Johannes Marchesinus - [Early Incunable] Mammotrectus - 1478
![Johannes Marchesinus - [Early Incunable] Mammotrectus - 1478 #1.0](https://assets.catawiki.com/image/cw_ldp_l/plain/assets/catawiki/assets/2026/3/31/2/e/8/2e811a4e-feb9-43cb-bb4e-41f50e628df8.jpg)
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![Johannes Marchesinus - [Early Incunable] Mammotrectus - 1478 #4.3](https://assets.catawiki.com/image/cw_ldp_l/plain/assets/catawiki/assets/2026/3/31/e/f/8/ef84b85c-12b0-40a4-ba0f-caa6101b89ba.jpg)

Spécialiste des livres anciens, spécialisée dans les conflits théologiques depuis 1999.
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Le Mammotrectus super Bibliam, de Johannes Marchesinus, Venise 1478, latin, 1re édition dans ce format, reliure en parchemin, 518 pages, illustrations colorées à la main, édition incunable.
Description fournie par le vendeur
MAMMOTRECTUS : LE LATTE SAINT DES ÉCRITURES, LE MANUEL QUE DESIDERIUS ERASME VOULAIT BRÛLER
Des centaines de chapitres rubriqués en rouge par une main antique, certains très grands.
Le Mammotrectus super Bibliam est l’un des manuels pédagogiques les plus influents de la culture tardomédiévale.
Au début du Cinquecento, l’œuvre devint la cible des critiques des humanistes, en particulier de Desiderius Erasmus, qui dénonçait la pauvreté philologique de la formation théologique médiévale et arriva à citer des manuels comme le Mammotrectus comme symbole d’un savoir scolastique archaïque, soutenant ironiquement que des livres de ce type méritaient le feu plus que les bibliothèques.
« À quoi sert de dérouler les labyrinthes scholastiques, si l’Écriture elle‑même n’est pas comprise ? », dénonçant l’utilité d’une culture faite de compilations et de gloses qui ne conduisait pas à une compréhension authentique de la Bible.
Le Mammotrectus fut pendant plus de deux siècles le principal outil de formation du clergé mineur, avant d’être critiqué par les humanistes et les réformateurs qui le considéraient comme le symbole du retard culturel du clergé médiéval.
VALEUR DE MARCHÉ
Le marché des incunables religieux vénitiens maintient une demande stable, avec un intérêt particulier pour les manuels didactiques médiévaux liés aux ordres mendiants. L’édition de 1478 apparaît rarement sur le marché antiquaire. Une copie complète a été proposée par un libraire spécialisé autour de 25 000 USD, tandis qu’en vente aux enchères un exemplaire était estimé entre 6 000 et 8 000 euros, avec des variations liées à l’état de conservation, à la rubrication et à la présence de décorations contemporaines. Sur le marché antiquaire international, les exemplaires bien conservés et rubricés se situent généralement dans une fourchette indicative entre 6 000 et 25 000 euros, avec des pics supérieurs pour les copies ayant des provenances importantes ou des reliures contemporaines.
DESCRIPTION PHYSIQUE ET ÉTAT – EXEMPLAIRE DE COLLECTIONNEUR
Collation : A¹⁰ B–C⁸ a–y⁸ (1–6)⁸ (7)¹⁰. 259 feuilles sur 260, A2 reproduite sur papier ancien. Texte imprimé en caractères gothiques en deux colonnes. Splendide rubrication manuscrite avec de nombreuses initiales rouges colorées par une main antique : initiales majeures de 4–7 lignes et nombreuses initiales de 3 lignes. Reliure arrière en pleine parchemine, solide et bien reliée, signes d’usure. Feuilles claires et bien encrées. Quelques restaurations en marge qui n’atteignent pas l’encadrement, gore. La dernière feuille est partiellement restaurée.
Dans les livres anciens, avec une histoire pluriséculaire, peuvent être présentes quelques imperfections, non nécessairement signalées dans la description.
TITRE COMPLET ET AUTEUR
Mammotrectus super Bibliam.
Venetiis, Franciscus Renner de Heilbronn et Petrus de Bartua, 1478.
Johannes Marchesinus
CONTEXTE ET SIGNIFICATION
Le Mammotrectus a été conçu comme un guide pratique pour le clergé peu formé grammaticalement. L’œuvre contient environ 1300 entrées et se divise en trois grandes sections : explications étymologiques et grammaticales des termes bibliques difficiles ; traitements sur la prononciation latine, l’interprétation des Écritures et des sujets théologiques ; une section liturgique avec des antiennes, des sermons et du matériel pour l’année ecclésiastique. La structure reflète l’exigence pastorale du tardif Moyen Âge : fournir aux prédicateurs des outils rapides pour interpréter et citer correctement la Bible. Pendant plus de deux siècles, le texte fut l’un des manuels les plus répandus dans les écoles conventuelles franciscaines et dans les études ecclésiastiques. Son immense diffusion au XVe siècle témoigne du besoin d’outils didactiques intermédiaires entre la Bible et les grands commentaires théologiques.
Au XVIe siècle, toutefois, les humanistes commencèrent à en critiquer durement la méthode. Desiderius Erasmus attaqua tout le système éducatif théologique médiéval en l’accusant de perpétuer une connaissance imparfaite des Écritures et indiqua les manuels grammaticaux comme le Mammotrectus comme exemple d’une tradition scolaire qui remplaçait la véritable philologie biblique. La polémique reflète le choc entre deux modèles culturels : d’un côté la pédagogie conventuelle médiévale, de l’autre le programme humaniste du retour aux sources, fondé sur l’étude du grec et de l’hébreu et sur une approche critique des textes sacrés.
BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Johannes Marchesinus (Giovanni Marchesini) fut un frère franciscain actif entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, probablement originaire de Reggio Emilia. Il enseigna dans des milieux conventuels destinés à la formation des novices et du clergé mineur. Son Mammotrectus super Bibliam devint rapidement l’un des manuels didactiques les plus répandus dans l’Europe tardomédiévale. L’œuvre naît de la tentative de rendre compréhensible la Vulgate pour des prédicateurs peu instruits, en fournissant des explications linguistiques et théologiques des termes bibliques difficiles.
HISTOIRE TYPOGRAPHIQUE ET CIRCULATION
La première édition imprimée du Mammotrectus apparut à Mayence en 1470 chez Peter Schöffer. Dans les décennies qui suivirent, le texte connut une diffusion typographique extraordinaire avec de nombreuses éditions en Allemagne, en Suisse et en Italie. À Venise, l’œuvre fut imprimée pour la première fois en 1476 et à nouveau en 1478 par Franciscus Renner de Heilbronn et Petrus de Bartua. Cette édition appartient à la phase initiale de la typographie vénitienne et s’inscrit parmi les rares livres produits par la collaboration entre ces deux imprimeurs entre 1477 et 1479. Au cours du XVe siècle, plus de vingt éditions incunables furent produites, signe de la diffusion vaste du texte dans les bibliothèques conventuelles et les écoles ecclésiastiques européennes.
BIBLIOGRAPHIE ET RÉFÉRENCES
ISTC im00238000
GW M20819
Goff M-239
BMC V, p. 180
CIBN M-124
Walsh, Catalogue of the Incunabula in the Harvard College Library, no. 1593–1594
BSB-Ink M-158
Frans van Liere, Tools for Fools: Marchesinus of Reggio and His Mammotrectus, Medieval Perspectives 18 (2003)
Samuel Berger, La Bible au XVIe siècle, Paris, 1879, pp. 15-28
ICCU / OPAC SBN – éditions du Mammotrectus super Bibliam (incunaboli vénitiens)
À propos du vendeur
MAMMOTRECTUS : LE LATTE SAINT DES ÉCRITURES, LE MANUEL QUE DESIDERIUS ERASME VOULAIT BRÛLER
Des centaines de chapitres rubriqués en rouge par une main antique, certains très grands.
Le Mammotrectus super Bibliam est l’un des manuels pédagogiques les plus influents de la culture tardomédiévale.
Au début du Cinquecento, l’œuvre devint la cible des critiques des humanistes, en particulier de Desiderius Erasmus, qui dénonçait la pauvreté philologique de la formation théologique médiévale et arriva à citer des manuels comme le Mammotrectus comme symbole d’un savoir scolastique archaïque, soutenant ironiquement que des livres de ce type méritaient le feu plus que les bibliothèques.
« À quoi sert de dérouler les labyrinthes scholastiques, si l’Écriture elle‑même n’est pas comprise ? », dénonçant l’utilité d’une culture faite de compilations et de gloses qui ne conduisait pas à une compréhension authentique de la Bible.
Le Mammotrectus fut pendant plus de deux siècles le principal outil de formation du clergé mineur, avant d’être critiqué par les humanistes et les réformateurs qui le considéraient comme le symbole du retard culturel du clergé médiéval.
VALEUR DE MARCHÉ
Le marché des incunables religieux vénitiens maintient une demande stable, avec un intérêt particulier pour les manuels didactiques médiévaux liés aux ordres mendiants. L’édition de 1478 apparaît rarement sur le marché antiquaire. Une copie complète a été proposée par un libraire spécialisé autour de 25 000 USD, tandis qu’en vente aux enchères un exemplaire était estimé entre 6 000 et 8 000 euros, avec des variations liées à l’état de conservation, à la rubrication et à la présence de décorations contemporaines. Sur le marché antiquaire international, les exemplaires bien conservés et rubricés se situent généralement dans une fourchette indicative entre 6 000 et 25 000 euros, avec des pics supérieurs pour les copies ayant des provenances importantes ou des reliures contemporaines.
DESCRIPTION PHYSIQUE ET ÉTAT – EXEMPLAIRE DE COLLECTIONNEUR
Collation : A¹⁰ B–C⁸ a–y⁸ (1–6)⁸ (7)¹⁰. 259 feuilles sur 260, A2 reproduite sur papier ancien. Texte imprimé en caractères gothiques en deux colonnes. Splendide rubrication manuscrite avec de nombreuses initiales rouges colorées par une main antique : initiales majeures de 4–7 lignes et nombreuses initiales de 3 lignes. Reliure arrière en pleine parchemine, solide et bien reliée, signes d’usure. Feuilles claires et bien encrées. Quelques restaurations en marge qui n’atteignent pas l’encadrement, gore. La dernière feuille est partiellement restaurée.
Dans les livres anciens, avec une histoire pluriséculaire, peuvent être présentes quelques imperfections, non nécessairement signalées dans la description.
TITRE COMPLET ET AUTEUR
Mammotrectus super Bibliam.
Venetiis, Franciscus Renner de Heilbronn et Petrus de Bartua, 1478.
Johannes Marchesinus
CONTEXTE ET SIGNIFICATION
Le Mammotrectus a été conçu comme un guide pratique pour le clergé peu formé grammaticalement. L’œuvre contient environ 1300 entrées et se divise en trois grandes sections : explications étymologiques et grammaticales des termes bibliques difficiles ; traitements sur la prononciation latine, l’interprétation des Écritures et des sujets théologiques ; une section liturgique avec des antiennes, des sermons et du matériel pour l’année ecclésiastique. La structure reflète l’exigence pastorale du tardif Moyen Âge : fournir aux prédicateurs des outils rapides pour interpréter et citer correctement la Bible. Pendant plus de deux siècles, le texte fut l’un des manuels les plus répandus dans les écoles conventuelles franciscaines et dans les études ecclésiastiques. Son immense diffusion au XVe siècle témoigne du besoin d’outils didactiques intermédiaires entre la Bible et les grands commentaires théologiques.
Au XVIe siècle, toutefois, les humanistes commencèrent à en critiquer durement la méthode. Desiderius Erasmus attaqua tout le système éducatif théologique médiéval en l’accusant de perpétuer une connaissance imparfaite des Écritures et indiqua les manuels grammaticaux comme le Mammotrectus comme exemple d’une tradition scolaire qui remplaçait la véritable philologie biblique. La polémique reflète le choc entre deux modèles culturels : d’un côté la pédagogie conventuelle médiévale, de l’autre le programme humaniste du retour aux sources, fondé sur l’étude du grec et de l’hébreu et sur une approche critique des textes sacrés.
BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Johannes Marchesinus (Giovanni Marchesini) fut un frère franciscain actif entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, probablement originaire de Reggio Emilia. Il enseigna dans des milieux conventuels destinés à la formation des novices et du clergé mineur. Son Mammotrectus super Bibliam devint rapidement l’un des manuels didactiques les plus répandus dans l’Europe tardomédiévale. L’œuvre naît de la tentative de rendre compréhensible la Vulgate pour des prédicateurs peu instruits, en fournissant des explications linguistiques et théologiques des termes bibliques difficiles.
HISTOIRE TYPOGRAPHIQUE ET CIRCULATION
La première édition imprimée du Mammotrectus apparut à Mayence en 1470 chez Peter Schöffer. Dans les décennies qui suivirent, le texte connut une diffusion typographique extraordinaire avec de nombreuses éditions en Allemagne, en Suisse et en Italie. À Venise, l’œuvre fut imprimée pour la première fois en 1476 et à nouveau en 1478 par Franciscus Renner de Heilbronn et Petrus de Bartua. Cette édition appartient à la phase initiale de la typographie vénitienne et s’inscrit parmi les rares livres produits par la collaboration entre ces deux imprimeurs entre 1477 et 1479. Au cours du XVe siècle, plus de vingt éditions incunables furent produites, signe de la diffusion vaste du texte dans les bibliothèques conventuelles et les écoles ecclésiastiques européennes.
BIBLIOGRAPHIE ET RÉFÉRENCES
ISTC im00238000
GW M20819
Goff M-239
BMC V, p. 180
CIBN M-124
Walsh, Catalogue of the Incunabula in the Harvard College Library, no. 1593–1594
BSB-Ink M-158
Frans van Liere, Tools for Fools: Marchesinus of Reggio and His Mammotrectus, Medieval Perspectives 18 (2003)
Samuel Berger, La Bible au XVIe siècle, Paris, 1879, pp. 15-28
ICCU / OPAC SBN – éditions du Mammotrectus super Bibliam (incunaboli vénitiens)
