Une tête en bronze - Ife - Nigeria






Titulaire d'un diplôme de troisième cycle en études africaines et 15 ans d'expérience en art africain.
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Une tête en bronze d'Ife, Nigeria, sculpture royale en alliage cuivreux attribuée à un personnage royal d'Ife, avec une provenance documentée.
Description fournie par le vendeur
Cette imposante tête couronnée appartient à la célèbre tradition de sculpture royale en alliage de cuivre produite à Ile-Ife, le centre sacré et politique du monde yoruba. Elle représente une personnalité royale, très probablement un Ooni, le souverain d’Ife. Le réalisme remarquable du visage, avec ses lèvres finement modelées, ses yeux en amande et son expression posée, est associé à des stries verticales hautement formalisées qui traversent le visage. La couronne élaborée est articulée par des rangées de perles en relief et surmontée d’une rosette proéminente et d’un élégant crest central. Le cou cylindrique est entouré de bandes horizontales et percé d’une ouverture qui pouvait avoir servi à la mise en place, à l’attache ou à la présentation rituelle de la tête.
La surface est particulièrement remarquable pour sa patine complexe et multilayer. Plutôt que de présenter une couleur homogène unique, le métal affiche des zones successives de rouille rouge-brun, d’ocre, de brun foncé, de noirci et, localement, de verdigris/gris-vert profondes d’oxydation et de minéralisation. Ces couches semblent particulièrement prononcées dans les cavités, autour des détails de la couronne et sur les zones de métal usé et érodé. Leur caractère différencié suggère des procédés répétés et prolongés de corrosion sous des conditions environnementales variées. De telles couches d’oxydation superposées sont compatibles avec une ancienneté considérable et peuvent résulter de longues périodes d’inhumation, d’exposition et de contact renouvelé avec le sol et l’humidité.
La patine doit néanmoins être comprise comme une preuve d’appui plutôt que comme un moyen autonome de dater la sculpture. L’âge et la formation des couches de corrosion individuelles ne peuvent être établis que par des examens scientifiques. Il faudrait une analyse métallurgique et microscopique de la surface et de sa stratigraphie pour distinguer les produits de corrosion anciens d’une altération ou d’une intervention ultérieure. Visuellement, toutefois, la profondeur, l’hétérogénéité et l’intégration apparente des différentes couches d’oxydation avec la surface sous-jacente sont des caractéristiques notables.
Une comparaison historique importante est fournie par la célèbre tête d’Ife rencontrée par l’ethnologue allemand Leo Frobenius en 1910, traditionnellement connue sous le nom de Tête d’Olokun. Frobenius fut conduit au sanctuaire d’Olokun à Ife, où un prêtre lui montra la tête métallique. Elle n’était pas exposée en permanence au-dessus du sol mais était rituellement enterrée dans la terre et, selon les récits de l’épisode, parfois déterrée pour des offrandes. L’enterrement n’était donc pas nécessairement le dépôt archéologique accidentel d’un objet abandonné, mais faisait partie de son existence rituelle continue.
Frobenius fut profondément impressionné par la sculpture et remarqua précisément son patine verte sombre et son naturalisme extraordinaire. Il tenta d’acquérir et de retirer la tête. La transaction devint controversée car le prêtre qui avait traité avec Frobenius n’était pas considéré comme ayant l’autorité de la déposséder : la tête était associée à l’Ooni et à la communauté sacrée d’Ife. À la suite d’objections locales et de l’intervention des autorités coloniales britanniques, Frobenius fut finalement contraint de la rendre. Celle associée au Grove d’Olokun est aujourd’hui conservée dans la collection du National Museum, Ife, tandis qu’un moulage réalisé à partir de la tête en 1948 est conservé au British Museum.
Les circonstances rapportées par Frobenius sont particulièrement pertinentes pour l’interprétation de la tête actuelle. Elles démontrent qu’au moins une tête métallique importante d’Ife avait une biographie rituelle impliquant une mise en terre délibérée, des exhumations périodiques et des offrandes. Dans un tel contexte, le contact avec la terre n’était pas simplement quelque chose qui arrivait à la sculpture après qu’elle eut cessé de fonctionner. L’inhumation elle-même pouvait faire partie de son usage sacré.
La surface complexe de la tête actuelle peut donc être considérée par rapport à cette pratique documentée, bien qu’une histoire rituelle comparable ne puisse être établie sans une provenance certaine. Ses couches successives d’oxydation pourraient potentiellement préserver des traces d’environnements changeants sur une période considérable : inhumation dans le sol, exposition à l’air et à l’humidité, manipulation, usage rituel et éventuellement ré-déposition. Vu ainsi, la patine n’est pas seulement une coloration du bronze mais une partie de l’histoire matérielle de l’objet.
La comparaison avec la Tête d’Olokun est donc significative sur plusieurs niveaux. Les deux appartiennent à l’exceptionnelle tradition naturaliste de la sculpture métallique d’Ife et associent présence royale idéalisée à des détails faciaux et décoratifs fortement maîtrisés. Plus important encore, les circonstances documentées de la Tête d’Olokun fournissent des preuves que des têtes métalliques monumentales à Ife pouvaient rester des objets sacrés actifs dont la relation avec la terre était intégrée à leur signification rituelle. L’oxydation prononcée et multilayer de l’exemple actuel est cohérente avec une longue histoire d’interaction environnementale et potentiellement avec des épisodes d’inhumation, bien qu’une telle interprétation doive rester hypothétique tant qu’elle ne sera pas étayée par une provenances archéologique et une analyse scientifique.
Références sélectionnées
Drewal, Henry John, et Enid Schildkrout, éd. Kingdom of Ife: Sculptures from West Africa. London: British Museum Press, 2010.
Eyo, Ekpo, et Frank Willett. Treasures of Ancient Nigeria. London and New York, 1982.
Frobenius, Leo. The Voice of Africa. 2 vol. London, 1913.
Willett, Frank. The Art of Ife: A Descriptive Catalogue and Database. Glasgow: Hunterian Museum and Art Gallery, University of Glasgow, 2004.
British Museum. Collection record for the cast of the Olokun Head, CRS.12.
Frobenius Institute, Goethe University Frankfurt. Ife Objects and Collections in and out of Africa, research project, 2007–2009.
The price is without the price for the TL analysis but can be done within four weeks for 350,- Euro.
Some of the information is generated by artificial intelligence and is based on published sources from the fields of ethnography, archaeology, and art history.
Invt. No. MAZ21946
The seller guarantees and can prove that the object was obtained legally. The seller was informed by Catawiki that they had to provide the documentation required by the laws and regulations in their country of residence. The seller guarantees and is entitled to sell/export this object. The seller will provide all provenance information known about the object to the buyer. The seller ensures that any necessary permits are/will be arranged. The seller will inform the buyer immediately about any delays in obtaining such permits.
À propos du vendeur
Cette imposante tête couronnée appartient à la célèbre tradition de sculpture royale en alliage de cuivre produite à Ile-Ife, le centre sacré et politique du monde yoruba. Elle représente une personnalité royale, très probablement un Ooni, le souverain d’Ife. Le réalisme remarquable du visage, avec ses lèvres finement modelées, ses yeux en amande et son expression posée, est associé à des stries verticales hautement formalisées qui traversent le visage. La couronne élaborée est articulée par des rangées de perles en relief et surmontée d’une rosette proéminente et d’un élégant crest central. Le cou cylindrique est entouré de bandes horizontales et percé d’une ouverture qui pouvait avoir servi à la mise en place, à l’attache ou à la présentation rituelle de la tête.
La surface est particulièrement remarquable pour sa patine complexe et multilayer. Plutôt que de présenter une couleur homogène unique, le métal affiche des zones successives de rouille rouge-brun, d’ocre, de brun foncé, de noirci et, localement, de verdigris/gris-vert profondes d’oxydation et de minéralisation. Ces couches semblent particulièrement prononcées dans les cavités, autour des détails de la couronne et sur les zones de métal usé et érodé. Leur caractère différencié suggère des procédés répétés et prolongés de corrosion sous des conditions environnementales variées. De telles couches d’oxydation superposées sont compatibles avec une ancienneté considérable et peuvent résulter de longues périodes d’inhumation, d’exposition et de contact renouvelé avec le sol et l’humidité.
La patine doit néanmoins être comprise comme une preuve d’appui plutôt que comme un moyen autonome de dater la sculpture. L’âge et la formation des couches de corrosion individuelles ne peuvent être établis que par des examens scientifiques. Il faudrait une analyse métallurgique et microscopique de la surface et de sa stratigraphie pour distinguer les produits de corrosion anciens d’une altération ou d’une intervention ultérieure. Visuellement, toutefois, la profondeur, l’hétérogénéité et l’intégration apparente des différentes couches d’oxydation avec la surface sous-jacente sont des caractéristiques notables.
Une comparaison historique importante est fournie par la célèbre tête d’Ife rencontrée par l’ethnologue allemand Leo Frobenius en 1910, traditionnellement connue sous le nom de Tête d’Olokun. Frobenius fut conduit au sanctuaire d’Olokun à Ife, où un prêtre lui montra la tête métallique. Elle n’était pas exposée en permanence au-dessus du sol mais était rituellement enterrée dans la terre et, selon les récits de l’épisode, parfois déterrée pour des offrandes. L’enterrement n’était donc pas nécessairement le dépôt archéologique accidentel d’un objet abandonné, mais faisait partie de son existence rituelle continue.
Frobenius fut profondément impressionné par la sculpture et remarqua précisément son patine verte sombre et son naturalisme extraordinaire. Il tenta d’acquérir et de retirer la tête. La transaction devint controversée car le prêtre qui avait traité avec Frobenius n’était pas considéré comme ayant l’autorité de la déposséder : la tête était associée à l’Ooni et à la communauté sacrée d’Ife. À la suite d’objections locales et de l’intervention des autorités coloniales britanniques, Frobenius fut finalement contraint de la rendre. Celle associée au Grove d’Olokun est aujourd’hui conservée dans la collection du National Museum, Ife, tandis qu’un moulage réalisé à partir de la tête en 1948 est conservé au British Museum.
Les circonstances rapportées par Frobenius sont particulièrement pertinentes pour l’interprétation de la tête actuelle. Elles démontrent qu’au moins une tête métallique importante d’Ife avait une biographie rituelle impliquant une mise en terre délibérée, des exhumations périodiques et des offrandes. Dans un tel contexte, le contact avec la terre n’était pas simplement quelque chose qui arrivait à la sculpture après qu’elle eut cessé de fonctionner. L’inhumation elle-même pouvait faire partie de son usage sacré.
La surface complexe de la tête actuelle peut donc être considérée par rapport à cette pratique documentée, bien qu’une histoire rituelle comparable ne puisse être établie sans une provenance certaine. Ses couches successives d’oxydation pourraient potentiellement préserver des traces d’environnements changeants sur une période considérable : inhumation dans le sol, exposition à l’air et à l’humidité, manipulation, usage rituel et éventuellement ré-déposition. Vu ainsi, la patine n’est pas seulement une coloration du bronze mais une partie de l’histoire matérielle de l’objet.
La comparaison avec la Tête d’Olokun est donc significative sur plusieurs niveaux. Les deux appartiennent à l’exceptionnelle tradition naturaliste de la sculpture métallique d’Ife et associent présence royale idéalisée à des détails faciaux et décoratifs fortement maîtrisés. Plus important encore, les circonstances documentées de la Tête d’Olokun fournissent des preuves que des têtes métalliques monumentales à Ife pouvaient rester des objets sacrés actifs dont la relation avec la terre était intégrée à leur signification rituelle. L’oxydation prononcée et multilayer de l’exemple actuel est cohérente avec une longue histoire d’interaction environnementale et potentiellement avec des épisodes d’inhumation, bien qu’une telle interprétation doive rester hypothétique tant qu’elle ne sera pas étayée par une provenances archéologique et une analyse scientifique.
Références sélectionnées
Drewal, Henry John, et Enid Schildkrout, éd. Kingdom of Ife: Sculptures from West Africa. London: British Museum Press, 2010.
Eyo, Ekpo, et Frank Willett. Treasures of Ancient Nigeria. London and New York, 1982.
Frobenius, Leo. The Voice of Africa. 2 vol. London, 1913.
Willett, Frank. The Art of Ife: A Descriptive Catalogue and Database. Glasgow: Hunterian Museum and Art Gallery, University of Glasgow, 2004.
British Museum. Collection record for the cast of the Olokun Head, CRS.12.
Frobenius Institute, Goethe University Frankfurt. Ife Objects and Collections in and out of Africa, research project, 2007–2009.
The price is without the price for the TL analysis but can be done within four weeks for 350,- Euro.
Some of the information is generated by artificial intelligence and is based on published sources from the fields of ethnography, archaeology, and art history.
Invt. No. MAZ21946
The seller guarantees and can prove that the object was obtained legally. The seller was informed by Catawiki that they had to provide the documentation required by the laws and regulations in their country of residence. The seller guarantees and is entitled to sell/export this object. The seller will provide all provenance information known about the object to the buyer. The seller ensures that any necessary permits are/will be arranged. The seller will inform the buyer immediately about any delays in obtaining such permits.
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- Unternehmen:
- Jaenicke Njoya GmbH
- Repräsentant:
- Wolfgang Jaenicke
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- Jaenicke Njoya GmbH
Klausenerplatz 7
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GERMANY - Telefonnummer:
- +493033951033
- Email:
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