat français achète un nombre important de ses oeuvres et le fait apprécier du grand public. Jusqu'au début des années 60, Raymond Espinasse vivra à Saint-Tropez, Hyères, Aix, Sète, Montpellier, où il peint des thèmes qui lui sont chers, la mer, les ports, la danse, le nu... Durant une grande partie de sa vie il peindra aux côtés de son grand ami François Desnoyer et exposera avec Jules Cavaillès, Henri Martin, Achille Laugé, Maurice Utrillo, Paul Signac... Considéré comme l’un des plus éminents peintres toulousains du XXe siècle, ce coloriste s’est signalé par ses nombreux nus et ses paysages toulousains et méditerranéens. Avec Raoul Bergougnan et Marc Saint-Saëns, Raymond Espinasse se pose comme l’un des trois mousquetaires de l’Ecole toulousaine au XXe siècle. S’il n’a pas acquis la postérité de ses deux confrères, c’est probablement en partie du fait d’un caractère farouchement indépendant et taciturne. Retracer son parcours de vie relève de la gageure, tant les éléments biographiques sont minces. Ce fils d’extraction modeste –père menuisier et mère couturière- naît aux premiers jours de septembre 1897 à Toulouse. Sa famille quitte rapidement les bords de Garonne pour les Pyrénées et la région de Pau. Quinze ans plus tard, le chérubin a laissé la place à un adolescent affirmé. On le retrouve dans la Ville rose, non pas sur les planches du théâtre du Capitole comme l’aurait souhaité son père, mais dans une imprimerie. Pendant près de quatre ans, il y apprend les rudiments de la lithographie. Parallèlement, il se passionne pour la peinture. Fin observateur du monde qui l’entoure, il noircit nombre de petits carnets. La vigueur de son trait et le rapproche d’Othon Friesz, l’un des instigateurs avec Henri Matisse et Georges Braque du fauvisme, avant de se rapprocher du cubisme post-cézannien. Après la guerre, l’ouvrier typographe retourne à ses machines. Le Syndicat du livre le remarque et l’envoie enseigner à l’école des beaux-arts de la ville. Attiré par les avant-gardes, il monte à Paris au mitan des années 20. Installé à Montparnasse, il se lie d’amitié avec ses compatriotes toulousains Arthur Fages et Jules Cavaillès et pousse la porte de l’Académie Jullian. Tout en réalisant de nombreux croquis de la vie parisienne, il travaille pour de nombreuses revues françaises et étrangères spécialisées dans la lithographie. Professeur emblématique de croquis aux beaux-arts En 1934, il s’établit définitivement à Toulouse, ouvrant un atelier rue Lafayette. Bien que discret et fuyant les mondanités, lui qui se voit plus en artisan qu’en poète de la palette, accepte d’exposer ses œuvres à la galerie Chappe, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Unanimement reconnu par ses contemporains pour ses talents de dessinateur, il est sollicité après sa démobilisation en 1941 par les beaux-arts pour y créer un cours de croquis. Il y dispense jusque dans les années 70. Bien qu’exigeant voir cassant à certains moments, Raymond Espinasse entretient avec ses élèves un rapport libre, les poussant à la spontanéité et les invitant le jeudi chez lui, rue du Taur, à d’interminables discussions à bâtons rompus sur l’art. Dans son atelier, de nombreux cartons, esquisses et toiles de nu féminin. Ce partage de la sensualité avec quelques-uns de ses modèles est clairement évoqué au cours d’une lettre de février 1944 d’une certaine Gilda, à la fois élève et amante. « Le Modèle (…)/ Quand, lasse et désoeuvrée tu t’abandonnes enfin/ Au long étirement en gestes impudiques/ Ton corps a des reflets et des lignes magiques/ Qui guident mon pinceau dans des courbes sans fin ». Au gré des humeurs et des influences, l’image de la femme change. Le Nu de dos se veut une représentation simple et discrète, à la façon de Bonnard alors que Nu au fauteuil renvoie à une esthétique plus voluptueuse. Un peintre du Midi Peintre de l’intime mais aussi artiste de plein-air, il aime pratiquer dans le climat de sa ville natale. Parmi les paysages emblématiques, La place Saint-Pierre exprimée dans une quiétude absolue, à l’heure de la sieste. Une réalité méridionale que l’on retrouve à travers des portraits de marins, des étals de marché, des ruelles, places et quais autour de Sète et de l’étang de Thau. Une « île singulière » qui se prête si bien aux couleurs vives et aux agapes estivales. Mathieu Arnal

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Raymond Espinasse (1897-1985) - Sieste

Raymond ESPINASSE
(1897-1985)

C'est au début du XXème siècle que Raymond Espinasse découvre le Fauvisme et le cubisme.

Il s'installe à Paris en 1925 et enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts. Parallèlement il collabore à 11 revues (Revue de Lausanne, Revue de l'Académie Française...) Présent au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants depuis 1938, il effectue de nombreux voyages dont plusieurs à Aix-en-Provence afin de se rapprocher de son maître Paul Cézanne.

A partir de 1945, l'Etat français achète un nombre important de ses oeuvres et le fait apprécier du grand public. Jusqu'au début des années 60, Raymond Espinasse vivra à Saint-Tropez, Hyères, Aix, Sète, Montpellier, où il peint des thèmes qui lui sont chers, la mer, les ports, la danse, le nu...

Durant une grande partie de sa vie il peindra aux côtés de son grand ami François Desnoyer et exposera avec Jules Cavaillès, Henri Martin, Achille Laugé, Maurice Utrillo, Paul Signac...

Considéré comme l’un des plus éminents peintres toulousains du XXe siècle, ce coloriste s’est signalé par ses nombreux nus et ses paysages toulousains et méditerranéens.

Avec Raoul Bergougnan et Marc Saint-Saëns, Raymond Espinasse se pose comme l’un des trois mousquetaires de l’Ecole toulousaine au XXe siècle. S’il n’a pas acquis la postérité de ses deux confrères, c’est probablement en partie du fait d’un caractère farouchement indépendant et taciturne. Retracer son parcours de vie relève de la gageure, tant les éléments biographiques sont minces. Ce fils d’extraction modeste –père menuisier et mère couturière- naît aux premiers jours de septembre 1897 à Toulouse. Sa famille quitte rapidement les bords de Garonne pour les Pyrénées et la région de Pau. Quinze ans plus tard, le chérubin a laissé la place à un adolescent affirmé. On le retrouve dans la Ville rose, non pas sur les planches du théâtre du Capitole comme l’aurait souhaité son père, mais dans une imprimerie. Pendant près de quatre ans, il y apprend les rudiments de la lithographie. Parallèlement, il se passionne pour la peinture. Fin observateur du monde qui l’entoure, il noircit nombre de petits carnets. La vigueur de son trait et le rapproche d’Othon Friesz, l’un des instigateurs avec Henri Matisse et Georges Braque du fauvisme, avant de se rapprocher du cubisme post-cézannien.

Après la guerre, l’ouvrier typographe retourne à ses machines. Le Syndicat du livre le remarque et l’envoie enseigner à l’école des beaux-arts de la ville. Attiré par les avant-gardes, il monte à Paris au mitan des années 20. Installé à Montparnasse, il se lie d’amitié avec ses compatriotes toulousains Arthur Fages et Jules Cavaillès et pousse la porte de l’Académie Jullian. Tout en réalisant de nombreux croquis de la vie parisienne, il travaille pour de nombreuses revues françaises et étrangères spécialisées dans la lithographie.

Professeur emblématique de croquis aux beaux-arts

En 1934, il s’établit définitivement à Toulouse, ouvrant un atelier rue Lafayette. Bien que discret et fuyant les mondanités, lui qui se voit plus en artisan qu’en poète de la palette, accepte d’exposer ses œuvres à la galerie Chappe, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Unanimement reconnu par ses contemporains pour ses talents de dessinateur, il est sollicité après sa démobilisation en 1941 par les beaux-arts pour y créer un cours de croquis. Il y dispense jusque dans les années 70. Bien qu’exigeant voir cassant à certains moments, Raymond Espinasse entretient avec ses élèves un rapport libre, les poussant à la spontanéité et les invitant le jeudi chez lui, rue du Taur, à d’interminables discussions à bâtons rompus sur l’art.

Dans son atelier, de nombreux cartons, esquisses et toiles de nu féminin. Ce partage de la sensualité avec quelques-uns de ses modèles est clairement évoqué au cours d’une lettre de février 1944 d’une certaine Gilda, à la fois élève et amante. « Le Modèle (…)/ Quand, lasse et désoeuvrée tu t’abandonnes enfin/ Au long étirement en gestes impudiques/ Ton corps a des reflets et des lignes magiques/ Qui guident mon pinceau dans des courbes sans fin ». Au gré des humeurs et des influences, l’image de la femme change. Le Nu de dos se veut une représentation simple et discrète, à la façon de Bonnard alors que Nu au fauteuil renvoie à une esthétique plus voluptueuse.

Un peintre du Midi

Peintre de l’intime mais aussi artiste de plein-air, il aime pratiquer dans le climat de sa ville natale. Parmi les paysages emblématiques, La place Saint-Pierre exprimée dans une quiétude absolue, à l’heure de la sieste. Une réalité méridionale que l’on retrouve à travers des portraits de marins, des étals de marché, des ruelles, places et quais autour de Sète et de l’étang de Thau. Une « île singulière » qui se prête si bien aux couleurs vives et aux agapes estivales.





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