Abel Lauvray (1870-1950) - Temple grec






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Temple grec, œuvre originale de Abel Lauvray (France), impressionniste paysage, huile sur toile, signé à la main, vendue avec cadre, dimensions 54 x 81 cm.
Description fournie par le vendeur
Abel LAUVRAY (1870-1950)
Temple grec
Huile sur toile
Format : 54 x 81 cm
Signé en bas à gauche.
Tableau en bon état.
Provenance
Galerie Yves Jaubert
- Vente Atelier Lauvray, Ader, 2009
Peinture enregistrée et reproduite dans le catalogue raisonné de l’œuvre d’Abel Lauvray sous le numéro : 025.
Oeuvre originale livrée avec facture et certificat d’authenticité.
Expédition rapide, soignée et assurée.
À acheter en toute confiance !
Abel Lauvray est né en 1870 dans une famille de notaires normands fortunés, et tout semblait destiné à ce dernier à suivre cette profession « héréditaire »—si le destin n’avait pas décidé autrement. Dans ce cas, le destin a pris la forme d’un jeune peintre romantique et novateur, fortement critiqué par les journalistes et les amateurs d’art à travers l’Europe : Claude Monet. Pour situer correctement cette période, qui marque la naissance de l’impressionnisme, il faut se rappeler que le Second Empire venait de tomber et que la Troisième République émergeait. L’atmosphère était celle du changement. Un petit groupe de peintres—Monet, Cézanne, Degas, Renoir, Guillaumin et Pissarro—résistaient à l’étreinte du classicisme. Ils avaient une conception différente de la couleur et de la lumière et, hélas, avec des moyens limités, ils tentaient de faire entendre leur voix. Le jeune Abel Lauvray avait neuf ans lorsque l’un d’eux, Claude Monet, s’installa à Vétheuil, dans une petite maison à quelques mètres de l’estate Lauvray, une belle résidence du XVIIIe siècle qui était leur retraite favorite. Le « Maître de l’Impressionnisme » installait souvent son chevalet sur la terrasse des Lauvray, d’où l’on pouvait admirer la magnifique église du XIIe siècle, orgueil de cette charmante ville nichée dans les collines bordant une grande boucle de la Seine, placée là telle un joyau dans un écrin. La visite de Monet à Vétheuil coïncida avec la période les plus sombres de sa vie. Il ne parvenait pas à vendre ses œuvres et tomba dans une grande pauvreté. Il perdit sa femme Camille et dut subvenir aux besoins de ses deux enfants, Jean et Michel. La famille Lauvray ne demeura pas indifférente au malheur de leur nouveau voisin. Ils lui prêtèrent de l’argent et commandèrent un portrait de son fils cadet, André. Monet n’oublia pas cette gentillesse, et à son retour en 1893 pour peindre sa célèbre série de 70 tableaux de Vétheuil depuis son studio-flottant, sa première visite fut chez ses amis. Le jeune Abel était ravi d’accompagner le maître et de voir, sous ses doigts agiles, ces merveilleux paysages prendre vie—transformés sur une toile par quelques coups de pinceau magiques, irradiant de lumière dans de multiples tons que seuls les prophètes de la Nouvelle École—les Impressionnistes—pouvaient percevoir et reproduire. Abel Lauvray fut captivé; il eut foi, il deviendrait peintre, et rien, pas même les lendemains de guerre, ne purent le détourner. Après des études de droit à Paris, concession à sa famille, il s’inscrivit à l’Académie Cormon de peinture et, suivant toujours les conseils de Monet, commença à peindre par lui-même. Monet lui prêta ensuite son studio-flottant, et Lauvray parcourut la Seine de Vétheuil à Mantes, ramenant sans cesse un nombre important de toiles—estimé à environ 1 500—qui représentent ses 60 années actives de peinture. À la lecture de ces lignes, on pourrait croire que ce peintre n’était qu’un simple suiveur, voire un copieur de Monet et des Impressionnistes, ses amis. Or ce n’est pas le cas, comme le reconnaît Claude Roger-Marx : « Même lorsque Lauvray traite des sujets identiques à ceux de Monet, assis au même endroit, à les mêmes heures, souvent très proche du maître lui-même, il démontre un tempérament tout à fait différent. » Pierre Cabanne le confirme dans l’un de ses préfaces : « Nul ne l’a endoctriné ; il demeure libre, aimant exprimer les choses qui l’entourent, mais à sa guise, selon son plaisir. » Lauvray était libéré des besoins financiers et d’où il était indépendant. Il possédait plusieurs biens. À Mantes, il hérita d’une villa luxueuse avec un atelier exact en réplique du studio de Monet à Giverny. Malheureusement, après la Libération, cette villa fut réquisitionnée par le quartier général du général Rohmel, l’atelier fut détruit et quelque 500 peintures furent brûlées. Il voyagea aussi beaucoup, et plusieurs tableaux attestent de ses paysages à Venise, Syracuse, Athènes et ailleurs, rendant son œuvre géographiquement très variée. Gérald Schurr analyse l’œuvre de Lauvray comme suit : « Si la qualité vaporeuse et scintillante de la lumière le fait en effet ressembler au Maître des Nymphéas, son toucher net et raffiné le distingue ; sa conception demeure plus classique dans la composition et l’agencement des masses. Il excelle dans les demi-teintes et dans l’éclairage nuancé des heures incertaines—de l’aube au crépuscule : une sorte de musique de chambre comparable à certaines harmonies de Camille Pissarro ; l’exemple de Monet et aussi celui des peintres de Barbizon baignent ses paysages d’un ton de gravité. » Au fil des années, son pinceau s’éclaircit et l’empâtement s’estompa peu à peu en touches fluides. En résumé, Lauvray est un « peintre témoin de son temps ». Influencé par l’École de Barbizon, engagé dans l’Impressionnisme, indifférent au Cubisme et au Surréalisme, et plus tard attiré par l’Expressionnisme frôlant l’abstraction, son œuvre demeure homogène. Ses paysages constituent une étude approfondie de la lumière, reflétée dans l’eau de la Seine et du Rhône. Ses ciels aux nuages lumineux et éphémères, que Monet appréciait, sont remarquables. Lauvray est un maître plein de délicatesse, de charme et de finesse. La douceur de vivre, le calme et le silence émanent de ses paysages, transmettant un sentiment de solidarité.
Abel LAUVRAY (1870-1950)
Temple grec
Huile sur toile
Format : 54 x 81 cm
Signé en bas à gauche.
Tableau en bon état.
Provenance
Galerie Yves Jaubert
- Vente Atelier Lauvray, Ader, 2009
Peinture enregistrée et reproduite dans le catalogue raisonné de l’œuvre d’Abel Lauvray sous le numéro : 025.
Oeuvre originale livrée avec facture et certificat d’authenticité.
Expédition rapide, soignée et assurée.
À acheter en toute confiance !
Abel Lauvray est né en 1870 dans une famille de notaires normands fortunés, et tout semblait destiné à ce dernier à suivre cette profession « héréditaire »—si le destin n’avait pas décidé autrement. Dans ce cas, le destin a pris la forme d’un jeune peintre romantique et novateur, fortement critiqué par les journalistes et les amateurs d’art à travers l’Europe : Claude Monet. Pour situer correctement cette période, qui marque la naissance de l’impressionnisme, il faut se rappeler que le Second Empire venait de tomber et que la Troisième République émergeait. L’atmosphère était celle du changement. Un petit groupe de peintres—Monet, Cézanne, Degas, Renoir, Guillaumin et Pissarro—résistaient à l’étreinte du classicisme. Ils avaient une conception différente de la couleur et de la lumière et, hélas, avec des moyens limités, ils tentaient de faire entendre leur voix. Le jeune Abel Lauvray avait neuf ans lorsque l’un d’eux, Claude Monet, s’installa à Vétheuil, dans une petite maison à quelques mètres de l’estate Lauvray, une belle résidence du XVIIIe siècle qui était leur retraite favorite. Le « Maître de l’Impressionnisme » installait souvent son chevalet sur la terrasse des Lauvray, d’où l’on pouvait admirer la magnifique église du XIIe siècle, orgueil de cette charmante ville nichée dans les collines bordant une grande boucle de la Seine, placée là telle un joyau dans un écrin. La visite de Monet à Vétheuil coïncida avec la période les plus sombres de sa vie. Il ne parvenait pas à vendre ses œuvres et tomba dans une grande pauvreté. Il perdit sa femme Camille et dut subvenir aux besoins de ses deux enfants, Jean et Michel. La famille Lauvray ne demeura pas indifférente au malheur de leur nouveau voisin. Ils lui prêtèrent de l’argent et commandèrent un portrait de son fils cadet, André. Monet n’oublia pas cette gentillesse, et à son retour en 1893 pour peindre sa célèbre série de 70 tableaux de Vétheuil depuis son studio-flottant, sa première visite fut chez ses amis. Le jeune Abel était ravi d’accompagner le maître et de voir, sous ses doigts agiles, ces merveilleux paysages prendre vie—transformés sur une toile par quelques coups de pinceau magiques, irradiant de lumière dans de multiples tons que seuls les prophètes de la Nouvelle École—les Impressionnistes—pouvaient percevoir et reproduire. Abel Lauvray fut captivé; il eut foi, il deviendrait peintre, et rien, pas même les lendemains de guerre, ne purent le détourner. Après des études de droit à Paris, concession à sa famille, il s’inscrivit à l’Académie Cormon de peinture et, suivant toujours les conseils de Monet, commença à peindre par lui-même. Monet lui prêta ensuite son studio-flottant, et Lauvray parcourut la Seine de Vétheuil à Mantes, ramenant sans cesse un nombre important de toiles—estimé à environ 1 500—qui représentent ses 60 années actives de peinture. À la lecture de ces lignes, on pourrait croire que ce peintre n’était qu’un simple suiveur, voire un copieur de Monet et des Impressionnistes, ses amis. Or ce n’est pas le cas, comme le reconnaît Claude Roger-Marx : « Même lorsque Lauvray traite des sujets identiques à ceux de Monet, assis au même endroit, à les mêmes heures, souvent très proche du maître lui-même, il démontre un tempérament tout à fait différent. » Pierre Cabanne le confirme dans l’un de ses préfaces : « Nul ne l’a endoctriné ; il demeure libre, aimant exprimer les choses qui l’entourent, mais à sa guise, selon son plaisir. » Lauvray était libéré des besoins financiers et d’où il était indépendant. Il possédait plusieurs biens. À Mantes, il hérita d’une villa luxueuse avec un atelier exact en réplique du studio de Monet à Giverny. Malheureusement, après la Libération, cette villa fut réquisitionnée par le quartier général du général Rohmel, l’atelier fut détruit et quelque 500 peintures furent brûlées. Il voyagea aussi beaucoup, et plusieurs tableaux attestent de ses paysages à Venise, Syracuse, Athènes et ailleurs, rendant son œuvre géographiquement très variée. Gérald Schurr analyse l’œuvre de Lauvray comme suit : « Si la qualité vaporeuse et scintillante de la lumière le fait en effet ressembler au Maître des Nymphéas, son toucher net et raffiné le distingue ; sa conception demeure plus classique dans la composition et l’agencement des masses. Il excelle dans les demi-teintes et dans l’éclairage nuancé des heures incertaines—de l’aube au crépuscule : une sorte de musique de chambre comparable à certaines harmonies de Camille Pissarro ; l’exemple de Monet et aussi celui des peintres de Barbizon baignent ses paysages d’un ton de gravité. » Au fil des années, son pinceau s’éclaircit et l’empâtement s’estompa peu à peu en touches fluides. En résumé, Lauvray est un « peintre témoin de son temps ». Influencé par l’École de Barbizon, engagé dans l’Impressionnisme, indifférent au Cubisme et au Surréalisme, et plus tard attiré par l’Expressionnisme frôlant l’abstraction, son œuvre demeure homogène. Ses paysages constituent une étude approfondie de la lumière, reflétée dans l’eau de la Seine et du Rhône. Ses ciels aux nuages lumineux et éphémères, que Monet appréciait, sont remarquables. Lauvray est un maître plein de délicatesse, de charme et de finesse. La douceur de vivre, le calme et le silence émanent de ses paysages, transmettant un sentiment de solidarité.
