Pio Joris (1843-1921) - Paesaggio con cacciatore

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Carmen Íñiguez Berbeira
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Pio Joris (Rome, 8 juin 1843 – Rome, 6 mars 1921), Paysage avec chasseur, daté au verso 1886 et signé et localisé (Rome) en bas à droite du recto. Huile sur panneau. Œuvre de grande qualité et de finesse d’exécution. Le seul panneau mesure 25x10,5 cm. Dans un cadre doré contemporain qui valorise l’œuvre.

Pio Joris (Rome, 8 juin 1843 – Rome, 6 mars 1921) a été un peintre, graveur et aquarelliste italien, appartenant à la sphère des fidèles romains de Mariano Fortuny, connu pour un style caractérisé par la mixture du réalisme authentique et du plaisir de la touche, virevoltant et pétillant.

Peintre connu pour une tendance fondamentalement commerciale, il était néanmoins considéré, à Rome à la fin du xixe siècle, comme l’un des plus grands peintres. Il participa aux principales expositions italiennes et internationales, remportant souvent les premiers prix et obtenant parfois des succès indiscutables (Exposition de Munich, 1869; Exposition de Vienne, 1873; expositions parisiennes; Exposition Internationale de Rome, 1883 et 1911; Exposition Universelle de Paris, 1878 et 1900, pour ne citer que les principales). Les sujets traités le plus fréquemment furent ceux du folklore romain, peints de manière séduisante et qui rencontrèrent l’adhésion de la bourgeoisie naissante; en tout cas il s’occupa aussi de toiles de sujet historique comme La fuite du pape Eugène IV, provenant de la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome.

La première activité picturale de Pio Joris se pose comme un point de rencontre entre la culture picturale romaine et napolitaine de la seconde moitié du XIXe siècle. Romain de naissance et de formation académique, Joris a toujours reçu des impulsions du monde artistique napolitain : Edoardo Pastina, peintre de paysage originaire de Naples, fut son premier maître, tandis que lors de l’Exposition Nationale de Florence de 1861 ce furent les Napolitains qui donnèrent au peintre les plus grandes impulsions pour recommencer à étudier la peinture en se consacrant totalement au vrai. Il fut élève d’Achille Vertunni avec qui il fit un voyage à Sorrento et Naples, au cours duquel il put connaître personnellement Filippo Palizzi et Domenico Morelli et entrer en contact avec l’École de Resìna, ce qui amena le peintre à la création d’un style personnel fondé sur les suggestions reçues. Joris fut toutefois toujours lié au monde artistique méridional: il faut prendre en compte les touches qu’il prit, à l’âge mûr, dans la peinture de Francesco Paolo Michetti. Il fut très ami du peintre Attilio Simonetti.

La figure de Pio Joris a souvent été rapprochée de Mariano Fortuny, dont le peintre romain fut ami et admirateur, de manière souvent déconsidérante. À la base de tout cela, il y a la tendance de la critique à mettre l’accent sur la peinture commerciale de Fortuny, en négligeant celles qui furent les véritables expérimentations du Catalan, visant à la recherche d’un nouveau naturalisme non éloigné des résultats qui se déployaient à la même période dans le reste de l’Europe. Une lecture nouvelle de l’œuvre de Fortuny proposée récemment par la critique, éloignée des stéréotypes qui l’ont accompagnée pendant plus d’un siècle, nous amène aussi à évaluer différemment les effets qu’elle a eus sur Joris. Certes le contact avec Fortuny a apporté à l’artiste une tendance à adopter une touche vive et virtuose et en même temps a conféré un chromatisme plus intense et brillant. Le peintre de Reus, en effet, était tout concentré sur la recherche d’une luminosité marquée, peignant sur fond blanc et avec des coups de pinceau rapides pour créer des effets lumineux, issus de sa réflexion sur les maîtres espagnols du passé et en même temps sur les suggestions qui arrivaient à l’époque du Japon. Joris, mieux que tout autre peintre romain, a su saisir les novautés de Fortuny, ne se limitant pas à l’évidence superficielle, mais actualisant, au cours des années soixante-dix, sa peinture aux nouvelles valeurs chromatiques et naturalistes, tout en considérant que Joris et Fortuny passeront du temps ensemble en Espagne à peindre, lors d’un séjour riche de conséquences pour le peintre romain. Dans les mêmes années se produisait à Portici, à la suite du séjour du Catalan en 1874, peu avant sa mort, une nouvelle réflexion sur la façon de peindre et dont l’exemple le plus accompli se trouve dans la « Procession du Corpus Domini à Chieti » (Collection privée) de Francesco Paolo Michetti, de 1877. « Après la bénédiction » (Collection privée) valut à Joris une médaille d’or et mille lires à l’Exposition de Naples de 1877 et propulsa le peintre au rang des principaux peintres italiens des années soixante-dix, ceux qui, partant des intuitions fortuniennes, créèrent « l’Empire du Blanc », comme le proposait le peintre et critique pugliese Francesco Netti, où la peinture de lumière se concrétise par un éclaircissement de la palette, des couleurs plates et un fond blanc.

Mariano Fortuny fut vraisemblablement le médiateur entre Joris et le marchand d’art Adolphe Goupil, auquel le peintre romain aurait été lié de 1868 à 1875. Goupil, en Italie, cherchait des petits tableaux avec des anecdotes tirées du folklore laziale et campagnard immergés dans des environnements naturalistes et lumineux, thèmes largement traités par le peintre romain. Cette collaboration entraîna inévitablement Joris vers un succès qui dépassait l’Italie, comme en attestent les fréquentes participations aux Salons parisiens – où la peinture de genre triomphait de plus en plus – et qui devinrent désormais des vitrines pour de riches acheteurs. Mais les séjours parisiens de Joris furent plus stimulants, dans les années soixante-dix, en raison des contacts que l’artiste romain eut avec De Nittis et Zandomeneghi, qui le conduisirent au contact du monde impressionniste dont il saisit les suggestions qu’il adapta à ses propres intérêts.

Joris fut l’un des artistes les plus connus du panorama artistique et culturel romain, des années soixante-dix jusqu’au décès; il fut parmi les premiers représentants de l’Association Artistique Internationale, parmi les dix fondateurs de l’Association des Aquarellistes romains, participa presque chaque année aux expositions des Amateurs et Collecteurs d’Art, mais resta étranger aux cercles culturels nés au sein du Symbolisme. Il était très aimé pour son caractère expansif et sympathique, bien vu par ses collègues et par la critique de son époque. La figure de Pio Joris fut parmi les plus centrales et importantes du panorama de la peinture romaine du XIXe siècle, en particulier au sein de l’expérience de la peinture de paysage, avec des toiles pulsantes de lumière et d’atmosphère liées principalement aux intérêts lumineux et clair-obscurs, à la relation avec le vrai et avec la nature même à la lumière de la mise à jour européenne opérée à travers Fortuny et des expériences parisiennes. Ses carnets démontrent que tout au long de son parcours artistique, il fut lié à la campagne et à Rome (Avec Ettore Roesler Franz, il fut le peintre des coins de Rome qui disparaissaient sous les nouveaux quartiers de la Capitale) attentif surtout aux coupes de composition et à la restitution atmosphérique. Bien qu’il ait été un artiste fécond, les œuvres dans les musées et sur le marché des antiquaires sont limitées; il demeure toutefois un artiste souvent présent dans les plus grandes enchères italiennes avec des évaluations allant de 500 à 50 000 euros. L’intérêt pour la lumière est la constante de la peinture de Joris: La Terrasse (Rome, Galerie Communale d’Art Moderne) est sans doute son chef-d’œuvre précoce où la lumière est la protagoniste unique. Dans les années quatre-vingt-dix, ses œuvres furent affectées par des emprunts michettiens pour les thèmes liés aux rites religieux, aux processions, aux interiors des églises. Dans ces œuvres, les vibrations lumineuses se délitent presque les figures, comme dans le Jeudi Saint (Rome, Galerie de l’Académie de Saint-Luc) considéré par la critique de son époque comme son chef-d’œuvre."

Pio Joris (Rome, 8 juin 1843 – Rome, 6 mars 1921), Paysage avec chasseur, daté au verso 1886 et signé et localisé (Rome) en bas à droite du recto. Huile sur panneau. Œuvre de grande qualité et de finesse d’exécution. Le seul panneau mesure 25x10,5 cm. Dans un cadre doré contemporain qui valorise l’œuvre.

Pio Joris (Rome, 8 juin 1843 – Rome, 6 mars 1921) a été un peintre, graveur et aquarelliste italien, appartenant à la sphère des fidèles romains de Mariano Fortuny, connu pour un style caractérisé par la mixture du réalisme authentique et du plaisir de la touche, virevoltant et pétillant.

Peintre connu pour une tendance fondamentalement commerciale, il était néanmoins considéré, à Rome à la fin du xixe siècle, comme l’un des plus grands peintres. Il participa aux principales expositions italiennes et internationales, remportant souvent les premiers prix et obtenant parfois des succès indiscutables (Exposition de Munich, 1869; Exposition de Vienne, 1873; expositions parisiennes; Exposition Internationale de Rome, 1883 et 1911; Exposition Universelle de Paris, 1878 et 1900, pour ne citer que les principales). Les sujets traités le plus fréquemment furent ceux du folklore romain, peints de manière séduisante et qui rencontrèrent l’adhésion de la bourgeoisie naissante; en tout cas il s’occupa aussi de toiles de sujet historique comme La fuite du pape Eugène IV, provenant de la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome.

La première activité picturale de Pio Joris se pose comme un point de rencontre entre la culture picturale romaine et napolitaine de la seconde moitié du XIXe siècle. Romain de naissance et de formation académique, Joris a toujours reçu des impulsions du monde artistique napolitain : Edoardo Pastina, peintre de paysage originaire de Naples, fut son premier maître, tandis que lors de l’Exposition Nationale de Florence de 1861 ce furent les Napolitains qui donnèrent au peintre les plus grandes impulsions pour recommencer à étudier la peinture en se consacrant totalement au vrai. Il fut élève d’Achille Vertunni avec qui il fit un voyage à Sorrento et Naples, au cours duquel il put connaître personnellement Filippo Palizzi et Domenico Morelli et entrer en contact avec l’École de Resìna, ce qui amena le peintre à la création d’un style personnel fondé sur les suggestions reçues. Joris fut toutefois toujours lié au monde artistique méridional: il faut prendre en compte les touches qu’il prit, à l’âge mûr, dans la peinture de Francesco Paolo Michetti. Il fut très ami du peintre Attilio Simonetti.

La figure de Pio Joris a souvent été rapprochée de Mariano Fortuny, dont le peintre romain fut ami et admirateur, de manière souvent déconsidérante. À la base de tout cela, il y a la tendance de la critique à mettre l’accent sur la peinture commerciale de Fortuny, en négligeant celles qui furent les véritables expérimentations du Catalan, visant à la recherche d’un nouveau naturalisme non éloigné des résultats qui se déployaient à la même période dans le reste de l’Europe. Une lecture nouvelle de l’œuvre de Fortuny proposée récemment par la critique, éloignée des stéréotypes qui l’ont accompagnée pendant plus d’un siècle, nous amène aussi à évaluer différemment les effets qu’elle a eus sur Joris. Certes le contact avec Fortuny a apporté à l’artiste une tendance à adopter une touche vive et virtuose et en même temps a conféré un chromatisme plus intense et brillant. Le peintre de Reus, en effet, était tout concentré sur la recherche d’une luminosité marquée, peignant sur fond blanc et avec des coups de pinceau rapides pour créer des effets lumineux, issus de sa réflexion sur les maîtres espagnols du passé et en même temps sur les suggestions qui arrivaient à l’époque du Japon. Joris, mieux que tout autre peintre romain, a su saisir les novautés de Fortuny, ne se limitant pas à l’évidence superficielle, mais actualisant, au cours des années soixante-dix, sa peinture aux nouvelles valeurs chromatiques et naturalistes, tout en considérant que Joris et Fortuny passeront du temps ensemble en Espagne à peindre, lors d’un séjour riche de conséquences pour le peintre romain. Dans les mêmes années se produisait à Portici, à la suite du séjour du Catalan en 1874, peu avant sa mort, une nouvelle réflexion sur la façon de peindre et dont l’exemple le plus accompli se trouve dans la « Procession du Corpus Domini à Chieti » (Collection privée) de Francesco Paolo Michetti, de 1877. « Après la bénédiction » (Collection privée) valut à Joris une médaille d’or et mille lires à l’Exposition de Naples de 1877 et propulsa le peintre au rang des principaux peintres italiens des années soixante-dix, ceux qui, partant des intuitions fortuniennes, créèrent « l’Empire du Blanc », comme le proposait le peintre et critique pugliese Francesco Netti, où la peinture de lumière se concrétise par un éclaircissement de la palette, des couleurs plates et un fond blanc.

Mariano Fortuny fut vraisemblablement le médiateur entre Joris et le marchand d’art Adolphe Goupil, auquel le peintre romain aurait été lié de 1868 à 1875. Goupil, en Italie, cherchait des petits tableaux avec des anecdotes tirées du folklore laziale et campagnard immergés dans des environnements naturalistes et lumineux, thèmes largement traités par le peintre romain. Cette collaboration entraîna inévitablement Joris vers un succès qui dépassait l’Italie, comme en attestent les fréquentes participations aux Salons parisiens – où la peinture de genre triomphait de plus en plus – et qui devinrent désormais des vitrines pour de riches acheteurs. Mais les séjours parisiens de Joris furent plus stimulants, dans les années soixante-dix, en raison des contacts que l’artiste romain eut avec De Nittis et Zandomeneghi, qui le conduisirent au contact du monde impressionniste dont il saisit les suggestions qu’il adapta à ses propres intérêts.

Joris fut l’un des artistes les plus connus du panorama artistique et culturel romain, des années soixante-dix jusqu’au décès; il fut parmi les premiers représentants de l’Association Artistique Internationale, parmi les dix fondateurs de l’Association des Aquarellistes romains, participa presque chaque année aux expositions des Amateurs et Collecteurs d’Art, mais resta étranger aux cercles culturels nés au sein du Symbolisme. Il était très aimé pour son caractère expansif et sympathique, bien vu par ses collègues et par la critique de son époque. La figure de Pio Joris fut parmi les plus centrales et importantes du panorama de la peinture romaine du XIXe siècle, en particulier au sein de l’expérience de la peinture de paysage, avec des toiles pulsantes de lumière et d’atmosphère liées principalement aux intérêts lumineux et clair-obscurs, à la relation avec le vrai et avec la nature même à la lumière de la mise à jour européenne opérée à travers Fortuny et des expériences parisiennes. Ses carnets démontrent que tout au long de son parcours artistique, il fut lié à la campagne et à Rome (Avec Ettore Roesler Franz, il fut le peintre des coins de Rome qui disparaissaient sous les nouveaux quartiers de la Capitale) attentif surtout aux coupes de composition et à la restitution atmosphérique. Bien qu’il ait été un artiste fécond, les œuvres dans les musées et sur le marché des antiquaires sont limitées; il demeure toutefois un artiste souvent présent dans les plus grandes enchères italiennes avec des évaluations allant de 500 à 50 000 euros. L’intérêt pour la lumière est la constante de la peinture de Joris: La Terrasse (Rome, Galerie Communale d’Art Moderne) est sans doute son chef-d’œuvre précoce où la lumière est la protagoniste unique. Dans les années quatre-vingt-dix, ses œuvres furent affectées par des emprunts michettiens pour les thèmes liés aux rites religieux, aux processions, aux interiors des églises. Dans ces œuvres, les vibrations lumineuses se délitent presque les figures, comme dans le Jeudi Saint (Rome, Galerie de l’Académie de Saint-Luc) considéré par la critique de son époque comme son chef-d’œuvre."

Détails

Artiste
Pio Joris (1843-1921)
Vendu avec cadre
Oui
Titre de l'œuvre d'art
Paesaggio con cacciatore
Technique
Peinture à l’huile
Signature
Signé à la main
Pays d’origine
Italie
Année
1886
Condition
Excellent état
Hauteur
31 cm
Largeur
46 cm
Représentation/thème
Paysage
Style
Impressionnisme
Période
XIXe siècle
Vendu par
ItalieVérifié
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