Luigi Bartolini (1892 - 1963) - Il pozzo della Nencia - Acquaforte - 1959






A passé cinq ans comme expert en art classique et trois ans comme commissaire-priseur.
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Luigi Bartolini, Il pozzo della Nencia, aquaforte originale réalisée en 1959, signée sur la plaque, papier Fabriano fait main, 27,0 × 38,4 cm, Realisme.
Description fournie par le vendeur
Luigi Bartolini (1892 - 1963)
Le puits de Nencia
Gravure à l’eau-forte et à l’aquatinte avec granulation
Date gravure: 1959
Double signature sur la plaque: « Bartolini 1959 » en bas à gauche et « Bartolini » en bas à droite
Réalisée sur papier fait main de Fabriano, vergellée et portant les deux filigranes suivants : écrite « PERUGIA », avec le Lion ailé rampant, et écrite « CM FABRIANO »
Dimensions de la plaque: 18,5 x 12,5 cm
Dimensions du feuillet: 38,4 x 27,0 cm
Impression nette, marges très larges
Non signée à la main, tirage non indiqué
L’aquaforte « Le puits de Nencia » a été insérée dans le livre : Lorenzo De’ Medici, La Nencia da Barberino, 1963, de l’éditeur Bucciarelli, imprimé en 100 exemplaires.
BIBLIOGRAPHIE
1987 Catalogue Prandi n. 196 n. 41
2009 Catalogue Prandi 240 n. 59
Sans cadre
En très bon état (voir les images)
ATTENTION:
Les expéditions vers les États‑Unis ne sont pas effectuées car en Italie, en raison de l’introduction des droits de douane, aucun transporteur n’autorise l’envoi de marchandises à un particulier
Les éditions de Brenno Bucciarelli couvrent près d’un trentenaire, de 1960 à 1988, année du décès de l’éditeur. Brenno Bucciarelli est né à Castelplanio en 1918 et se rapproche du monde des caractères imprimés dans l’atelier de grand-père Luigi Romagnoli, excellent typographe. Il commence à imprimer de petits et précieux volumes de poésie et, en 1956, il remporte le prix « Caractère d’or », participant au concours organisé par la revue « Graphicus » de Turin. En 1965, il s’impose au concours national « Prix Bodoni » pour la ville de Parme, tandis que son catalogue personnel s’enrichit d’œuvres telles que Les chants de Leopardi, L’après-midi d’un faune de Mallarmé, vingt sonnets de Michelangelo et les ballades de Villon publiés en copies numérotées, réalisés sur papier fait main de Fabriano et accompagnés d’aquafortes, lithographies, linogravures des maîtres de l’incision tels que Luigi Bartolini, Virgilio Guidi, Mario Micossi, Walter Piacesi. Les ouvrages Bucciarelli s’insèrent pleinement dans la tradition du XVIIIe siècle de la grande typographie italienne: le choix et la netteté des caractères, les proportions classiques des espacements et des pages, le soin du format et de l’édition s’associent à une sélection littéraire rigoureuse. Sa recherche se situe entre écriture contemporaine et ancienne: il propose, en effet, La Nencia da Barberino de Lorenzo de’ Medici (1965), les Sonetti dei mesi de Folgore da San Gimignano (1972), Le cimetière marin de Valéry (1972), puis les écrits de Santucci, les poésies de Bartolini, de Volponi et de Sinisgalli, pour citer quelques auteurs. En 1965, accompagnée de deux coupures de Fontana, sort le volume d’Ungaretti Apocalissi et seize traductions; de Lucio Fontana figurent également les deux aquafortes dans l’Ode à Lucio Fontana de Leonardo Sinisgalli (1962). D’importance particulière est la collection « Le Pagine » qui publie entre autres: Un’aquaforte / Le mutable et l’éternel de Primo Conti et Nicola Lisi (1962) et Les fenêtres de Via Rubens de Leonardo Sinisgalli (1962), Madonna/Sei diventata la mamma de Virgilio Guidi et Luigi Santucci (1965), Concetto spaziale / Diario di Lucio Fontana et Leonardo Sinisgalli (1969). La présence constante de l’incision dans ses éditions conduit Bucciarelli à une collaboration continue avec les artistes contemporains: travaillent avec lui, entre autres, Leonardo Castellani, Franco Gentilini, Pericle Fazzini, Walter Piacesi, Orfeo Tamburi. D’octobre 1969 à septembre 1973, il rédige et publie une revue trimestrielle « L’Incisione », avec des intentions historiques et divulgatives et un soin particulier pour les éditions numérotées d’artiste. Pour un approfondissement de l’activité éditoriale de Bucciarelli, renvoi au catalogue de l’exposition tenue à Ancône, du 10 novembre au 9 décembre 1984, au Palazzo Mengoni Ferretti, Le éditions d’artiste à copies numérotées de Brenno Bucciarelli, Urbino, Arti grafiche editoriali, 1984.
Luigi Bartolini (Cupramontana, 8 février 1892 – Rome, 16 mai 1963) a été un graveur, peintre, écrivain et poète italien.
Biographie
Né à Cupramontana le 8 février 1892, il est considéré, avec Giorgio Morandi et Giuseppe Viviani, parmi les plus grands graveurs italiens du XXe siècle. Formé à l’Académie de Rome, sa première aquaforte date de 1909 (La lanterne ou Les lanternins). Son style se rattache à la tradition naturaliste italienne du XIXe siècle tout en regardant les estampes de Rembrandt, Goya, Telemaco Signorini, Giovanni Fattori et des graveurs du XVIIIe siècle italien. Il participa, sur invitation, aussi bien comme graveur que comme peintre à presque toutes les éditions de la Biennale de Venise de 1928 à 1962, recevant le prix de l’incision en 1942. Pour l’incision il fut primé à Florence en 1932 avec Morandi et Umberto Boccioni (à titre posthume), en 1935 à la Quadriennale de Rome et en 1950 à Lugano.
En 1933, il fut arrêté pour motifs politiques à Osimo, où il résidait depuis quelques années, par le régime fasciste avec lequel il avait eu des rapports. Après un mois de détention à Ancona, il fut confinè d’abord à Montefusco puis à Merano où il resta jusqu’en 1938. Selon Luciano Troisio, l’un de ses biographes, il s’agissait d’un « procès et d’un exil de farce »: car « l’antifascisme de Bartolini est pour le moins étrange, étant donné que les vrais antifascistes étaient en prison, réduits à l’impuissance, au silence, et de toute façon tournés en dérision, et n’avaient pas, comme Bartolini, des pages entières de revues fascistes à leur disposition, toute leur œuvre diffusée, les gravures reproduites, les poèmes publiés, les œuvres narratives recensées par les organes du parti et publicisées, n’étaient pas reçus par le ministre Bottai pour « lettres à la brava et à la bonne, avec fraternité d’affection », comme l’écrivait Bottai lui-même le 1er août 1932 depuis la villégiature de Frascati » (Troisio, « L’amoroso detective », 1979; cf. p. 130 et ss.). En somme: « Franchement le fascisme a traité Bartolini avec des gants », conclut le littérateur patavien.
L’opinion du « biographe patavino » part cependant d’un postulat erroné: que Luigi Bartolini se fût déclaré antifasciste. En réalité, l’artiste s’est toujours défini anarchiste, voire « anarchiste céleste », intéressé uniquement par l’art et non par la politique. En effet, Bartolini ne figure pas parmi les intellectuels qui signèrent, en 1925, le Manifeste des intellectuels fascistes, promu par le philosophe Giovanni Gentile, dont les nombreux signataires garantissaient le soutien et l’approbation du régime.
Une synthèse intéressante de la relation complexe entre Luigi Bartolini et le fascisme se trouve dans le livre « Mino Rosi et Luigi Bartolini, un sodalizio intellettuale ». « L’histoire des frictions inquiétantes et des affrontements tempétueux entre Luigi Bartolini et le Fascisme pourrait constituer un dossier de nombreuses pages. Le premier mais déjà décisif épisode du dense catalogue d’ostracismes, de censures, d’interdictions qu’il dut subir surtout à cause de ses écrits ouvertement critiques envers pas tant l’institution politique en elle-même, que les hiérarchies du régime et leurs courtisans intellectuels, fut en 1933 l’accusation d’entretenir « des rapports épistolaires secrets avec les exilés » (Lionello Venturi qui, par ailleurs, à Paris, lui avait vendu un groupe d’aquafortes). Cela lui valut d’abord le retrait de sa carte du parti, puis l’arrestation et l’internement aux prisons d’Ancona et le confinement ultérieur à Montefusco, près d’Avellino. Mussolini fit ensuite transférer le confinement en Merano, comme surveillé politique. La suite fut une chaîne d’actions et de répliques: interdiction des journaux de publier ses écrits, saisies de livres (et destruction: voir Scritti d’eccezione, Le Campano Archiviato le 17 septembre 2017 dans Internet Archive., 1942, n.d.r.), fermetures d’expositions et tout le reste. En 1945, Bartolini raconta sa propre odyssée dans un libello (Perché do ombra Archiviato le 17 septembre 2017 dans Internet Archive., Stampa Novografica, Roma 1945, n.d.r.) composé de rapide citations de témoignages et de documents sur ses passes de dissident persécuté, presque carte d’identité ou lettre de crédit indubitable pour prendre une position polemique à nouveau dans le nouvel esprit, non dépourvu de mystifications, de l’après-guerre ». (Cf. N. Micieli, Mino Rosi et Luigi Bartolini, un sodalizio intellettuale. Fondazione Cassa di Risparmio di Volterra, 1998).
Un bref mais significatif témoignage sur la stature morale de Luigi Bartolini a été donné également par l’Unità le 28 janvier 2002 dans une intervention signée Raul Wittenberg: « Cher Directeur, moi aussi j’aimerais rappeler, en ce Jour de la Mémoire, une personne grâce à laquelle ma famille, juive de Königsberg, a pu échapper au martyre dans les camps nazis après la fuite de l’Allemagne de Hitler. Il s’agit de Luigi Bartolini, disparu il y a quarante ans. Dans cet terrible hiver 1944, un après-midi mon père a été averti que le lendemain il serait pris avec sa compagne par la Gestapo. Nous n’avons jamais su qui avait voulu nous avertir. Il faut dire que mes proches prenèrent peu de choses et prièrent de fuir vers la maison voisine d’un ami antifasciste qui avait promis l’hospitalité si jamais ils étaient découverts. Mais personne ne répondit à l’insistance désespérée sur la sonnette. Il faisait nuit, le couvre-feu approchait, mes proches décidèrent de tenter avec le Maître. Bartolini a tout de suite ouvert la porte, et avec Madame Anita accueillit les miens et les en garda cachés chez eux plus d’une semaine, juste le temps d’organiser la fuite de Rome. Et il le fit à ses risques et périls (…). Après de nombreuses années, poussé par la vague de racisme et d’antisémitisme qui semble émerger dans la situation politique actuelle, j’ai ressenti le besoin de rendre publiquement hommage à la mémoire d’un homme juste (…). » (Cf. l’Unità, 28 janvier 2002, page 29, section nationale – Commentaires).
Toujours dans la période 1949-1950, il réalise, avec un autoportrait, « Les moissonneuses » pour l’importante collection Verzocchi de Forlì, aujourd’hui à la Pinacothèque Civique de cette ville.
Il a été présent à toutes les manifestations artistiques les plus importantes de son temps, développant plusieurs maniérismes qu’il a lui-même définis: « manière blonda », « noire » et « linéaire », avec ces modes il a réalisé de nombreuses aquafortes avec: des paysages des Marches et de Sicile et les séries: Les insectes, Les papillons, Les oiseaux, et Scènes de chasse.
Également remarquable est son activité d’écrivain, poète, critique d’art et polémiste, avec plus de 70 livres publiés par les principales maisons d’édition, parmi lesquelles Vallecchi, Arnoldo Mondadori Editore, Longanesi et Nistri Lischi. Il fut collaborateur des principales revues et journaux italiens: Il Selvaggio, Il Frontespizio, Quadrivio, Maestrale, Corriere della Sera, Il Borghese, La Fiera Letteraria, Il Resto del Carlino, Il Gazzettino. Peu de gens savent que la revue Corrente prend son nom d’une indication de Luigi Bartolini.
En 1946, il publie pour l’éditeur Polin de Rome le roman Ladri di biciclette, dont Cesare Zavattini tira l’inspiration pour le scénario du film éponyme de Vittorio De Sica.
En 1960, il est nommé Académicien de San Luca.
En 1965, une rétrospctive lui est consacrée dans le cadre de la IX Quadriennale de Rome.
Expositions et récompenses
1928 - Première participation à la Biennale de Venise
1932 - Exposition de l’incision italienne - 1er Prix
1935 - Ia Quadriennale de Rome - 1er Prix pour l’incision
1939 - IIe Quadriennale de Rome - 1er Prix pour l’incision
1942 - XXIIe Biennale de Venise - Salle personnelle et 1er prix pour l’incision
1949 - Art italien du XXe siècle, par J. THRALL SODY ET ALFRED H. DAUR, JR, MoMA, New York
1950 - Prix international de Lugano - 1er prix
1951 - Personnelle à la galerie Silvagni de Paris
1952 - Personnelle à la Calcographie Nationale de Rome
1952 - XXVIe Biennale de Venise - Prix pour l’incision
1953 - Personnelle à Bruxelles à la bibliothèque royale
1953 - Prix Chianciano pour la poésie avec le livre « Pianete »
1954 - Prix Marzotto pour la littérature avec D. Buzzati
1956 - Prix Marzotto pour la peinture
1956 - IIIe Biennale de l’Incision à Venise - Prix de la Présidence du Conseil
1960 - Vient nommé Academico di San Luca
1962 - XXXIe Biennale de Venise - Salle personnelle
1962 - Exposition personnelle à la Calcographie Nationale de Rome
1965 - IX Quadriennale de Rome - Salle personnelle
Œuvres
Nouvelles
1930 - Promenade avec la jeune fille - Éd. Vallecchi - Florence
1930 - Le retour sur le Karst - Éd. Mondadori - Milan
1931 - Le moulin de la viande - Éd. Bompiani - Milan
1933 - L’ours et d’autres chapitres amoureux - Éd. Vallecchi - Florence
1940 - Follonica et 14 autres chapitres d’humeur amoureuse - Éd. Emiliano degli Orfini - Gênes
1942 - Le chien mécontent et autres contes - Éd. Tuminelli - Rome
1943 - Vie d’Anna Stickler contes et aquafortes - Éd. Tuminelli - Rome
1946 - Ladri di biciclette - Éd. Polin - Rome
1948 - Ladri di biciclette 2e édition - Éd. Longanesi - Milan
1945 - Ragazza caduta in città - Éd. Il Solco - Città di Castello
1949 - Amata dopo - Éd. Nistri Lischi - Pise
1951 - Il mezzano Alipio - Éd. Vallecchi - Florence
1954 - Signora Malata di cuore - Vallecchi - Florence
1955 - Antinoo ou l’éphèbe au nez de hibou - Éd. Porfiri - Rome
1955 - Châteaux des Romains - Éd. Cappelli - Bologna
1957 - Trois proses d’art - Le syndicat du livre - Venise
1959 - La bavarde et autres nouvelles - Éd. Cappelli - Bologna
1960 - Les eaux du Basento - Éd. Mondadori - Milan
1960 - Promenade avec la jeune fille nouvelle édition - Éd. Mondadori - Milan
1962 - L’Antre de Capelvenere - Éd. Institut d’art - Urbino
1963 - Nouvelles scabroses - Éd. Scheiwiller - Milan
Poésie
1924 - Le oreiller - Éd. Merat - Paris
1924 - Le oreiller - Éd. IL pensiero contemporaneo - Turin
1931 - La vie des morts - Éd. Campitelli - Foligno
1939 - Poésies 1928-1938 - Éd. La Modernissima - Rome
1941 - Poésies à Anna Stikler - Éd. Il Cavallino - Venise
1942 - Écrits d’exception - Éd. IL Campano - Pise
1944 - Poésies et satires - Éd. D.O.C. - Rome
1948 - Lyrismes et polémiques - Éd. Nistri Lischi - Pise
1953 - Pianete - Éd. Vallecchi - Florence
1953 - Poésies pour Anita et Luciana - Éd. Scheiwiller - Milan
1953 - Adieu aux rêves - Éd. Scheiwiller - Milan
1953 - Ombres font les métopes - Éd. Schwarz - Milan
1954 - Douze Poèmes de Luigi Bartolini - Éd. Malaria - Follonica
1954 - Poésies 1954 - Éd. Vallecchi - Florence
1958 - Au père et autres petit poèmes - Éd. Miano - Milan
1959 - Le Petit Bouquet - Éd. Mondadori - Milan
1960 - Poésies 1960 - Éd. Bucciarelli - Ancona
1961 - 13 Chansonnettes - Éd. Scheiwiller - Milan
1963 - L’Ermitage des frères blancs - Éd. Bucciarelli - Ancona
1963 - Testament pour Luciana - Éd. Bucciarelli - Ancona
Luigi Bartolini dans les musées
Londres - British Museum
Paris - Musée Jeu de Paume
Paris - Bibliothèque nationale
New York - Museum of Modern Art (MoMA)
Washington - National Gallery of Art
Helsinki - Musée Ateneum (donation Pieraccini)
Rome - Galerie nationale d’art moderne
Florence - Cabinet des estampes des Uffizi
Florence - Galerie d’art moderne de Palazzo Pitti
Milan - Collecte Civica Bertarelli, Castello Sforzesco (avec la collection Lamberto Vitali)
Milan - Musée d’art moderne
Pise - Cabinet des dessins et estampes de l’université (collection Sebastiano Timpanaro)
Rome - Musée de l’école romaine
Bologne - Pinacothèque nationale
Volterra - Fondation Cassa di Risparmio (collection Mino Rosi)
Bolzano - Musée d’art moderne
Ancona - Pinacothèque
Cupramontana - Bibliothèque municipale, pinacothèque Luigi Bartolini
Assise - Galerie d’art contemporain
Macerata - Musées civiques de Palazzo Buonaccorsi
Macerata - Musée Palazzo Ricci
Livorno - Musée G. Fattori
Cortina d’Ampezzo - Musée des Règles
Recanati - Musée d’art contemporain
Forlì - Pinacothèque civique
Palmi - Pinacothèque Leonida et Albertina Repaci
Osimo - Musée civique section art moderne et contemporain
Jesi - Pinacothèque civique et galleria d’arte contemporaine
Castronuovo di Sant’Andrea - Musée international de la gravure
Luigi Bartolini (1892 - 1963)
Le puits de Nencia
Gravure à l’eau-forte et à l’aquatinte avec granulation
Date gravure: 1959
Double signature sur la plaque: « Bartolini 1959 » en bas à gauche et « Bartolini » en bas à droite
Réalisée sur papier fait main de Fabriano, vergellée et portant les deux filigranes suivants : écrite « PERUGIA », avec le Lion ailé rampant, et écrite « CM FABRIANO »
Dimensions de la plaque: 18,5 x 12,5 cm
Dimensions du feuillet: 38,4 x 27,0 cm
Impression nette, marges très larges
Non signée à la main, tirage non indiqué
L’aquaforte « Le puits de Nencia » a été insérée dans le livre : Lorenzo De’ Medici, La Nencia da Barberino, 1963, de l’éditeur Bucciarelli, imprimé en 100 exemplaires.
BIBLIOGRAPHIE
1987 Catalogue Prandi n. 196 n. 41
2009 Catalogue Prandi 240 n. 59
Sans cadre
En très bon état (voir les images)
ATTENTION:
Les expéditions vers les États‑Unis ne sont pas effectuées car en Italie, en raison de l’introduction des droits de douane, aucun transporteur n’autorise l’envoi de marchandises à un particulier
Les éditions de Brenno Bucciarelli couvrent près d’un trentenaire, de 1960 à 1988, année du décès de l’éditeur. Brenno Bucciarelli est né à Castelplanio en 1918 et se rapproche du monde des caractères imprimés dans l’atelier de grand-père Luigi Romagnoli, excellent typographe. Il commence à imprimer de petits et précieux volumes de poésie et, en 1956, il remporte le prix « Caractère d’or », participant au concours organisé par la revue « Graphicus » de Turin. En 1965, il s’impose au concours national « Prix Bodoni » pour la ville de Parme, tandis que son catalogue personnel s’enrichit d’œuvres telles que Les chants de Leopardi, L’après-midi d’un faune de Mallarmé, vingt sonnets de Michelangelo et les ballades de Villon publiés en copies numérotées, réalisés sur papier fait main de Fabriano et accompagnés d’aquafortes, lithographies, linogravures des maîtres de l’incision tels que Luigi Bartolini, Virgilio Guidi, Mario Micossi, Walter Piacesi. Les ouvrages Bucciarelli s’insèrent pleinement dans la tradition du XVIIIe siècle de la grande typographie italienne: le choix et la netteté des caractères, les proportions classiques des espacements et des pages, le soin du format et de l’édition s’associent à une sélection littéraire rigoureuse. Sa recherche se situe entre écriture contemporaine et ancienne: il propose, en effet, La Nencia da Barberino de Lorenzo de’ Medici (1965), les Sonetti dei mesi de Folgore da San Gimignano (1972), Le cimetière marin de Valéry (1972), puis les écrits de Santucci, les poésies de Bartolini, de Volponi et de Sinisgalli, pour citer quelques auteurs. En 1965, accompagnée de deux coupures de Fontana, sort le volume d’Ungaretti Apocalissi et seize traductions; de Lucio Fontana figurent également les deux aquafortes dans l’Ode à Lucio Fontana de Leonardo Sinisgalli (1962). D’importance particulière est la collection « Le Pagine » qui publie entre autres: Un’aquaforte / Le mutable et l’éternel de Primo Conti et Nicola Lisi (1962) et Les fenêtres de Via Rubens de Leonardo Sinisgalli (1962), Madonna/Sei diventata la mamma de Virgilio Guidi et Luigi Santucci (1965), Concetto spaziale / Diario di Lucio Fontana et Leonardo Sinisgalli (1969). La présence constante de l’incision dans ses éditions conduit Bucciarelli à une collaboration continue avec les artistes contemporains: travaillent avec lui, entre autres, Leonardo Castellani, Franco Gentilini, Pericle Fazzini, Walter Piacesi, Orfeo Tamburi. D’octobre 1969 à septembre 1973, il rédige et publie une revue trimestrielle « L’Incisione », avec des intentions historiques et divulgatives et un soin particulier pour les éditions numérotées d’artiste. Pour un approfondissement de l’activité éditoriale de Bucciarelli, renvoi au catalogue de l’exposition tenue à Ancône, du 10 novembre au 9 décembre 1984, au Palazzo Mengoni Ferretti, Le éditions d’artiste à copies numérotées de Brenno Bucciarelli, Urbino, Arti grafiche editoriali, 1984.
Luigi Bartolini (Cupramontana, 8 février 1892 – Rome, 16 mai 1963) a été un graveur, peintre, écrivain et poète italien.
Biographie
Né à Cupramontana le 8 février 1892, il est considéré, avec Giorgio Morandi et Giuseppe Viviani, parmi les plus grands graveurs italiens du XXe siècle. Formé à l’Académie de Rome, sa première aquaforte date de 1909 (La lanterne ou Les lanternins). Son style se rattache à la tradition naturaliste italienne du XIXe siècle tout en regardant les estampes de Rembrandt, Goya, Telemaco Signorini, Giovanni Fattori et des graveurs du XVIIIe siècle italien. Il participa, sur invitation, aussi bien comme graveur que comme peintre à presque toutes les éditions de la Biennale de Venise de 1928 à 1962, recevant le prix de l’incision en 1942. Pour l’incision il fut primé à Florence en 1932 avec Morandi et Umberto Boccioni (à titre posthume), en 1935 à la Quadriennale de Rome et en 1950 à Lugano.
En 1933, il fut arrêté pour motifs politiques à Osimo, où il résidait depuis quelques années, par le régime fasciste avec lequel il avait eu des rapports. Après un mois de détention à Ancona, il fut confinè d’abord à Montefusco puis à Merano où il resta jusqu’en 1938. Selon Luciano Troisio, l’un de ses biographes, il s’agissait d’un « procès et d’un exil de farce »: car « l’antifascisme de Bartolini est pour le moins étrange, étant donné que les vrais antifascistes étaient en prison, réduits à l’impuissance, au silence, et de toute façon tournés en dérision, et n’avaient pas, comme Bartolini, des pages entières de revues fascistes à leur disposition, toute leur œuvre diffusée, les gravures reproduites, les poèmes publiés, les œuvres narratives recensées par les organes du parti et publicisées, n’étaient pas reçus par le ministre Bottai pour « lettres à la brava et à la bonne, avec fraternité d’affection », comme l’écrivait Bottai lui-même le 1er août 1932 depuis la villégiature de Frascati » (Troisio, « L’amoroso detective », 1979; cf. p. 130 et ss.). En somme: « Franchement le fascisme a traité Bartolini avec des gants », conclut le littérateur patavien.
L’opinion du « biographe patavino » part cependant d’un postulat erroné: que Luigi Bartolini se fût déclaré antifasciste. En réalité, l’artiste s’est toujours défini anarchiste, voire « anarchiste céleste », intéressé uniquement par l’art et non par la politique. En effet, Bartolini ne figure pas parmi les intellectuels qui signèrent, en 1925, le Manifeste des intellectuels fascistes, promu par le philosophe Giovanni Gentile, dont les nombreux signataires garantissaient le soutien et l’approbation du régime.
Une synthèse intéressante de la relation complexe entre Luigi Bartolini et le fascisme se trouve dans le livre « Mino Rosi et Luigi Bartolini, un sodalizio intellettuale ». « L’histoire des frictions inquiétantes et des affrontements tempétueux entre Luigi Bartolini et le Fascisme pourrait constituer un dossier de nombreuses pages. Le premier mais déjà décisif épisode du dense catalogue d’ostracismes, de censures, d’interdictions qu’il dut subir surtout à cause de ses écrits ouvertement critiques envers pas tant l’institution politique en elle-même, que les hiérarchies du régime et leurs courtisans intellectuels, fut en 1933 l’accusation d’entretenir « des rapports épistolaires secrets avec les exilés » (Lionello Venturi qui, par ailleurs, à Paris, lui avait vendu un groupe d’aquafortes). Cela lui valut d’abord le retrait de sa carte du parti, puis l’arrestation et l’internement aux prisons d’Ancona et le confinement ultérieur à Montefusco, près d’Avellino. Mussolini fit ensuite transférer le confinement en Merano, comme surveillé politique. La suite fut une chaîne d’actions et de répliques: interdiction des journaux de publier ses écrits, saisies de livres (et destruction: voir Scritti d’eccezione, Le Campano Archiviato le 17 septembre 2017 dans Internet Archive., 1942, n.d.r.), fermetures d’expositions et tout le reste. En 1945, Bartolini raconta sa propre odyssée dans un libello (Perché do ombra Archiviato le 17 septembre 2017 dans Internet Archive., Stampa Novografica, Roma 1945, n.d.r.) composé de rapide citations de témoignages et de documents sur ses passes de dissident persécuté, presque carte d’identité ou lettre de crédit indubitable pour prendre une position polemique à nouveau dans le nouvel esprit, non dépourvu de mystifications, de l’après-guerre ». (Cf. N. Micieli, Mino Rosi et Luigi Bartolini, un sodalizio intellettuale. Fondazione Cassa di Risparmio di Volterra, 1998).
Un bref mais significatif témoignage sur la stature morale de Luigi Bartolini a été donné également par l’Unità le 28 janvier 2002 dans une intervention signée Raul Wittenberg: « Cher Directeur, moi aussi j’aimerais rappeler, en ce Jour de la Mémoire, une personne grâce à laquelle ma famille, juive de Königsberg, a pu échapper au martyre dans les camps nazis après la fuite de l’Allemagne de Hitler. Il s’agit de Luigi Bartolini, disparu il y a quarante ans. Dans cet terrible hiver 1944, un après-midi mon père a été averti que le lendemain il serait pris avec sa compagne par la Gestapo. Nous n’avons jamais su qui avait voulu nous avertir. Il faut dire que mes proches prenèrent peu de choses et prièrent de fuir vers la maison voisine d’un ami antifasciste qui avait promis l’hospitalité si jamais ils étaient découverts. Mais personne ne répondit à l’insistance désespérée sur la sonnette. Il faisait nuit, le couvre-feu approchait, mes proches décidèrent de tenter avec le Maître. Bartolini a tout de suite ouvert la porte, et avec Madame Anita accueillit les miens et les en garda cachés chez eux plus d’une semaine, juste le temps d’organiser la fuite de Rome. Et il le fit à ses risques et périls (…). Après de nombreuses années, poussé par la vague de racisme et d’antisémitisme qui semble émerger dans la situation politique actuelle, j’ai ressenti le besoin de rendre publiquement hommage à la mémoire d’un homme juste (…). » (Cf. l’Unità, 28 janvier 2002, page 29, section nationale – Commentaires).
Toujours dans la période 1949-1950, il réalise, avec un autoportrait, « Les moissonneuses » pour l’importante collection Verzocchi de Forlì, aujourd’hui à la Pinacothèque Civique de cette ville.
Il a été présent à toutes les manifestations artistiques les plus importantes de son temps, développant plusieurs maniérismes qu’il a lui-même définis: « manière blonda », « noire » et « linéaire », avec ces modes il a réalisé de nombreuses aquafortes avec: des paysages des Marches et de Sicile et les séries: Les insectes, Les papillons, Les oiseaux, et Scènes de chasse.
Également remarquable est son activité d’écrivain, poète, critique d’art et polémiste, avec plus de 70 livres publiés par les principales maisons d’édition, parmi lesquelles Vallecchi, Arnoldo Mondadori Editore, Longanesi et Nistri Lischi. Il fut collaborateur des principales revues et journaux italiens: Il Selvaggio, Il Frontespizio, Quadrivio, Maestrale, Corriere della Sera, Il Borghese, La Fiera Letteraria, Il Resto del Carlino, Il Gazzettino. Peu de gens savent que la revue Corrente prend son nom d’une indication de Luigi Bartolini.
En 1946, il publie pour l’éditeur Polin de Rome le roman Ladri di biciclette, dont Cesare Zavattini tira l’inspiration pour le scénario du film éponyme de Vittorio De Sica.
En 1960, il est nommé Académicien de San Luca.
En 1965, une rétrospctive lui est consacrée dans le cadre de la IX Quadriennale de Rome.
Expositions et récompenses
1928 - Première participation à la Biennale de Venise
1932 - Exposition de l’incision italienne - 1er Prix
1935 - Ia Quadriennale de Rome - 1er Prix pour l’incision
1939 - IIe Quadriennale de Rome - 1er Prix pour l’incision
1942 - XXIIe Biennale de Venise - Salle personnelle et 1er prix pour l’incision
1949 - Art italien du XXe siècle, par J. THRALL SODY ET ALFRED H. DAUR, JR, MoMA, New York
1950 - Prix international de Lugano - 1er prix
1951 - Personnelle à la galerie Silvagni de Paris
1952 - Personnelle à la Calcographie Nationale de Rome
1952 - XXVIe Biennale de Venise - Prix pour l’incision
1953 - Personnelle à Bruxelles à la bibliothèque royale
1953 - Prix Chianciano pour la poésie avec le livre « Pianete »
1954 - Prix Marzotto pour la littérature avec D. Buzzati
1956 - Prix Marzotto pour la peinture
1956 - IIIe Biennale de l’Incision à Venise - Prix de la Présidence du Conseil
1960 - Vient nommé Academico di San Luca
1962 - XXXIe Biennale de Venise - Salle personnelle
1962 - Exposition personnelle à la Calcographie Nationale de Rome
1965 - IX Quadriennale de Rome - Salle personnelle
Œuvres
Nouvelles
1930 - Promenade avec la jeune fille - Éd. Vallecchi - Florence
1930 - Le retour sur le Karst - Éd. Mondadori - Milan
1931 - Le moulin de la viande - Éd. Bompiani - Milan
1933 - L’ours et d’autres chapitres amoureux - Éd. Vallecchi - Florence
1940 - Follonica et 14 autres chapitres d’humeur amoureuse - Éd. Emiliano degli Orfini - Gênes
1942 - Le chien mécontent et autres contes - Éd. Tuminelli - Rome
1943 - Vie d’Anna Stickler contes et aquafortes - Éd. Tuminelli - Rome
1946 - Ladri di biciclette - Éd. Polin - Rome
1948 - Ladri di biciclette 2e édition - Éd. Longanesi - Milan
1945 - Ragazza caduta in città - Éd. Il Solco - Città di Castello
1949 - Amata dopo - Éd. Nistri Lischi - Pise
1951 - Il mezzano Alipio - Éd. Vallecchi - Florence
1954 - Signora Malata di cuore - Vallecchi - Florence
1955 - Antinoo ou l’éphèbe au nez de hibou - Éd. Porfiri - Rome
1955 - Châteaux des Romains - Éd. Cappelli - Bologna
1957 - Trois proses d’art - Le syndicat du livre - Venise
1959 - La bavarde et autres nouvelles - Éd. Cappelli - Bologna
1960 - Les eaux du Basento - Éd. Mondadori - Milan
1960 - Promenade avec la jeune fille nouvelle édition - Éd. Mondadori - Milan
1962 - L’Antre de Capelvenere - Éd. Institut d’art - Urbino
1963 - Nouvelles scabroses - Éd. Scheiwiller - Milan
Poésie
1924 - Le oreiller - Éd. Merat - Paris
1924 - Le oreiller - Éd. IL pensiero contemporaneo - Turin
1931 - La vie des morts - Éd. Campitelli - Foligno
1939 - Poésies 1928-1938 - Éd. La Modernissima - Rome
1941 - Poésies à Anna Stikler - Éd. Il Cavallino - Venise
1942 - Écrits d’exception - Éd. IL Campano - Pise
1944 - Poésies et satires - Éd. D.O.C. - Rome
1948 - Lyrismes et polémiques - Éd. Nistri Lischi - Pise
1953 - Pianete - Éd. Vallecchi - Florence
1953 - Poésies pour Anita et Luciana - Éd. Scheiwiller - Milan
1953 - Adieu aux rêves - Éd. Scheiwiller - Milan
1953 - Ombres font les métopes - Éd. Schwarz - Milan
1954 - Douze Poèmes de Luigi Bartolini - Éd. Malaria - Follonica
1954 - Poésies 1954 - Éd. Vallecchi - Florence
1958 - Au père et autres petit poèmes - Éd. Miano - Milan
1959 - Le Petit Bouquet - Éd. Mondadori - Milan
1960 - Poésies 1960 - Éd. Bucciarelli - Ancona
1961 - 13 Chansonnettes - Éd. Scheiwiller - Milan
1963 - L’Ermitage des frères blancs - Éd. Bucciarelli - Ancona
1963 - Testament pour Luciana - Éd. Bucciarelli - Ancona
Luigi Bartolini dans les musées
Londres - British Museum
Paris - Musée Jeu de Paume
Paris - Bibliothèque nationale
New York - Museum of Modern Art (MoMA)
Washington - National Gallery of Art
Helsinki - Musée Ateneum (donation Pieraccini)
Rome - Galerie nationale d’art moderne
Florence - Cabinet des estampes des Uffizi
Florence - Galerie d’art moderne de Palazzo Pitti
Milan - Collecte Civica Bertarelli, Castello Sforzesco (avec la collection Lamberto Vitali)
Milan - Musée d’art moderne
Pise - Cabinet des dessins et estampes de l’université (collection Sebastiano Timpanaro)
Rome - Musée de l’école romaine
Bologne - Pinacothèque nationale
Volterra - Fondation Cassa di Risparmio (collection Mino Rosi)
Bolzano - Musée d’art moderne
Ancona - Pinacothèque
Cupramontana - Bibliothèque municipale, pinacothèque Luigi Bartolini
Assise - Galerie d’art contemporain
Macerata - Musées civiques de Palazzo Buonaccorsi
Macerata - Musée Palazzo Ricci
Livorno - Musée G. Fattori
Cortina d’Ampezzo - Musée des Règles
Recanati - Musée d’art contemporain
Forlì - Pinacothèque civique
Palmi - Pinacothèque Leonida et Albertina Repaci
Osimo - Musée civique section art moderne et contemporain
Jesi - Pinacothèque civique et galleria d’arte contemporaine
Castronuovo di Sant’Andrea - Musée international de la gravure
