Nr. 101276679

Michel Suret-Canale (XX-XXI) - L'annonciation
Nr. 101276679

Michel Suret-Canale (XX-XXI) - L'annonciation
L’Annonciation
Diptyque – Huile et acrylique sur toile
2 panneaux de 40 × 50 cm (format total 50 × 80 cm)
Les deux toiles sont reliées par une bande de tissus collant ou Gaff agraphée qui permet de replier le dyptique et de reduire le cout d'expedition et les risques, le colis est reduit a 55 cm x 45 cm
— Texte critique
Dans ce diptyque consacré à L’Annonciation, Michel Suret-Canale ne cherche ni la distance critique ni la relecture ironique d’un thème biblique. Il peint au premier degré, en acceptant pleinement la dimension chrétienne du sujet, jusque dans ses signes les plus élémentaires : l’ange Gabriel, la colombe, l’auréole. Ces éléments iconographiques ne sont ni des citations savantes ni des clins d’œil culturels ; ils sont là par adhésion, dans une forme de naïveté volontaire, au sens le plus noble du terme.
L’ange Gabriel est ici le messager de la tradition chrétienne, porteur de la parole divine, mais il est aussi — sans contradiction — une figure du père : celui par qui la vie advient sans jamais être maîtrisée. Plus le temps passe, plus cette expérience devient vertigineuse. Voir ses enfants devenir adultes, l’un parcourir le monde seul, l’autre donner à son tour la vie, ne dissipe pas le mystère initial ; au contraire, il l’approfondit. Ce que l’on croyait comprendre à la naissance devient, rétrospectivement, un miracle persistant.
Marie, quant à elle, n’est ni idéalisée ni transfigurée. Elle est volontairement ordinaire d’aspect, presque banale, et c’est précisément cette simplicité qui la rend juste. Elle incarne la mère au sens le plus concret et le plus universel : celle dont le corps rend possible l’incarnation, sans jamais épuiser le secret de ce qui s’y joue. La peinture ne cherche pas à embellir cette figure, mais à lui laisser sa vérité première. Marie est celle qui accepte, sans comprendre entièrement — et cette acceptation est au cœur même du mystère chrétien.
La colombe, figure de l’Esprit Saint, est traitée sans emphase mais avec précision. Elle ne relève pas du décor : elle relie les deux panneaux, traverse l’espace, signale la présence de ce qui ne se voit pas mais agit. L’auréole, elle aussi, est assumée sans distance : non comme un symbole désuet, mais comme le signe de l’invisible rendu visible, selon la logique même de l’iconographie chrétienne.
Avec l’âge, le peintre ne se réfugie pas dans une justification laïque du sacré. Il accepte au contraire de se rapprocher du mystique, non par croyance dogmatique, mais par fidélité à une intuition profonde : certaines réalités ne se comprennent qu’en les acceptant comme mystère. Cette position rejoint ce que Jorge Luis Borges appelait la naïveté volontaire du poète : non une ignorance, mais un choix conscient de croire encore aux puissances symboliques fondamentales.
Peinte dans un geste libre, presque musical, cette Annonciation n’illustre pas un texte ; elle réactive un récit fondateur dans sa simplicité première. Elle affirme que le sacré n’est pas incompatible avec la lucidité, et que le premier degré — lorsqu’il est choisi — peut être l’une des formes les plus exigeantes de la peinture.
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