Jankowski, Stanislaw - MDM Marszalkowska 1730-1954 - 1955

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Stanisław Jankowski livre relié première édition « MDM Marszałkowska 1730-1954 » en polonais, Éditeur Czytelnik Warszawa, 1955, 376 pages, dimensions 34 x 25 cm, en très bon état.

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Description fournie par le vendeur

Aux côtés de Die Stalinallee de Gerhard Puhlmann incluse dans Martin Parr et Gerry Badger, The Photobook, vol.1 p. 182) et Szescioletni Plan Odbudowy Warszawy (Six year plan for the reconstruction of Warsaw - inclus dans Martin Parr et Gerry Badger, The Photobook Vol. 3, p.26-27), ce grand et impressionnant photobook de propagande se consacre à la reconstruction des villes détruites dans l’immédiat après-guerre. Reconstituer les villes détruites et reloger les nombreux sans-abri a été une priorité pour tous les gouvernements européens durant l’époque d’après-guerre, mais cet effort a été utilisé par le gouvernement communiste polonais imposé par Staline pour légitimer son pouvoir auprès du public.

Un volume luxueux, relié au lin, d’une qualité exceptionnelle pour son époque, contient près de quatre cents pages d’allocution propagandiste sur la construction du nouveau centre de Varsovie destiné au prolétariat (le livre s’ouvre par le célèbre poème d’Adam Ważyk Lud wejdzie do śródmieścia). Cette narration, centrée sur un fragment précis de la ville, renvoie à l’iconographie du XVIIIe siècle (qui est évoqué dans le titre du livre : Marszałkowska 1730-1954), mais fait aussi allusion à l’avenir en annonçant de grands projets urbains, avant tout le Palais de la Culture et de la Science (ouvert au public en 1955). L’intention derrière ce retour en arrière historique n’est évidemment pas de glorifier le passé, mais de réécrire et de créer une version de l’histoire compatible avec les nouvelles autorités communistes.

Comme le notent Adam Mazur et Łukasz Gorczyca : « Dans l’album, l’histoire de la construction est organisée de façon chronologique, tandis que l’histoire est racontée par des photographies – majoritairement en pleine page – accompagnées de brèves descriptions. Il contient de nombreuses mini-histoires qui pourraient constituer des reportages photoreportages séparés. Dans l’ensemble, il donne l’impression d’une chronique cinématographique bien composée : un jour après l’autre est rempli d’obligations professionnelles et de la lutte pour réaliser des plans ambitieux. Le cours suggestif des images est complété par des coupures de presse et des dessins architecturaux, faisant de l’ensemble une chronique à plusieurs couches.

Tout commence par l’histoire de la rue Marszałkowska dans le centre de Varsovie, avec son architecture pré-guerre compacte et les dommages lourds subis plus tard, suivis de la partie principale – des photographies du processus de construction du complexe MDM et la documentation des bâtiments achevés. Bien que l’on observe des étapes techniques spécifiques du projet – en commençant par les démolitions et le nivellement du terrain – nous traitons en fait d’un récit métaphorique. Un nouvel ordre se construit ici, sur les ruines de l’ancien régime. Par un heureux hasard, largement grâce à ses grandes photographies, le MDM constitue une documentation extrêmement intéressante de la vie dans Varsovie détruite, renaissant dans les premières années suivant la guerre.

Le caractère propagandiste de la publication repose sur des stratégies rhétoriques propres à ce genre. La confrontation de l’ancien et du nouveau suit le modèle dialectique bien connu – des photographies de maisons pré-guerre précaires juxtaposées aux intérieurs d’appartements lumineux et modernes du MDM. Suivant le modèle des publications avant-guerre de l’avant-garde architecturale, les maisons de rapport sont substituées par des ensembles ouvriers, baignés de lumière et de verdure. La propagande communiste, quant à elle, introduit une innovation sous la forme de motifs anecdotiques et satiriques. On y voit des types rancuniers et réactionnaires qui restent sceptiques quant au résultat des travaux sur le MDM, mais qui finissent par devenir des objets de ridicule. En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement du nouveau complexe résidentiel, mais aussi de la nouvelle réalité et de l’homme socialiste nouveau.

Ces figures modèles sont personnifiées par les travailleurs stakhanovistes sur les chantiers et les futurs résidents du MDM, apparaissant dans des portraits monumentaux et identifiés par leurs noms complets, comme, par exemple, le menuisier Franciszek Materski. Ces personnes et leurs histoires sont volontairement présentées dans ces photographies afin de convaincre le lecteur que, au cœur de ce grand travail, se tient la classe ouvrière. Cependant, le MDM est en réalité surtout une œuvre typique visant à légitimer les autorités, et créée pour les autorités elles-mêmes par des architectes au service de leur vision. Stanisław Jankowski – l’éditeur de l’album – fut l’un des dirigeants de l’équipe de conception du district résidentiel Marszałkowska. Cette publication luxueuse et épique est une preuve matérielle en quelque sorte, un rapport d’ingénieurs issu d’un travail approfondi et idéologiquement motivé.

Le livre est extrêmement précis dans l’utilisation des photographies de nombreux auteurs éminents, tels que – entre autres – Zbyszko Siemaszko, Edmund Kupiecki, Władysław Sławny, Henryk Lisowski, Edward Hartwig et Maria Chrząszczowa. Les images, généralement visuellement très attrayantes, sont puissantes en elles-mêmes, alors que des doubles-pages rhétoriquement accrocheuses, disposées en séquence narrative, forment un tout cohérent – une pièce quasi-sociétale réaliste. Cette convention est également caractérisée par ses imports évidents des styles esthétiques d’avant-guerre de l’avant-garde constructiviste et du pictorialisme. Outre des photos de travailleurs en action et d’artistes décorant les édifices MDM, on trouve aussi de nombreuses prises expressives et modernes de machines, du chantier et de l’architecture elle-même. Les photographies montrent des détails des bâtiments, ainsi que des rues et la place Konstytucji à différents moments de la journée et sous divers angles, produisant un matériel très dense et efficace documentant et racontant l’ensemble de l’effort architectural. L’album peut être considéré comme une sorte de supplément artistique au projet architectural et urbain, et en même temps une interprétation photographique de l’effet final.

L’album peut être vu comme une sorte de supplément artistique au projet architectural et urbain, tout en étant une interprétation photographique de l’effet final.

Paradoxalement, malgré l’important recours à la propagande, il s’agit de l’un des rares ouvrages d’architecture polonais aussi soigneusement envisagés et évocateurs. Le plan majeur de Bierut, 6-Letni Plan odbudowy Warszawy (Plan de reconstruction de Varsovie sur six ans), souvent comparé au MDM, est, au final, bien moins intéressant sur le plan photographique."

Inclus dans Adam Muzar et Lukasz Gorczyca, Photobloc / Fotoblok: Central Europe in Photobooks, p.126-129

C’est un photobook exceptionnel qui combine une photographie moderniste puissante, des plans architecturaux et de la propagande pour produire un récit plein d’espoir d’une nouvelle société renaissant des cendres de années d’horreur.

******* Si vous avez des projets de vacances pour août et que vous souhaitez retarder l’envoi après l’achat du livre, merci de m’envoyer un message et nous pourrons organiser cela ******

Condition:
Très bon état pour une première édition. Certaines inscriptions et signatures sur la page blanche de garde et sur la page de titre. Petite section déchirée en haut de la page de titre. Usure du temps sur la couverture. Veuillez examiner attentivement les photos de la liste. Notez également que c’est un livre lourd, vérifiez donc les frais d’envoi à votre adresse.

Aux côtés de Die Stalinallee de Gerhard Puhlmann incluse dans Martin Parr et Gerry Badger, The Photobook, vol.1 p. 182) et Szescioletni Plan Odbudowy Warszawy (Six year plan for the reconstruction of Warsaw - inclus dans Martin Parr et Gerry Badger, The Photobook Vol. 3, p.26-27), ce grand et impressionnant photobook de propagande se consacre à la reconstruction des villes détruites dans l’immédiat après-guerre. Reconstituer les villes détruites et reloger les nombreux sans-abri a été une priorité pour tous les gouvernements européens durant l’époque d’après-guerre, mais cet effort a été utilisé par le gouvernement communiste polonais imposé par Staline pour légitimer son pouvoir auprès du public.

Un volume luxueux, relié au lin, d’une qualité exceptionnelle pour son époque, contient près de quatre cents pages d’allocution propagandiste sur la construction du nouveau centre de Varsovie destiné au prolétariat (le livre s’ouvre par le célèbre poème d’Adam Ważyk Lud wejdzie do śródmieścia). Cette narration, centrée sur un fragment précis de la ville, renvoie à l’iconographie du XVIIIe siècle (qui est évoqué dans le titre du livre : Marszałkowska 1730-1954), mais fait aussi allusion à l’avenir en annonçant de grands projets urbains, avant tout le Palais de la Culture et de la Science (ouvert au public en 1955). L’intention derrière ce retour en arrière historique n’est évidemment pas de glorifier le passé, mais de réécrire et de créer une version de l’histoire compatible avec les nouvelles autorités communistes.

Comme le notent Adam Mazur et Łukasz Gorczyca : « Dans l’album, l’histoire de la construction est organisée de façon chronologique, tandis que l’histoire est racontée par des photographies – majoritairement en pleine page – accompagnées de brèves descriptions. Il contient de nombreuses mini-histoires qui pourraient constituer des reportages photoreportages séparés. Dans l’ensemble, il donne l’impression d’une chronique cinématographique bien composée : un jour après l’autre est rempli d’obligations professionnelles et de la lutte pour réaliser des plans ambitieux. Le cours suggestif des images est complété par des coupures de presse et des dessins architecturaux, faisant de l’ensemble une chronique à plusieurs couches.

Tout commence par l’histoire de la rue Marszałkowska dans le centre de Varsovie, avec son architecture pré-guerre compacte et les dommages lourds subis plus tard, suivis de la partie principale – des photographies du processus de construction du complexe MDM et la documentation des bâtiments achevés. Bien que l’on observe des étapes techniques spécifiques du projet – en commençant par les démolitions et le nivellement du terrain – nous traitons en fait d’un récit métaphorique. Un nouvel ordre se construit ici, sur les ruines de l’ancien régime. Par un heureux hasard, largement grâce à ses grandes photographies, le MDM constitue une documentation extrêmement intéressante de la vie dans Varsovie détruite, renaissant dans les premières années suivant la guerre.

Le caractère propagandiste de la publication repose sur des stratégies rhétoriques propres à ce genre. La confrontation de l’ancien et du nouveau suit le modèle dialectique bien connu – des photographies de maisons pré-guerre précaires juxtaposées aux intérieurs d’appartements lumineux et modernes du MDM. Suivant le modèle des publications avant-guerre de l’avant-garde architecturale, les maisons de rapport sont substituées par des ensembles ouvriers, baignés de lumière et de verdure. La propagande communiste, quant à elle, introduit une innovation sous la forme de motifs anecdotiques et satiriques. On y voit des types rancuniers et réactionnaires qui restent sceptiques quant au résultat des travaux sur le MDM, mais qui finissent par devenir des objets de ridicule. En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement du nouveau complexe résidentiel, mais aussi de la nouvelle réalité et de l’homme socialiste nouveau.

Ces figures modèles sont personnifiées par les travailleurs stakhanovistes sur les chantiers et les futurs résidents du MDM, apparaissant dans des portraits monumentaux et identifiés par leurs noms complets, comme, par exemple, le menuisier Franciszek Materski. Ces personnes et leurs histoires sont volontairement présentées dans ces photographies afin de convaincre le lecteur que, au cœur de ce grand travail, se tient la classe ouvrière. Cependant, le MDM est en réalité surtout une œuvre typique visant à légitimer les autorités, et créée pour les autorités elles-mêmes par des architectes au service de leur vision. Stanisław Jankowski – l’éditeur de l’album – fut l’un des dirigeants de l’équipe de conception du district résidentiel Marszałkowska. Cette publication luxueuse et épique est une preuve matérielle en quelque sorte, un rapport d’ingénieurs issu d’un travail approfondi et idéologiquement motivé.

Le livre est extrêmement précis dans l’utilisation des photographies de nombreux auteurs éminents, tels que – entre autres – Zbyszko Siemaszko, Edmund Kupiecki, Władysław Sławny, Henryk Lisowski, Edward Hartwig et Maria Chrząszczowa. Les images, généralement visuellement très attrayantes, sont puissantes en elles-mêmes, alors que des doubles-pages rhétoriquement accrocheuses, disposées en séquence narrative, forment un tout cohérent – une pièce quasi-sociétale réaliste. Cette convention est également caractérisée par ses imports évidents des styles esthétiques d’avant-guerre de l’avant-garde constructiviste et du pictorialisme. Outre des photos de travailleurs en action et d’artistes décorant les édifices MDM, on trouve aussi de nombreuses prises expressives et modernes de machines, du chantier et de l’architecture elle-même. Les photographies montrent des détails des bâtiments, ainsi que des rues et la place Konstytucji à différents moments de la journée et sous divers angles, produisant un matériel très dense et efficace documentant et racontant l’ensemble de l’effort architectural. L’album peut être considéré comme une sorte de supplément artistique au projet architectural et urbain, et en même temps une interprétation photographique de l’effet final.

L’album peut être vu comme une sorte de supplément artistique au projet architectural et urbain, tout en étant une interprétation photographique de l’effet final.

Paradoxalement, malgré l’important recours à la propagande, il s’agit de l’un des rares ouvrages d’architecture polonais aussi soigneusement envisagés et évocateurs. Le plan majeur de Bierut, 6-Letni Plan odbudowy Warszawy (Plan de reconstruction de Varsovie sur six ans), souvent comparé au MDM, est, au final, bien moins intéressant sur le plan photographique."

Inclus dans Adam Muzar et Lukasz Gorczyca, Photobloc / Fotoblok: Central Europe in Photobooks, p.126-129

C’est un photobook exceptionnel qui combine une photographie moderniste puissante, des plans architecturaux et de la propagande pour produire un récit plein d’espoir d’une nouvelle société renaissant des cendres de années d’horreur.

******* Si vous avez des projets de vacances pour août et que vous souhaitez retarder l’envoi après l’achat du livre, merci de m’envoyer un message et nous pourrons organiser cela ******

Condition:
Très bon état pour une première édition. Certaines inscriptions et signatures sur la page blanche de garde et sur la page de titre. Petite section déchirée en haut de la page de titre. Usure du temps sur la couverture. Veuillez examiner attentivement les photos de la liste. Notez également que c’est un livre lourd, vérifiez donc les frais d’envoi à votre adresse.

Détails

Nombre de livres
1
Sujet
Architecture, Europe, Graphisme, Photographie
Titre du livre
MDM Marszalkowska 1730-1954
Auteur/ Illustrateur
Jankowski, Stanislaw
Condition
Très bon
Année de publication de l’ouvrage le plus ancien
1955
Hauteur
34 cm
Édition
1ère édition
Largeur
25 cm
Langue
Polonais
Langue originale
Oui
Éditeur
Czytelnik, Warszawa
Reliure
Couverture rigide
Nombre de pages
376
Vendu par
Irlande
274
Objets vendus
100%
Particulier

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