Nr. 100097186

Michel Suret-Canale (XX-XXI) - Seascape blue XL
Nr. 100097186

Michel Suret-Canale (XX-XXI) - Seascape blue XL
Dans cette peinture récente, sur une toile de grand format, 100 cm x 70 cm, tendue sur un chassis en bois, Michel Suret-Canale s’éloigne en apparence de ses paysages familiers, tout en en approfondissant silencieusement les fondements.
Un horizon bas, presque tranchant, sépare deux étendues de bleu : en bas, une surface liquide, dense, calme et réfléchissante ; au-dessus, un ciel tourmenté, traversé de masses nuageuses obliques, peintes en larges gestes rapides, presque calligraphiques. La composition est volontairement dépouillée, réduite à quelques forces essentielles : le ciel, l’eau, la ligne, et la figure.
Car c’est bien une figure qui surgit, minuscule et déterminante. Un homme seul, silhouetté en noir, immobile, se tenant à la frontière du monde visible. Son reflet se prolonge dans l’eau comme une seconde présence, plus fragile encore, instable, vibrante. Cette figure n’est ni narrative ni anecdotique : elle agit comme un point de condensation du regard. Elle est à la fois témoin, mesure et énigme. Elle pourrait être le peintre lui-même, ou chacun de nous, confronté à l’immensité silencieuse du paysage.
La peinture mêle ici acrylique et huile avec une grande justesse. L’acrylique structure l’espace, installe les grandes nappes chromatiques, tandis que l’huile — plus lente, plus sensuelle — intervient dans la figure et certaines zones du ciel, apportant profondeur, densité et vibration. Ce dialogue entre techniques renforce la tension entre maîtrise et abandon, entre construction et effacement, qui traverse toute l’œuvre.
La palette, dominée par des bleus profonds, des gris froids et des blancs lumineux, n’est jamais décorative. Elle crée une atmosphère mentale autant que climatique. On y sent une mémoire de la peinture moderne — de Turner à Nicolas de Staël, de certains paysages nordiques à une abstraction lyrique retenue — mais sans citation ni nostalgie. Suret-Canale ne regarde pas le paysage pour le décrire : il le traverse, il l’éprouve, il l’habite.
Cette œuvre affirme ainsi une conviction profonde : le paysage n’est jamais un décor, mais un espace intérieur. Et si cette peinture est « différente » de celles qui l’ont précédée, elle en prolonge pourtant la logique intime. Chaque paysage, chez Suret-Canale, est une tentative nouvelle, un recommencement. C’est sans doute cette capacité à ne jamais se répéter, à accepter le risque du déplacement, qui donne à son travail cette vitalité rare et cette liberté toujours renouvelée.
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