de Monconys - Journal des Voyages - 1666

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Journal des Voyages de Monconys, en deux volumes (1666) publié par Horace Boissat et George Remeus, reliure demi-peau, en français langue originale, 994 pages, première édition, excellent état.

Résumé assisté par IA

Description fournie par le vendeur

Le Journal des voyages de Balthasar de Monconys

Un voyage à travers le savoir, les merveilles et la civilisation du XVIIe siècle

Lyon, Horace Boissat et George Remeus, 1666

Il existe des livres qui abritent une histoire, et des livres qui abritent une époque entière. Le Journal des voyages de Monsieur de Monconys appartient à cette seconde, rare catégorie : une œuvre où le voyage devient outil de connaissance, l’observation se transforme en savoir et la curiosité intellectuelle s’affirme comme témoignage d’un monde en profonde évolution.

Publié à Lyon en 1665-1666, en plusieurs parties, ce volume représente un précieux témoignage de la culture européenne du XVIIe siècle. Ses pages nous restituer une époque où les frontières géographiques, scientifiques et culturelles devenaient de plus en plus perméables, tandis que des hommes d’étude, des diplomates, des collectionneurs et des philosophes parcouraient l’Europe à la recherche de nouvelles connaissances.

Le volume présenté ici est la deuxième partie de l’œuvre, imprimée en 1666, consacrée aux voyages à travers l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie. Son importance réside non seulement dans les lieux décrits, mais aussi dans la remarquable diversité des intérêts qui animent le récit : architecture, arts figuratifs, expériences physiques, mathématiques, chimie, coutumes des peuples, raretés naturelles et rencontres avec des personnalités illustres. C’est un livre qui invite à observer le monde dans sa pluralité, sans séparer rigidement la culture scientifique de la culture artistique et humaniste. [1][2]

L’auteur : Balthasar de Monconys, gentilhomme et observateur du monde

Balthasar de Monconys (1608-1665) fut un voyageur, un diplomate et un magistrat français, animé d’une curiosité intellectuelle qui le mena bien au-delà des frontières de son pays. Conseiller du roi et titulaire de fonctions judiciaires à Lyon, il appartenait à cette catégorie d’hommes letting du XVIIe siècle pour lesquels le voyage constituait une forme privilégiée d’éducation et d’enquête.

Sa figure se situe à un moment crucial de l’histoire européenne. Le XVIIe siècle fut en effet le siècle où la tradition héritée de l’Antiquité et de la Renaissance s’est de plus en plus confrontée à l’observation directe, à l’expérimentation et à la recherche de nouvelles explications des phénomènes naturels.

Monconys incarna cet esprit par une approche éclectique et concrète. Dans ses récits ne se trouvent pas seulement les grands monuments et les œuvres d’art, mais aussi des instruments, des machines, des curiosités scientifiques, des préparations chimiques, des plantes, des animaux et des pratiques quotidiennes. Son regard porte aussi bien sur les manifestations de la culture que sur les aspects matériels de la vie.

Il mourut à Lyon le 28 avril 1665, avant d’avoir pu voir publiée l’intégrale de ses voyages. Son héritage intellectuel fut donc confié à la protection de son fils, le seigneur de Liergues, qui en mena la publication posthume. Le Journal est ainsi aussi une œuvre de mémoire familiale : la tentative de préserver l’expérience d’un homme et de la livrer aux générations futures. [1][3]

L’imprimeur et la naissance du volume

L’exemplaire porte l’indication éditoriale de Lyon, chez Horace Boissat et George Remeus, deux noms associés à la production typographique qui donna une forme publique aux récits de Monconys.

Au XVIIe siècle, l’imprimerie constituait l’un des principaux outils de circulation des idées en Europe. Imprimer une œuvre de ce genre signifiait rendre accessible à un public plus large des observations qui, sinon, seraient restées confinées aux carnets privés d’un voyageur ou à la mémoire de quelques interlocuteurs.

Le choix d’accompagner le texte de nombreuses épreuves gravées révèle par ailleurs une conception précise du livre : non seulement un contenant de mots, mais un instrument de consultation, de comparaison et d’apprentissage. Les images d’édifices, de dispositifs et d’objets permettaient au lecteur de visualiser ce que le texte décrivait, conférant à la narration une dimension documentaire de valeur particulière.

La publication posthume, dirigée par le fils de Monconys, témoigne aussi de la collaboration entre auteur, famille, éditeurs et monde de la culture, indispensable pour transformer une expérience personnelle en patrimoine partagé.

Le livre ancien, en ce sens, n’est pas seulement le fruit d’une activité intellectuelle : c’est aussi un objet historique, dans lequel papier, caractères typographiques, gravures et reliure conservent la trace concrète de la culture matérielle de son temps.

Le contenu : l’Europe comme laboratoire de connaissance

La deuxième partie du Journal des voyages accompagne le lecteur à travers quatre grandes zones de la civilisation européenne : l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie. Le parcours ne se limite pas à enregistrer des déplacements géographiques, mais construit une sorte d’atlas intellectuel du continent.

L’Angleterre offre l’occasion d’observer des monnaies, des pratiques, des phénomènes physiques et des curiosités techniques. Les Pays-Bas et l’Allemagne élargissent le regard vers des réalités économiques, culturelles et scientifiques différentes. L’Italie, enfin, apparaît comme un espace de densité historique, artistique et religieuse extraordinaire, où l’héritage classique et de la Renaissance continue d’exercer une influence décisive.

L’un des aspects les plus fascinants de l’œuvre est sa capacité à rapprocher des sujets que nous avons aujourd’hui tendance à placer dans des disciplines séparées. Un dispositif mécanique peut côtoyer une œuvre d’art ; une réflexion sur la nature peut suivre la description d’un édifice ; une curiosité chimique peut coexister avec le compte rendu d’une rencontre.

Cette variété n’est pas fortuite. Elle reflète une conception du savoir dans laquelle la connaissance naît de la disposition à observer, comparer et interroger la réalité.

Les gravures qui accompagnent le volume jouent un rôle essentiel dans ce projet. Les édifices, les structures géométriques, les instruments et les objets représentés ne sont pas de simples ornements : ils constituent une forme de documentation visuelle, capable de figer des détails et de les rendre accessibles même à celui qui n’a pas entrepris le voyage personnellement.

C’est précisément dans cette union de parole et d’image que l’œuvre révèle l’un de ses plus grands atouts : transformer l’expérience individuelle en un archive de connaissances potentiellement utile pour les chercheurs, les curieux et les voyageuses et voyageurs.

Le contexte historique : la révolution scientifique et le Grand Siècle

Pour comprendre pleinement la valeur du Journal, il faut le situer dans le grand mouvement de transformation culturelle qui traversa l’Europe au XVIIe siècle.

En 1637, René Descartes publia Discours de la méthode, destiné à exercer une influence profonde sur la pensée moderne. En 1642, Galilée mourut, protagoniste d’une révolution qui avait placé l’observation et les mathématiques au centre de l’enquête sur la nature. En 1660, naquit la Royal Society de Londres, institution qui contribua à la promotion de la recherche expérimentale; en 1665 commencent les publications du Journal des sçavans, parmi les premiers périodiques européens dédiés à la diffusion des connaissances érudites. En 1666, année de publication de cette deuxième partie, fut fondée à Paris l’Académie royale des sciences.

Ces événements ne doivent pas être interprétés comme des influences directes nécessairement documentées sur l’œuvre de Monconys, mais comme des expressions d’un même climat historique : une confiance croissante dans la possibilité d’élargir le savoir par l’expérience, la discussion et la circulation des informations.

Outre la science, la politique contribuait aussi à définir le visage de l’Europe. La France de Louis XIV s’acheminait vers l’affirmation complète de la monarchie absolue; les cours, les académies et les réseaux diplomatiques étaient des lieux où prestige politique, culture et recherche se croisaient. Le voyage d’un homme cultivé pouvait dès lors prendre une fonction qui dépassait la connaissance des lieux : il permettait de confronter institutions, coutumes, compétences techniques et formes d’organisation sociale.

Dans ce cadre, Monconys apparaît comme un témoin particulièrement significatif. Son intérêt pour les machines, les expériences physiques et les curiosités naturelles s’accorde avec la sensibilité d’un siècle qui redéfinissait la relation entre autorité traditionnelle et observation directe.

L’Italie, Florence et l’immense héritage artistique européen

Le voyage en Italie revêt une signification particulière au sein de la culture européenne. Depuis des siècles, la péninsule constituait une destination privilégiée pour ceux qui souhaitaient connaître l’art, l’architecture, les antiquités et les institutions de la culture classique.

Florence, en particulier, représentait l’un des lieux symboles de cet héritage. La cité des Médicis avait contribué de manière déterminante à l’épanouissement de la Renaissance, associant son nom à des figures comme Filippo Brunelleschi, Leon Battista Alberti, Michel-Ange et Galilée, ce dernier né à Pise mais étroitement lié à la cour médicis et à la culture toscane.

Au XVIIe siècle, Florence restait un centre de grande importance artistique et scientifique. La mémoire de la Renaissance cohabitait avec de nouvelles formes de collectionnisme, avec la culture des cours et avec l’intérêt pour les instruments et les démonstrations scientifiques. La tradition médicis de soutien aux arts et aux sciences constitue un contexte historique significatif pour comprendre l’importance que la culture italienne conservait aux yeux des voyageurs européens.

Il ne serait pas correct d’attribuer à Monconys, sans une vérification ponctuelle des pages, des observations spécifiques sur chaque monument ou personnage florentin. Il est toutefois légitime de situer son voyage dans la plus vaste tradition européenne du Grand Tour ante litteram : cette pratique, déjà vivante bien avant de devenir un phénomène codifié au XVIIIe siècle, qui poussait les hommes cultivés à chercher en Italie une source de connaissance, de confrontation et de formation.

Le Journal témoigne donc d’une Europe dans laquelle le patrimoine artistique n’était pas perçu uniquement comme héritage du passé, mais aussi comme objet d’étude et occasion de dialogue entre cultures différentes.

La signification de l’œuvre : connaître par le voyage

La valeur la plus profonde du Journal des voyages réside dans son idée de connaissance. Voyager, c’est sortir des frontières du familier, se confronter à ce qui est différent et soumettre ses convictions à l’épreuve de l’expérience.

Monconys ne construit pas un récit uniquement célébratoire des villes visitées. Son intérêt s’étend à des réalités les plus diverses, des monuments aux pratiques quotidiennes, des œuvres des peintres aux expériences, des merveilles naturelles aux secrets de la technique. Cette ouverture fait de l’œuvre un témoignage précieux de la curiosité encyclopédique du XVIIe siècle.

En même temps, le livre nous rappelle que le savoir ne naît jamais du vide. Chaque observation dépend des connaissances, des attentes et des instruments intellectuels de son temps. Pour cela le Journal peut être lu sur deux niveaux : comme source d’informations sur les lieux et les objets décrits, mais aussi comme document de la mentalité d’une époque qui cherchait de nouvelles voies pour interpréter le monde.

Ses pages conservent le charme d’une Europe observée avant l’affirmation pleine des institutions scientifiques modernes, lorsque la recherche avançait par une combinaison d’érudition, d’expérience personnelle, d’échanges épistolaires et de curiosité individuelle.

Conclusion : un témoin matériel de la mémoire européenne

Le Journal des voyages de Monsieur de Monconys est bien plus qu’un récit de voyage. C’est le témoignage d’un moment historique dans lequel l’Europe apprenait à se regarder elle-même à travers le contraste entre peuples, traditions, œuvres d’art et nouvelles connaissances scientifiques.

La figure de Balthasar de Monconys nous restitue l’image d’un homme pour qui la curiosité était une forme de discipline intellectuelle. Le travail éditorial de son fils et l’impression lyonnaise d’Horace Boissat et George Remeus ont transformé ses observations en une œuvre destinée à survivre à son auteur, traversant les siècles et nous parvenant jusqu’à nous.

Parcourir aujourd’hui ces pages, c’est entrer en contact avec une civilisation qui cherchait à élargir ses horizons par le voyage, la lecture, l’expérience et la contemplation. Les gravures, la typographie antique et les traces laissées par le temps confèrent au volume une présence qu’aucune reproduction moderne ne peut restituer entièrement : celle d’un objet qui a traversé l’histoire en conservant sa matérialité.

C’est exactement cette double nature, intellectuelle et physique, qui le rend si précieux. D’un côté, le contenu, témoignage de la curiosité et de l’ambition connaissance du XVIIe siècle ; de l’autre, l’exemplaire ancien, document tangible de l’histoire du livre et de la transmission du savoir.

En lui se rencontrent le voyage d’un homme, la culture d’un siècle et la longue mémoire de la civilisation européenne. Et peut-être est-ce là son sens le plus solennel : nous rappeler que chaque livre authentique est une porte par laquelle le passé continue de parler au présent.

Collation et état de préservation:
tome I 4pp, (491pp) 11 planches
tome II 2pp, (503pp) 11 planches
Excellent état de préservation, à signaler de légères floritures et des traces de pourriture mais, dans l’ensemble, livre rare et exceptionnel.

Expédition express en seulement 24h ouvrables dans toute l’Europe, tandis que pour les pays hors UE il faudra prévoir 48h ouvrables

Le Journal des voyages de Balthasar de Monconys

Un voyage à travers le savoir, les merveilles et la civilisation du XVIIe siècle

Lyon, Horace Boissat et George Remeus, 1666

Il existe des livres qui abritent une histoire, et des livres qui abritent une époque entière. Le Journal des voyages de Monsieur de Monconys appartient à cette seconde, rare catégorie : une œuvre où le voyage devient outil de connaissance, l’observation se transforme en savoir et la curiosité intellectuelle s’affirme comme témoignage d’un monde en profonde évolution.

Publié à Lyon en 1665-1666, en plusieurs parties, ce volume représente un précieux témoignage de la culture européenne du XVIIe siècle. Ses pages nous restituer une époque où les frontières géographiques, scientifiques et culturelles devenaient de plus en plus perméables, tandis que des hommes d’étude, des diplomates, des collectionneurs et des philosophes parcouraient l’Europe à la recherche de nouvelles connaissances.

Le volume présenté ici est la deuxième partie de l’œuvre, imprimée en 1666, consacrée aux voyages à travers l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie. Son importance réside non seulement dans les lieux décrits, mais aussi dans la remarquable diversité des intérêts qui animent le récit : architecture, arts figuratifs, expériences physiques, mathématiques, chimie, coutumes des peuples, raretés naturelles et rencontres avec des personnalités illustres. C’est un livre qui invite à observer le monde dans sa pluralité, sans séparer rigidement la culture scientifique de la culture artistique et humaniste. [1][2]

L’auteur : Balthasar de Monconys, gentilhomme et observateur du monde

Balthasar de Monconys (1608-1665) fut un voyageur, un diplomate et un magistrat français, animé d’une curiosité intellectuelle qui le mena bien au-delà des frontières de son pays. Conseiller du roi et titulaire de fonctions judiciaires à Lyon, il appartenait à cette catégorie d’hommes letting du XVIIe siècle pour lesquels le voyage constituait une forme privilégiée d’éducation et d’enquête.

Sa figure se situe à un moment crucial de l’histoire européenne. Le XVIIe siècle fut en effet le siècle où la tradition héritée de l’Antiquité et de la Renaissance s’est de plus en plus confrontée à l’observation directe, à l’expérimentation et à la recherche de nouvelles explications des phénomènes naturels.

Monconys incarna cet esprit par une approche éclectique et concrète. Dans ses récits ne se trouvent pas seulement les grands monuments et les œuvres d’art, mais aussi des instruments, des machines, des curiosités scientifiques, des préparations chimiques, des plantes, des animaux et des pratiques quotidiennes. Son regard porte aussi bien sur les manifestations de la culture que sur les aspects matériels de la vie.

Il mourut à Lyon le 28 avril 1665, avant d’avoir pu voir publiée l’intégrale de ses voyages. Son héritage intellectuel fut donc confié à la protection de son fils, le seigneur de Liergues, qui en mena la publication posthume. Le Journal est ainsi aussi une œuvre de mémoire familiale : la tentative de préserver l’expérience d’un homme et de la livrer aux générations futures. [1][3]

L’imprimeur et la naissance du volume

L’exemplaire porte l’indication éditoriale de Lyon, chez Horace Boissat et George Remeus, deux noms associés à la production typographique qui donna une forme publique aux récits de Monconys.

Au XVIIe siècle, l’imprimerie constituait l’un des principaux outils de circulation des idées en Europe. Imprimer une œuvre de ce genre signifiait rendre accessible à un public plus large des observations qui, sinon, seraient restées confinées aux carnets privés d’un voyageur ou à la mémoire de quelques interlocuteurs.

Le choix d’accompagner le texte de nombreuses épreuves gravées révèle par ailleurs une conception précise du livre : non seulement un contenant de mots, mais un instrument de consultation, de comparaison et d’apprentissage. Les images d’édifices, de dispositifs et d’objets permettaient au lecteur de visualiser ce que le texte décrivait, conférant à la narration une dimension documentaire de valeur particulière.

La publication posthume, dirigée par le fils de Monconys, témoigne aussi de la collaboration entre auteur, famille, éditeurs et monde de la culture, indispensable pour transformer une expérience personnelle en patrimoine partagé.

Le livre ancien, en ce sens, n’est pas seulement le fruit d’une activité intellectuelle : c’est aussi un objet historique, dans lequel papier, caractères typographiques, gravures et reliure conservent la trace concrète de la culture matérielle de son temps.

Le contenu : l’Europe comme laboratoire de connaissance

La deuxième partie du Journal des voyages accompagne le lecteur à travers quatre grandes zones de la civilisation européenne : l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Italie. Le parcours ne se limite pas à enregistrer des déplacements géographiques, mais construit une sorte d’atlas intellectuel du continent.

L’Angleterre offre l’occasion d’observer des monnaies, des pratiques, des phénomènes physiques et des curiosités techniques. Les Pays-Bas et l’Allemagne élargissent le regard vers des réalités économiques, culturelles et scientifiques différentes. L’Italie, enfin, apparaît comme un espace de densité historique, artistique et religieuse extraordinaire, où l’héritage classique et de la Renaissance continue d’exercer une influence décisive.

L’un des aspects les plus fascinants de l’œuvre est sa capacité à rapprocher des sujets que nous avons aujourd’hui tendance à placer dans des disciplines séparées. Un dispositif mécanique peut côtoyer une œuvre d’art ; une réflexion sur la nature peut suivre la description d’un édifice ; une curiosité chimique peut coexister avec le compte rendu d’une rencontre.

Cette variété n’est pas fortuite. Elle reflète une conception du savoir dans laquelle la connaissance naît de la disposition à observer, comparer et interroger la réalité.

Les gravures qui accompagnent le volume jouent un rôle essentiel dans ce projet. Les édifices, les structures géométriques, les instruments et les objets représentés ne sont pas de simples ornements : ils constituent une forme de documentation visuelle, capable de figer des détails et de les rendre accessibles même à celui qui n’a pas entrepris le voyage personnellement.

C’est précisément dans cette union de parole et d’image que l’œuvre révèle l’un de ses plus grands atouts : transformer l’expérience individuelle en un archive de connaissances potentiellement utile pour les chercheurs, les curieux et les voyageuses et voyageurs.

Le contexte historique : la révolution scientifique et le Grand Siècle

Pour comprendre pleinement la valeur du Journal, il faut le situer dans le grand mouvement de transformation culturelle qui traversa l’Europe au XVIIe siècle.

En 1637, René Descartes publia Discours de la méthode, destiné à exercer une influence profonde sur la pensée moderne. En 1642, Galilée mourut, protagoniste d’une révolution qui avait placé l’observation et les mathématiques au centre de l’enquête sur la nature. En 1660, naquit la Royal Society de Londres, institution qui contribua à la promotion de la recherche expérimentale; en 1665 commencent les publications du Journal des sçavans, parmi les premiers périodiques européens dédiés à la diffusion des connaissances érudites. En 1666, année de publication de cette deuxième partie, fut fondée à Paris l’Académie royale des sciences.

Ces événements ne doivent pas être interprétés comme des influences directes nécessairement documentées sur l’œuvre de Monconys, mais comme des expressions d’un même climat historique : une confiance croissante dans la possibilité d’élargir le savoir par l’expérience, la discussion et la circulation des informations.

Outre la science, la politique contribuait aussi à définir le visage de l’Europe. La France de Louis XIV s’acheminait vers l’affirmation complète de la monarchie absolue; les cours, les académies et les réseaux diplomatiques étaient des lieux où prestige politique, culture et recherche se croisaient. Le voyage d’un homme cultivé pouvait dès lors prendre une fonction qui dépassait la connaissance des lieux : il permettait de confronter institutions, coutumes, compétences techniques et formes d’organisation sociale.

Dans ce cadre, Monconys apparaît comme un témoin particulièrement significatif. Son intérêt pour les machines, les expériences physiques et les curiosités naturelles s’accorde avec la sensibilité d’un siècle qui redéfinissait la relation entre autorité traditionnelle et observation directe.

L’Italie, Florence et l’immense héritage artistique européen

Le voyage en Italie revêt une signification particulière au sein de la culture européenne. Depuis des siècles, la péninsule constituait une destination privilégiée pour ceux qui souhaitaient connaître l’art, l’architecture, les antiquités et les institutions de la culture classique.

Florence, en particulier, représentait l’un des lieux symboles de cet héritage. La cité des Médicis avait contribué de manière déterminante à l’épanouissement de la Renaissance, associant son nom à des figures comme Filippo Brunelleschi, Leon Battista Alberti, Michel-Ange et Galilée, ce dernier né à Pise mais étroitement lié à la cour médicis et à la culture toscane.

Au XVIIe siècle, Florence restait un centre de grande importance artistique et scientifique. La mémoire de la Renaissance cohabitait avec de nouvelles formes de collectionnisme, avec la culture des cours et avec l’intérêt pour les instruments et les démonstrations scientifiques. La tradition médicis de soutien aux arts et aux sciences constitue un contexte historique significatif pour comprendre l’importance que la culture italienne conservait aux yeux des voyageurs européens.

Il ne serait pas correct d’attribuer à Monconys, sans une vérification ponctuelle des pages, des observations spécifiques sur chaque monument ou personnage florentin. Il est toutefois légitime de situer son voyage dans la plus vaste tradition européenne du Grand Tour ante litteram : cette pratique, déjà vivante bien avant de devenir un phénomène codifié au XVIIIe siècle, qui poussait les hommes cultivés à chercher en Italie une source de connaissance, de confrontation et de formation.

Le Journal témoigne donc d’une Europe dans laquelle le patrimoine artistique n’était pas perçu uniquement comme héritage du passé, mais aussi comme objet d’étude et occasion de dialogue entre cultures différentes.

La signification de l’œuvre : connaître par le voyage

La valeur la plus profonde du Journal des voyages réside dans son idée de connaissance. Voyager, c’est sortir des frontières du familier, se confronter à ce qui est différent et soumettre ses convictions à l’épreuve de l’expérience.

Monconys ne construit pas un récit uniquement célébratoire des villes visitées. Son intérêt s’étend à des réalités les plus diverses, des monuments aux pratiques quotidiennes, des œuvres des peintres aux expériences, des merveilles naturelles aux secrets de la technique. Cette ouverture fait de l’œuvre un témoignage précieux de la curiosité encyclopédique du XVIIe siècle.

En même temps, le livre nous rappelle que le savoir ne naît jamais du vide. Chaque observation dépend des connaissances, des attentes et des instruments intellectuels de son temps. Pour cela le Journal peut être lu sur deux niveaux : comme source d’informations sur les lieux et les objets décrits, mais aussi comme document de la mentalité d’une époque qui cherchait de nouvelles voies pour interpréter le monde.

Ses pages conservent le charme d’une Europe observée avant l’affirmation pleine des institutions scientifiques modernes, lorsque la recherche avançait par une combinaison d’érudition, d’expérience personnelle, d’échanges épistolaires et de curiosité individuelle.

Conclusion : un témoin matériel de la mémoire européenne

Le Journal des voyages de Monsieur de Monconys est bien plus qu’un récit de voyage. C’est le témoignage d’un moment historique dans lequel l’Europe apprenait à se regarder elle-même à travers le contraste entre peuples, traditions, œuvres d’art et nouvelles connaissances scientifiques.

La figure de Balthasar de Monconys nous restitue l’image d’un homme pour qui la curiosité était une forme de discipline intellectuelle. Le travail éditorial de son fils et l’impression lyonnaise d’Horace Boissat et George Remeus ont transformé ses observations en une œuvre destinée à survivre à son auteur, traversant les siècles et nous parvenant jusqu’à nous.

Parcourir aujourd’hui ces pages, c’est entrer en contact avec une civilisation qui cherchait à élargir ses horizons par le voyage, la lecture, l’expérience et la contemplation. Les gravures, la typographie antique et les traces laissées par le temps confèrent au volume une présence qu’aucune reproduction moderne ne peut restituer entièrement : celle d’un objet qui a traversé l’histoire en conservant sa matérialité.

C’est exactement cette double nature, intellectuelle et physique, qui le rend si précieux. D’un côté, le contenu, témoignage de la curiosité et de l’ambition connaissance du XVIIe siècle ; de l’autre, l’exemplaire ancien, document tangible de l’histoire du livre et de la transmission du savoir.

En lui se rencontrent le voyage d’un homme, la culture d’un siècle et la longue mémoire de la civilisation européenne. Et peut-être est-ce là son sens le plus solennel : nous rappeler que chaque livre authentique est une porte par laquelle le passé continue de parler au présent.

Collation et état de préservation:
tome I 4pp, (491pp) 11 planches
tome II 2pp, (503pp) 11 planches
Excellent état de préservation, à signaler de légères floritures et des traces de pourriture mais, dans l’ensemble, livre rare et exceptionnel.

Expédition express en seulement 24h ouvrables dans toute l’Europe, tandis que pour les pays hors UE il faudra prévoir 48h ouvrables

Détails

Nombre de livres
2
Sujet
Amérique, Art asiatique, Asie du Sud-Est, Cartographie, Culture et art tribaux, Géographie, Histoire coloniale, Livres illustrés, Topographie (géographie), Voyages et découvertes
Titre du livre
Journal des Voyages
Auteur/ Illustrateur
de Monconys
Condition
Excellent
Année de publication de l’ouvrage le plus ancien
1666
Édition
1ère édition
Langue
Français
Langue originale
Oui
Éditeur
Horace Boissat, & George Remevs
Reliure
Demi cuir
Nombre de pages
994
ItalieVérifié
7
Objets vendus
Particulier

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