Songye - République démocratique du Congo






Titulaire d'un diplôme de troisième cycle en études africaines et 15 ans d'expérience en art africain.
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Description fournie par le vendeur
Congo (ex-Zaïre)
Songyé
Bois
Hauteur : 310mm + socle 28mm
Largeur : 100mm
Profondeur : 95mm
Poids : 895gr
Ancien n° de collectionneur : 2501
Collection particulière personnelle
Songye — figure d’ancêtre
République démocratique du Congo — culture Songye
L’examen de l’ensemble des vues permet de retenir une attribution Songye. La sculpture présente plusieurs caractéristiques particulièrement structurantes de la statuaire songye : tête surdimensionnée, cou cylindrique, épaules fortement géométrisées, bras pliés et détachés du corps, mains disposées autour de l’abdomen, jambes fléchies, grands pieds et base circulaire taillée dans le même bloc de bois.
Cette combinaison est très précisément décrite par le National Museum of African Art pour sa statuaire Songye : grandes figures debout, mains placées sur ou autour du ventre, corps géométrisé et larges pieds intégrés à la base.
Compte tenu de l'absence de corne, de matériaux rapportés et surtout de cavité rituelle visible dans l’abdomen ou la tête, je retiendrais ici le corpus des figures d’ancêtres plutôt que de présenter cette sculpture comme un nkishi chargé de substances.
Cette distinction est particulièrement bien documentée par le MAS d’Anvers, qui conserve une figure féminine Songye dont l’absence de cavités destinées aux substances magiques et d’ajouts rituels conduit précisément le musée à la considérer comme une figure d’ancêtre plutôt que comme un nkishi.
Origine géographique
République démocratique du Congo — aire culturelle Songye.
Les Songye occupent principalement le centre-est de la République démocratique du Congo, dans une vaste région comprise notamment autour du bassin du Lomami. Le Metropolitan Museum et le National Museum of African Art documentent plusieurs ensembles de statuaire Songye provenant de cette aire.
Pour cette pièce, je ne préciserais pas une sous-région comme Kalebwe ou Nsapo sans élément documentaire supplémentaire permettant de l'établir.
Ethnie / culture
Songye
La morphologie générale est particulièrement caractéristique du langage sculptural Songye : construction en volumes géométriques, monumentalisation de la tête, cou cylindrique, épaules quadrangulaires, bras angulaires et abdomen fortement marqué.
Le musée du quai Branly décrit notamment la statuaire Songye comme une sculpture aux volumes puissants et géométrisés, avec épaules aux plans presque à angle droit et cou cylindrique.
Type d'objet
Figure d’ancêtre Songye
Le caractère très dépouillé de la sculpture est important : contrairement aux grands mankishi communautaires, elle ne présente ni corne insérée au sommet du crâne, ni revêtement élaboré, ni agrégat de matières rituelles, ni ouverture abdominale clairement destinée au bishimba.
Le MAS d’Anvers souligne justement que certaines sculptures Songye peuvent être distinguées des mankishi par l'absence de ces cavités et d'ajouts rituels, et les considère alors comme des figures d’ancêtres.
Description artistique et stylistique
La sculpture est conçue selon une organisation extrêmement structurée.
La tête volumineuse, presque sphérique dans sa partie supérieure, domine très largement le corps. Le visage est traité frontalement, avec un front large, des arcades sourcilières horizontales, de petites ouvertures oculaires, un nez triangulaire fortement saillant et une bouche ouverte dont les dents sont individuellement indiquées.
La longue morphologie cylindrique du cou assure la transition entre cette tête hypertrophiée et les épaules massives.
Le torse est construit en grands plans droits. Les bras, détachés du corps, se plient à angle marqué avant de rejoindre les mains qui entourent l’abdomen. Les mains sont particulièrement grandes, avec des doigts traités par plusieurs incisions parallèles.
Les jambes sont courtes relativement au torse, légèrement fléchies et puissamment géométrisées. Les pieds très larges, intégrés à une épaisse base circulaire, donnent à la figure une remarquable stabilité plastique.
La coiffure est rendue sous la forme d'une masse arrondie parcourue de larges bandes et d'incisions. Cette attention donnée à la coiffure rejoint les observations du MAS sur la statuaire Songye, où la coiffure constitue un élément plastique important de la composition.
L'ensemble est caractérisé par une esthétique volontairement angulaire, compacte et architecturée, qui constitue l'un des traits les plus reconnaissables de la sculpture Songye.
Matériaux et technique
Bois sculpté, avec traitement de surface sombre.
La figure est taillée dans un seul bloc de bois, y compris le corps, les jambes, les pieds et la base circulaire.
La taille est volontairement expressive : les traces d'outils restent lisibles dans certaines parties et participent à la puissance visuelle de la sculpture.
Le traitement de surface sombre et lisse est compatible avec les traitements à l’huile documentés sur certaines sculptures Songye. Le MAS d’Anvers associe ainsi la patine brun foncé brillante d'une figure Songye aux applications répétées d’huile de palme.
Symbolique
La tête surdimensionnée, l'abdomen accentué et les grandes mains constituent les principaux foyers symboliques de la sculpture.
Dans la culture Songye, la statuaire anthropomorphe entretient des rapports étroits avec les ancêtres et avec les forces qui assurent la protection, la fécondité et la continuité de la communauté. Les collections muséales distinguent cependant les figures commémoratives des mankishi, ces derniers recevant leur puissance grâce aux substances et aux interventions du nganga.
Le geste des mains placées autour de l'abdomen est particulièrement récurrent dans la statuaire Songye. Le Smithsonian le décrit explicitement comme un élément caractéristique des grandes figures Songye.
Fonction / usage rituel
La fonction retenue est celle d'une figure commémorative liée aux ancêtres, plutôt que celle d'un nkishi communautaire activé par le bishimba.
Il convient de distinguer la typologie de l’objet de l'usage précis de cet exemplaire : les musées soulignent que la fonction d'une figure Songye ne peut pas toujours être déterminée uniquement par sa forme.
Pour les mankishi, en revanche, la documentation du Smithsonian et du Met indique que la sculpture était activée par un spécialiste rituel (nganga) et pouvait assurer protection, guérison, fertilité ou défense de la communauté.
Contexte culturel
La statuaire Songye repose sur une conception dans laquelle la sculpture anthropomorphe peut établir une relation entre le monde humain, les ancêtres et les puissances spirituelles.
Les grandes figures de pouvoir étaient réalisées par un sculpteur puis transformées en objets actifs par le spécialiste rituel. Le Met décrit cette collaboration entre le sculpteur et le nganga comme constitutive des mankishi.
La présente sculpture se distingue justement par son dépouillement formel. Elle permet ainsi de montrer une autre dimension de la sculpture Songye, moins chargée d'éléments rituels ajoutés et davantage centrée sur la conception sculpturale du corps.
Comparaisons avec des pièces de musées et collections documentées
MAS – Museum aan de Stroom, Anvers
Figure féminine Songye à cou annelé, inv. AE.0744
C'est la comparaison européenne la plus intéressante pour cette sculpture.
Le MAS considère cette pièce comme l'un des sommets de sa collection africaine. Elle associe une tête importante, un corps géométrisé, un cou travaillé, de grandes formes corporelles et une base circulaire. Surtout, le musée souligne l'absence de cavités rituelles et d'ajouts destinés à recevoir des substances magiques, ce qui l'oriente vers l'identification comme figure d'ancêtre plutôt que nkishi.
Cette analogie fonctionnelle est particulièrement utile pour le présent exemplaire.
Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
Statue protectrice nkishi, Songye, sous-groupe Kalebwe, inv. 70.2017.66.4
Cette sculpture est utile surtout pour la comparaison stylistique. Le musée relève les volumes puissants et géométrisés, les épaules à angles marqués et le cou cylindrique, ainsi que l'organisation très architecturée du corps Songye.
Elle permet également de différencier clairement le présent exemplaire d'un nkishi pleinement ritualisé : la statue du quai Branly possède une cavité abdominale destinée aux ingrédients magiques et de nombreux éléments ajoutés, contrairement à la sculpture présentée ici.
British Museum, Londres
Le British Museum conserve plusieurs figures Songye en bois. Un ritual figure / nkisi, inv. Af1949,46.492, présente une figure masculine debout avec un traitement géométrique du corps et une base importante. Le musée documente explicitement le terme nkisi pour les figures magico-rituelles Songye.
Une autre figure, inv. Af1908,0622.158, est attribuée aux Songye et possède une forme anthropomorphe très dépouillée.
Metropolitan Museum of Art, New York
Le Met conserve un imposant nkishi Songye, inv. 1978.409, provenant de la région du Lomami. Le musée décrit une construction composée de sections nettement individualisées : tête, torse, jambes, abdomen proéminent, bras tubulaires et pieds intégrés à une base circulaire.
Cette comparaison est particulièrement pertinente pour la construction géométrique du corps, même si l'exemplaire du Met est beaucoup plus chargé d'éléments rituels.
National Museum of African Art – Smithsonian, Washington
Le Male Figure, inv. nmafa_86-4-1, constitue une référence formelle très proche : grande tête ovoïde, cou cylindrique, bras détachés, mains placées sur l'abdomen, jambes fléchies et grands pieds reposant sur une base. Le musée qualifie cette organisation du corps de caractéristique de la statuaire Songye.
Le Smithsonian conserve également une Female Figure, inv. nmafa_96-8-1, avec mains sur le ventre, tête importante et coiffure sculptée.
Brooklyn Museum, New York
Le Brooklyn Museum possède un ensemble important de sculptures Songye, notamment un Power Figure (Nkishi), inv. 50.79, de grande dimension, présentant lui aussi le principe des bras et des mains articulés autour de la zone abdominale.
Référence complémentaire : Langston University
La collection africaine de Langston University documente explicitement une Songye Male Ancestor Figure : grande tête, cou cylindrique, bras pliés, grandes mains saisissant l'abdomen, jambes fléchies, pieds larges et base circulaire. Cette description correspond de façon très étroite à la structure de la sculpture présentée ici.
Bibliographie / sources
• François Neyt, Songye: The Formidable Statuary of Central Africa, Prestel, Munich, 2009. Cet ouvrage constitue une référence majeure pour l'étude stylistique de la statuaire Songye ; il est cité par le Metropolitan Museum dans la bibliographie de ses nkishi.
• Dunja Hersak, Songye Masks and Figure Sculpture, Ethnographica, Londres, 1985/1995. Référence citée dans les collections du Met.
• Constantin Petridis, Art and Power in the Central African Savanna: Luba, Songye, Tshokwe, Luluwa, Cleveland Museum of Art, 2008.
• MAS – Museum aan de Stroom, Anvers, Figure féminine Songye à cou annelé, inv. AE.0744.
• Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Statue protectrice nkishi, Songye, inv. 70.2017.66.4.
• British Museum, figures Songye, notamment inv. Af1949,46.492 et Af1908,0622.158.
• Metropolitan Museum of Art, Nkishi (community power figure), Songye, inv. 1978.409.
• National Museum of African Art, Smithsonian Institution, Male Figure, Songye, inv. nmafa_86-4-1.
• Brooklyn Museum, Power Figure (Nkishi), Songye, inv. 50.79.
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À propos du vendeur
Congo (ex-Zaïre)
Songyé
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Largeur : 100mm
Profondeur : 95mm
Poids : 895gr
Ancien n° de collectionneur : 2501
Collection particulière personnelle
Songye — figure d’ancêtre
République démocratique du Congo — culture Songye
L’examen de l’ensemble des vues permet de retenir une attribution Songye. La sculpture présente plusieurs caractéristiques particulièrement structurantes de la statuaire songye : tête surdimensionnée, cou cylindrique, épaules fortement géométrisées, bras pliés et détachés du corps, mains disposées autour de l’abdomen, jambes fléchies, grands pieds et base circulaire taillée dans le même bloc de bois.
Cette combinaison est très précisément décrite par le National Museum of African Art pour sa statuaire Songye : grandes figures debout, mains placées sur ou autour du ventre, corps géométrisé et larges pieds intégrés à la base.
Compte tenu de l'absence de corne, de matériaux rapportés et surtout de cavité rituelle visible dans l’abdomen ou la tête, je retiendrais ici le corpus des figures d’ancêtres plutôt que de présenter cette sculpture comme un nkishi chargé de substances.
Cette distinction est particulièrement bien documentée par le MAS d’Anvers, qui conserve une figure féminine Songye dont l’absence de cavités destinées aux substances magiques et d’ajouts rituels conduit précisément le musée à la considérer comme une figure d’ancêtre plutôt que comme un nkishi.
Origine géographique
République démocratique du Congo — aire culturelle Songye.
Les Songye occupent principalement le centre-est de la République démocratique du Congo, dans une vaste région comprise notamment autour du bassin du Lomami. Le Metropolitan Museum et le National Museum of African Art documentent plusieurs ensembles de statuaire Songye provenant de cette aire.
Pour cette pièce, je ne préciserais pas une sous-région comme Kalebwe ou Nsapo sans élément documentaire supplémentaire permettant de l'établir.
Ethnie / culture
Songye
La morphologie générale est particulièrement caractéristique du langage sculptural Songye : construction en volumes géométriques, monumentalisation de la tête, cou cylindrique, épaules quadrangulaires, bras angulaires et abdomen fortement marqué.
Le musée du quai Branly décrit notamment la statuaire Songye comme une sculpture aux volumes puissants et géométrisés, avec épaules aux plans presque à angle droit et cou cylindrique.
Type d'objet
Figure d’ancêtre Songye
Le caractère très dépouillé de la sculpture est important : contrairement aux grands mankishi communautaires, elle ne présente ni corne insérée au sommet du crâne, ni revêtement élaboré, ni agrégat de matières rituelles, ni ouverture abdominale clairement destinée au bishimba.
Le MAS d’Anvers souligne justement que certaines sculptures Songye peuvent être distinguées des mankishi par l'absence de ces cavités et d'ajouts rituels, et les considère alors comme des figures d’ancêtres.
Description artistique et stylistique
La sculpture est conçue selon une organisation extrêmement structurée.
La tête volumineuse, presque sphérique dans sa partie supérieure, domine très largement le corps. Le visage est traité frontalement, avec un front large, des arcades sourcilières horizontales, de petites ouvertures oculaires, un nez triangulaire fortement saillant et une bouche ouverte dont les dents sont individuellement indiquées.
La longue morphologie cylindrique du cou assure la transition entre cette tête hypertrophiée et les épaules massives.
Le torse est construit en grands plans droits. Les bras, détachés du corps, se plient à angle marqué avant de rejoindre les mains qui entourent l’abdomen. Les mains sont particulièrement grandes, avec des doigts traités par plusieurs incisions parallèles.
Les jambes sont courtes relativement au torse, légèrement fléchies et puissamment géométrisées. Les pieds très larges, intégrés à une épaisse base circulaire, donnent à la figure une remarquable stabilité plastique.
La coiffure est rendue sous la forme d'une masse arrondie parcourue de larges bandes et d'incisions. Cette attention donnée à la coiffure rejoint les observations du MAS sur la statuaire Songye, où la coiffure constitue un élément plastique important de la composition.
L'ensemble est caractérisé par une esthétique volontairement angulaire, compacte et architecturée, qui constitue l'un des traits les plus reconnaissables de la sculpture Songye.
Matériaux et technique
Bois sculpté, avec traitement de surface sombre.
La figure est taillée dans un seul bloc de bois, y compris le corps, les jambes, les pieds et la base circulaire.
La taille est volontairement expressive : les traces d'outils restent lisibles dans certaines parties et participent à la puissance visuelle de la sculpture.
Le traitement de surface sombre et lisse est compatible avec les traitements à l’huile documentés sur certaines sculptures Songye. Le MAS d’Anvers associe ainsi la patine brun foncé brillante d'une figure Songye aux applications répétées d’huile de palme.
Symbolique
La tête surdimensionnée, l'abdomen accentué et les grandes mains constituent les principaux foyers symboliques de la sculpture.
Dans la culture Songye, la statuaire anthropomorphe entretient des rapports étroits avec les ancêtres et avec les forces qui assurent la protection, la fécondité et la continuité de la communauté. Les collections muséales distinguent cependant les figures commémoratives des mankishi, ces derniers recevant leur puissance grâce aux substances et aux interventions du nganga.
Le geste des mains placées autour de l'abdomen est particulièrement récurrent dans la statuaire Songye. Le Smithsonian le décrit explicitement comme un élément caractéristique des grandes figures Songye.
Fonction / usage rituel
La fonction retenue est celle d'une figure commémorative liée aux ancêtres, plutôt que celle d'un nkishi communautaire activé par le bishimba.
Il convient de distinguer la typologie de l’objet de l'usage précis de cet exemplaire : les musées soulignent que la fonction d'une figure Songye ne peut pas toujours être déterminée uniquement par sa forme.
Pour les mankishi, en revanche, la documentation du Smithsonian et du Met indique que la sculpture était activée par un spécialiste rituel (nganga) et pouvait assurer protection, guérison, fertilité ou défense de la communauté.
Contexte culturel
La statuaire Songye repose sur une conception dans laquelle la sculpture anthropomorphe peut établir une relation entre le monde humain, les ancêtres et les puissances spirituelles.
Les grandes figures de pouvoir étaient réalisées par un sculpteur puis transformées en objets actifs par le spécialiste rituel. Le Met décrit cette collaboration entre le sculpteur et le nganga comme constitutive des mankishi.
La présente sculpture se distingue justement par son dépouillement formel. Elle permet ainsi de montrer une autre dimension de la sculpture Songye, moins chargée d'éléments rituels ajoutés et davantage centrée sur la conception sculpturale du corps.
Comparaisons avec des pièces de musées et collections documentées
MAS – Museum aan de Stroom, Anvers
Figure féminine Songye à cou annelé, inv. AE.0744
C'est la comparaison européenne la plus intéressante pour cette sculpture.
Le MAS considère cette pièce comme l'un des sommets de sa collection africaine. Elle associe une tête importante, un corps géométrisé, un cou travaillé, de grandes formes corporelles et une base circulaire. Surtout, le musée souligne l'absence de cavités rituelles et d'ajouts destinés à recevoir des substances magiques, ce qui l'oriente vers l'identification comme figure d'ancêtre plutôt que nkishi.
Cette analogie fonctionnelle est particulièrement utile pour le présent exemplaire.
Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
Statue protectrice nkishi, Songye, sous-groupe Kalebwe, inv. 70.2017.66.4
Cette sculpture est utile surtout pour la comparaison stylistique. Le musée relève les volumes puissants et géométrisés, les épaules à angles marqués et le cou cylindrique, ainsi que l'organisation très architecturée du corps Songye.
Elle permet également de différencier clairement le présent exemplaire d'un nkishi pleinement ritualisé : la statue du quai Branly possède une cavité abdominale destinée aux ingrédients magiques et de nombreux éléments ajoutés, contrairement à la sculpture présentée ici.
British Museum, Londres
Le British Museum conserve plusieurs figures Songye en bois. Un ritual figure / nkisi, inv. Af1949,46.492, présente une figure masculine debout avec un traitement géométrique du corps et une base importante. Le musée documente explicitement le terme nkisi pour les figures magico-rituelles Songye.
Une autre figure, inv. Af1908,0622.158, est attribuée aux Songye et possède une forme anthropomorphe très dépouillée.
Metropolitan Museum of Art, New York
Le Met conserve un imposant nkishi Songye, inv. 1978.409, provenant de la région du Lomami. Le musée décrit une construction composée de sections nettement individualisées : tête, torse, jambes, abdomen proéminent, bras tubulaires et pieds intégrés à une base circulaire.
Cette comparaison est particulièrement pertinente pour la construction géométrique du corps, même si l'exemplaire du Met est beaucoup plus chargé d'éléments rituels.
National Museum of African Art – Smithsonian, Washington
Le Male Figure, inv. nmafa_86-4-1, constitue une référence formelle très proche : grande tête ovoïde, cou cylindrique, bras détachés, mains placées sur l'abdomen, jambes fléchies et grands pieds reposant sur une base. Le musée qualifie cette organisation du corps de caractéristique de la statuaire Songye.
Le Smithsonian conserve également une Female Figure, inv. nmafa_96-8-1, avec mains sur le ventre, tête importante et coiffure sculptée.
Brooklyn Museum, New York
Le Brooklyn Museum possède un ensemble important de sculptures Songye, notamment un Power Figure (Nkishi), inv. 50.79, de grande dimension, présentant lui aussi le principe des bras et des mains articulés autour de la zone abdominale.
Référence complémentaire : Langston University
La collection africaine de Langston University documente explicitement une Songye Male Ancestor Figure : grande tête, cou cylindrique, bras pliés, grandes mains saisissant l'abdomen, jambes fléchies, pieds larges et base circulaire. Cette description correspond de façon très étroite à la structure de la sculpture présentée ici.
Bibliographie / sources
• François Neyt, Songye: The Formidable Statuary of Central Africa, Prestel, Munich, 2009. Cet ouvrage constitue une référence majeure pour l'étude stylistique de la statuaire Songye ; il est cité par le Metropolitan Museum dans la bibliographie de ses nkishi.
• Dunja Hersak, Songye Masks and Figure Sculpture, Ethnographica, Londres, 1985/1995. Référence citée dans les collections du Met.
• Constantin Petridis, Art and Power in the Central African Savanna: Luba, Songye, Tshokwe, Luluwa, Cleveland Museum of Art, 2008.
• MAS – Museum aan de Stroom, Anvers, Figure féminine Songye à cou annelé, inv. AE.0744.
• Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Statue protectrice nkishi, Songye, inv. 70.2017.66.4.
• British Museum, figures Songye, notamment inv. Af1949,46.492 et Af1908,0622.158.
• Metropolitan Museum of Art, Nkishi (community power figure), Songye, inv. 1978.409.
• National Museum of African Art, Smithsonian Institution, Male Figure, Songye, inv. nmafa_86-4-1.
• Brooklyn Museum, Power Figure (Nkishi), Songye, inv. 50.79.
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