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[Revolution] Jacques-René Hebert - La grande colère du père Duchesne / La grande joie du père Duchesne / La grande ronde - 1793-1794
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[Revolution] Jacques-René Hebert - La grande colère du père Duchesne / La grande joie du père Duchesne / La grande ronde - 1793-1794

[ REVOLUTION ]. Jacques-René HEBERT. La grande colère du père Duchesne / La grande joie du père Duchesne / La grande ronde du père Duchesne. 32 numéros allant du 263 au 351. Très rare en édition originale, il existe beaucoup de réimpressions du XIXe et XXe, et facsimilés. Précieux document politique de la période révolutionnaire qui valut la guillotine à l'auteur. Journaux / tracts / pamphlets. 1793-1794, Imprimerie de la cour des miracles, Paris. 1 vol. in-8 relié de 272 pages. Reliure cartonnée à la Bradel, dos lisse orné d'une pièce de titre en papier avec titre manuscrit. Une page a été restaurée (un manque angulaire comblé avec du papier, et petite partie du texte manquant récrit), cette page est enrichie d'une photocopie de la page complète en guise de supplément afin de favoriser la lecture de la dizaine de mots récrits. Le numéro 325 a été remonté au papier japonais. Chaque numéro est composé de 8 pages. Répartition des numéros de la grande joie / colère du père Duchesne : 1790 : n° 1-20 1791 : n° 21-125 1792 : n° 126-230 1793 : n° 231-335 1794 : n° 336-355 "Parmi l’ensemble des périodiques mettant en scène le personnage du père Duchesne, le plus célèbre reste celui de Jacques-René Hébert, distribué à des dizaines de milliers d’exemplaires dans toute la France de 1790 à 1794. Né à Alençon, fils d’un bourgeois aisé et d’une femme de la petite noblesse, Hébert mène une vie de bohème à Paris où il travaille dans un théâtre. Dès le début de la Révolution, il publie des brochures subversives avant de lancer le Père Duchesne. Membre du club des Cordeliers, il devient substitut du procureur de la Commune de Paris en 1792. Le 24 mai 1793, il est arrêté à la suite de ses attaques répétées contre les Girondins, mais il est relâché souD la pression populaire. Au cours du procès de Marie-Antoinette, il accuse la reine d’inceste, ce qui le discrédite auprès d’une partie de l’opinion. Robespierre et le Comité de salut public sont exaspérés par ce type de surenchère démagogique : Hébert et ses partisans, surnommés les « exagérés », réclament la guerre à outrance et font voter par exemple la « loi des suspects ». Arrêté le 13 mars 1794, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, Hébert est guillotiné le 24 mars. Le journal de Jacques-René Hébert : Je suis le véritable père Duchesne, foutre ! À partir du numéro 13, Hébert place en tête de la première page de son journal une gravure sur bois dite vignette « au memento mori », parue à l’origine en décembre 1790 dans le journal de l’abbé Jumel. On y voit le père Duchesne dans son atelier, fumant une pipe et vêtu du costume de la garde nationale. Sur la gauche de l’image, un fourneau sur lequel est posée une bouteille de vin. À l’arrière-plan, un fusil. Le héros porte deux pistolets à la ceinture et brandit une hache avec laquelle il menace l’abbé Maury : cet adversaire de la Révolution lui demande grâce à genoux. Au bas de la vignette, la formule « memento mori », rappelant la tradition du christianisme médiéval de l’art de bien mourir, s’adresse au prêtre avec une ironie féroce. C’est sans compter l’exil de l’ecclésiastique, qui échappera ainsi à la guillotine. Destiné à être crié sur les places publiques, le titre de chaque numéro, écrit en lettres capitales, permet d’en connaître la teneur : le plus souvent, le père Duchesne commente les derniers événements au gré de ses « grandes joies » ou de ses « grandes colères ». Le sommaire écrit en italique vaut éditorial. Je suis le véritable père Duchesne, foutre ! est le journal d’Hébert, qui souhaite se démarquer des autres périodiques mettant en scène le célèbre marchand de fourneaux. Hébert publie trois livraisons par semaine. Les 30 premiers exemplaires de 1790 ne sont pas numérotés. À partir de 1791, la numérotation figure en bas à droite de la première page. Le journal d’Hébert est publié au format in-octavo et compte huit pages. À la fin de son journal, Hébert fait souvent appel au public, l’invitant à prendre part aux événements révolutionnaires et à intervenir sur la scène politique. Au bas de la dernière page, à partir du numéro 23, deux fourneaux, dont l’un renversé, rappellent le métier du père Duchesne et sa symbolique. L’adresse varie, adresse réelle, fictive ou ironique : De l’imprimerie du père Duchesne ; De l’imprimerie du père Duchesne, chez Tremblay, rue Basse-porte-Saint-Denis, n° 11 ; De l’imprimerie de la rue des Filles-Dieu, n° 8 (nos 138-157) ; De l’imprimerie de la rue Sainte-Barbe, près la porte Saint-Denis, n° 5 (nos 158-167) ; De l’imprimerie de la Bourbon-Villeneuve, cour des Miracles (nos 168-170) ; De l’imprimerie de la rue de l’Égalité, cour des Miracles (nos 171-187) ; De l’imprimerie de la rue Neuve de l’Égalité, cour des Miracles (nos 188-312) ; De l’imprimerie de la rue Neuve de l’Égalité, cour des Forges de Bonne-Nouvelle (nos 313-355). À partir du numéro 131, Hébert signe son journal. Au fil de ses numéros, Hébert expose à ses lecteurs la vie quotidienne et intime du père Duchesne. On le voit à la taverne en compagnie de son ami Jean Bart, chez lui entouré de sa femme Jacqueline et de sa fille, ou déambulant dans Paris. Le journal devient un véritable feuilleton dont chaque épisode est attendu avec avidité par un lectorat qui ne cesse de grossir. Un registre théâtral Le contenu des journaux d’Hébert se rapproche du genre théâtral. Le texte prend souvent la forme de petites pièces. Ne possédant pas de rubriques, chaque numéro correspond à un seul développement argumenté, composé d’une ou de plusieurs saynètes à la manière d’une comédie en un acte. Le personnage dialogue avec des acteurs fictifs ou attestés ou se lance dans des monologues politiques reflétant les positions d’Hébert. Une soixantaine de numéros retranscrivent des conversations imaginaires avec le roi et/ou la reine. Les premières se déroulent aux Tuileries, les dernières dans la prison du Temple. Après l’épisode de Varennes, le but des visites est de surveiller le roi et de déjouer les conspirations ourdies par les ennemis de la Révolution. Pour dévoiler ces complots, le père Duchesne va jusqu’à se déguiser en médecin, en confesseur et même en femme. Après avoir acquis la confiance de l’ennemi et entendu les détails de ses projets, il fait tomber son masque et révèle son identité. Un style comique Ces numéros appartiennent au registre de la farce populaire. Le père Duchesne exprime fortement ses émotions : il rit, pleure, laisse exploser sa joie ou, le plus souvent, sa colère. Le héros emploie un langage familier, injurieux et imagé contenant des expressions tirées de l’argot parisien, la langue « poissarde ». Ce style truculent séduit le lectorat du petit peuple dont le père Duchesne se veut le porte-parole. Les jurons à connotation sexuelle comme « foutre » et « bougre » transgressent les codes de la morale établie et libèrent le peuple de l’emprise de la culture de l’élite. Un journal activiste Le journal ne se contente pas d’interpréter les événements ; il espère surtout influencer le cours de la Révolution en façonnant l’opinion publique. Prenant ses lecteurs à partie, il leur enjoint d’agir et d’intervenir sur la scène politique. Grâce à l’intimité qu’il noue entre son héros et son lectorat, Hébert incite le petit peuple à épouser la colère du tonitruant marchand de fourneaux. Il milite ainsi pour l’arrestation des Girondins, la condamnation à mort de Louis XVI et l’exécution de la reine et de ses enfants. Je suis le véritable père Duchesne, foutre !, n° 187, Paris, novembre 1792, BnF. Dans le numéro 187 publié en novembre 1792, le père Duchesne raconte la visite qu’il rend, déguisé en prêtre, dans la prison du Temple à Louis XVI, auquel il s’adresse en ces termes : « Les Français disent que vous étiez trop haut au-dessus d’eux, mais pour ne plus leur porter ombrage, ils demandent que la Convention vous fasse raccourcir de sept à huit pouces. En attendant cette petite opération, il faut, bon sire, élever votre âme ; il faut me découvrir les replis de votre cœur ; enfin me faire une confession générale. » Il obtient la confession du monarque déchu : « Je m’accuse, dit-il avec son air piteux, d’avoir toujours trompé les hommes, d’avoir pris le masque d’un brave bougre, tandis qu’au fond je n’étais qu’un jean-foutre. Je m’accuse d’avoir souffert que ma bourgeoise m’en fît porter ni plus ni moins que le plus haut cerf de Fontainebleau ; je m’accuse d’avoir reconnu comme miens tous les petits enfants de Gougeât dont elle m’a fait père et patron ; je m’accuse de m’être laissé mener par le nez par cette péronnelle, de lui avoir laissé vider les coffres de la nation, d’avoir par ses conseils fait égorger ce pauvre peuple que je voulais sucer jusqu’à l’eau rousse, d’avoir fait semblant d’accepter une constitution fabriquée par mes ordres et payée de l’argent de la nation, d’avoir excité tous mes frères, cousins et amis, les autres rois, à mettre en France tout à feu et à sang ; je m’accuse enfin d’avoir voulu faire de la Saint-Laurent une nouvelle Saint-Barthélemy, et si j’ai un regret c’est d’avoir manqué mon coup. Je n’ai plus de couronne ni de liste civile et j’en dis mon mea culpa. » " SOURCE : BNF

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[Revolution] Jacques-René Hebert - La grande colère du père Duchesne / La grande joie du père Duchesne / La grande ronde - 1793-1794

[ REVOLUTION ].

Jacques-René HEBERT.

La grande colère du père Duchesne / La grande joie du père Duchesne / La grande ronde du père Duchesne.
32 numéros allant du 263 au 351.

Très rare en édition originale, il existe beaucoup de réimpressions du XIXe et XXe, et facsimilés.
Précieux document politique de la période révolutionnaire qui valut la guillotine à l'auteur.

Journaux / tracts / pamphlets.

1793-1794, Imprimerie de la cour des miracles, Paris.
1 vol. in-8 relié de 272 pages. Reliure cartonnée à la Bradel, dos lisse orné d'une pièce de titre en papier avec titre manuscrit. Une page a été restaurée (un manque angulaire comblé avec du papier, et petite partie du texte manquant récrit), cette page est enrichie d'une photocopie de la page complète en guise de supplément afin de favoriser la lecture de la dizaine de mots récrits. Le numéro 325 a été remonté au papier japonais.
Chaque numéro est composé de 8 pages.

Répartition des numéros de la grande joie / colère du père Duchesne :
1790 : n° 1-20
1791 : n° 21-125
1792 : n° 126-230
1793 : n° 231-335
1794 : n° 336-355

"Parmi l’ensemble des périodiques mettant en scène le personnage du père Duchesne, le plus célèbre reste celui de Jacques-René Hébert, distribué à des dizaines de milliers d’exemplaires dans toute la France de 1790 à 1794. Né à Alençon, fils d’un bourgeois aisé et d’une femme de la petite noblesse, Hébert mène une vie de bohème à Paris où il travaille dans un théâtre. Dès le début de la Révolution, il publie des brochures subversives avant de lancer le Père Duchesne. Membre du club des Cordeliers, il devient substitut du procureur de la Commune de Paris en 1792. Le 24 mai 1793, il est arrêté à la suite de ses attaques répétées contre les Girondins, mais il est relâché souD la pression populaire. Au cours du procès de Marie-Antoinette, il accuse la reine d’inceste, ce qui le discrédite auprès d’une partie de l’opinion. Robespierre et le Comité de salut public sont exaspérés par ce type de surenchère démagogique : Hébert et ses partisans, surnommés les « exagérés », réclament la guerre à outrance et font voter par exemple la « loi des suspects ». Arrêté le 13 mars 1794, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, Hébert est guillotiné le 24 mars.

Le journal de Jacques-René Hébert : Je suis le véritable père Duchesne, foutre !

À partir du numéro 13, Hébert place en tête de la première page de son journal une gravure sur bois dite vignette « au memento mori », parue à l’origine en décembre 1790 dans le journal de l’abbé Jumel. On y voit le père Duchesne dans son atelier, fumant une pipe et vêtu du costume de la garde nationale. Sur la gauche de l’image, un fourneau sur lequel est posée une bouteille de vin. À l’arrière-plan, un fusil. Le héros porte deux pistolets à la ceinture et brandit une hache avec laquelle il menace l’abbé Maury : cet adversaire de la Révolution lui demande grâce à genoux. Au bas de la vignette, la formule « memento mori », rappelant la tradition du christianisme médiéval de l’art de bien mourir, s’adresse au prêtre avec une ironie féroce. C’est sans compter l’exil de l’ecclésiastique, qui échappera ainsi à la guillotine.

Destiné à être crié sur les places publiques, le titre de chaque numéro, écrit en lettres capitales, permet d’en connaître la teneur : le plus souvent, le père Duchesne commente les derniers événements au gré de ses « grandes joies » ou de ses « grandes colères ». Le sommaire écrit en italique vaut éditorial.

Je suis le véritable père Duchesne, foutre ! est le journal d’Hébert, qui souhaite se démarquer des autres périodiques mettant en scène le célèbre marchand de fourneaux. Hébert publie trois livraisons par semaine. Les 30 premiers exemplaires de 1790 ne sont pas numérotés. À partir de 1791, la numérotation figure en bas à droite de la première page.

Le journal d’Hébert est publié au format in-octavo et compte huit pages. À la fin de son journal, Hébert fait souvent appel au public, l’invitant à prendre part aux événements révolutionnaires et à intervenir sur la scène politique. Au bas de la dernière page, à partir du numéro 23, deux fourneaux, dont l’un renversé, rappellent le métier du père Duchesne et sa symbolique.

L’adresse varie, adresse réelle, fictive ou ironique : De l’imprimerie du père Duchesne ; De l’imprimerie du père Duchesne, chez Tremblay, rue Basse-porte-Saint-Denis, n° 11 ; De l’imprimerie de la rue des Filles-Dieu, n° 8 (nos 138-157) ; De l’imprimerie de la rue Sainte-Barbe, près la porte Saint-Denis, n° 5 (nos 158-167) ; De l’imprimerie de la Bourbon-Villeneuve, cour des Miracles (nos 168-170) ; De l’imprimerie de la rue de l’Égalité, cour des Miracles (nos 171-187) ; De l’imprimerie de la rue Neuve de l’Égalité, cour des Miracles (nos 188-312) ; De l’imprimerie de la rue Neuve de l’Égalité, cour des Forges de Bonne-Nouvelle (nos 313-355).

À partir du numéro 131, Hébert signe son journal.

Au fil de ses numéros, Hébert expose à ses lecteurs la vie quotidienne et intime du père Duchesne. On le voit à la taverne en compagnie de son ami Jean Bart, chez lui entouré de sa femme Jacqueline et de sa fille, ou déambulant dans Paris. Le journal devient un véritable feuilleton dont chaque épisode est attendu avec avidité par un lectorat qui ne cesse de grossir.

Un registre théâtral

Le contenu des journaux d’Hébert se rapproche du genre théâtral. Le texte prend souvent la forme de petites pièces. Ne possédant pas de rubriques, chaque numéro correspond à un seul développement argumenté, composé d’une ou de plusieurs saynètes à la manière d’une comédie en un acte. Le personnage dialogue avec des acteurs fictifs ou attestés ou se lance dans des monologues politiques reflétant les positions d’Hébert.

Une soixantaine de numéros retranscrivent des conversations imaginaires avec le roi et/ou la reine. Les premières se déroulent aux Tuileries, les dernières dans la prison du Temple. Après l’épisode de Varennes, le but des visites est de surveiller le roi et de déjouer les conspirations ourdies par les ennemis de la Révolution. Pour dévoiler ces complots, le père Duchesne va jusqu’à se déguiser en médecin, en confesseur et même en femme. Après avoir acquis la confiance de l’ennemi et entendu les détails de ses projets, il fait tomber son masque et révèle son identité.

Un style comique

Ces numéros appartiennent au registre de la farce populaire. Le père Duchesne exprime fortement ses émotions : il rit, pleure, laisse exploser sa joie ou, le plus souvent, sa colère. Le héros emploie un langage familier, injurieux et imagé contenant des expressions tirées de l’argot parisien, la langue « poissarde ». Ce style truculent séduit le lectorat du petit peuple dont le père Duchesne se veut le porte-parole. Les jurons à connotation sexuelle comme « foutre » et « bougre » transgressent les codes de la morale établie et libèrent le peuple de l’emprise de la culture de l’élite.

Un journal activiste

Le journal ne se contente pas d’interpréter les événements ; il espère surtout influencer le cours de la Révolution en façonnant l’opinion publique. Prenant ses lecteurs à partie, il leur enjoint d’agir et d’intervenir sur la scène politique. Grâce à l’intimité qu’il noue entre son héros et son lectorat, Hébert incite le petit peuple à épouser la colère du tonitruant marchand de fourneaux. Il milite ainsi pour l’arrestation des Girondins, la condamnation à mort de Louis XVI et l’exécution de la reine et de ses enfants.

Je suis le véritable père Duchesne, foutre !, n° 187, Paris, novembre 1792, BnF.

Dans le numéro 187 publié en novembre 1792, le père Duchesne raconte la visite qu’il rend, déguisé en prêtre, dans la prison du Temple à Louis XVI, auquel il s’adresse en ces termes : « Les Français disent que vous étiez trop haut au-dessus d’eux, mais pour ne plus leur porter ombrage, ils demandent que la Convention vous fasse raccourcir de sept à huit pouces. En attendant cette petite opération, il faut, bon sire, élever votre âme ; il faut me découvrir les replis de votre cœur ; enfin me faire une confession générale. »

Il obtient la confession du monarque déchu : « Je m’accuse, dit-il avec son air piteux, d’avoir toujours trompé les hommes, d’avoir pris le masque d’un brave bougre, tandis qu’au fond je n’étais qu’un jean-foutre. Je m’accuse d’avoir souffert que ma bourgeoise m’en fît porter ni plus ni moins que le plus haut cerf de Fontainebleau ; je m’accuse d’avoir reconnu comme miens tous les petits enfants de Gougeât dont elle m’a fait père et patron ; je m’accuse de m’être laissé mener par le nez par cette péronnelle, de lui avoir laissé vider les coffres de la nation, d’avoir par ses conseils fait égorger ce pauvre peuple que je voulais sucer jusqu’à l’eau rousse, d’avoir fait semblant d’accepter une constitution fabriquée par mes ordres et payée de l’argent de la nation, d’avoir excité tous mes frères, cousins et amis, les autres rois, à mettre en France tout à feu et à sang ; je m’accuse enfin d’avoir voulu faire de la Saint-Laurent une nouvelle Saint-Barthélemy, et si j’ai un regret c’est d’avoir manqué mon coup. Je n’ai plus de couronne ni de liste civile et j’en dis mon mea culpa. » "

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