Esteban de Sande - Signed Limited Edition - Carretera & Manta - 2024





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Description fournie par le vendeur
L’autoroute est l’un des mythes les plus fertiles que les États‑Unis ont exportés au reste du monde. Des romans comme « On the Road » de Jack Kerouac, des films comme « Thelma et Louise » ou une bonne poignée de chansons de Bruce Springsteen sont de bons exemples du désir de la culture populaire nord-américaine de nous vendre, avec l’odeur de l’essence et l’asphalte chauffé par le soleil, l’idée de liberté au dos d’une voiture.
Cette reformulation d’un des piliers de l’identité américaine, la découverte de nouveaux territoires (d’abord en chariot à cheval, puis en train et enfin en automobile), trouve sa corrélation dans le monde de la photographie : des auteurs contemporains tels que Stephen Shore, Joel Sternfeld, Alec Soth, Todd Hido et Bryan Schutmaat, entre autres, poursuivent seuls leurs trajets en voiture, loin des grandes villes, à la recherche de l’essence de leur pays. Leurs plaques photographiques abondent en vues de la nature, de villes presque abandonnées, de personnages solitaires, de routes secondaires, de restaurants, de motels et de stations‑service, enseignes au néon… imaginary vernaculaire ibérique
À presque 10 000 kilomètres à l’est de la Californie, un univers parallèle se développe, un imaginary vernaculaire ibérique, qui se fonde sur le monde particulier du réseau routier espagnol. Déployé dans les années 60 du siècle dernier, durant le developmentalisme de Franco, la toile d’araignée des autoroutes nationales était, et est toujours, un système radial centré sur Madrid, mais soutenu par un réseau de routes qui relie les six routes principales.
Les routes nationales et leurs sœurs périphériques, telles celle qui longe la côte méditerranéenne, ont spontanément créé une sous‑culture populaire. L’univers antérieur aux autoroutes et axes actuels est équipé de restaurants avec des menus pour les routiers, d’hôtels bon marché et d’auberges, de bars d’hôtes, de silhouettes du taureau Osborne, de camions Pegasus, de voitures familiales sans climatisation, de jambons de montagne en attente de clients…, de cassettes et de cartes postales fanées sur les affichages des stations‑service..
À l’est de la péninsule, et grâce à une similarité territoriale avec l’Ouest américain (dont le point le plus notable est le désert des Tabernas, utilisé dans les années 60 et 70 pour filmer les fameux « spaghetti westerns »), s’est créée une fusion particulière entre le vernaculaire ibérique et l’américain populaire. Ce mélange entre le local sous‑éroté et le mythe yankee a pour expression physique des lieux qui imitent ceux de la Route 66; ou ces voitures fabriquées à Détroit, Michigan, qui furent un temps utilisées pour des productions cinématographiques et qui, une fois le tournage terminé à Almería, furent abandonnées à leur sort. Seul sur la route
Esteban, naturellement créatif et entreprenant, a fait de son obsession de récupérer de vraies images et celles prises à la télévision de son enfance, au milieu des années 80, une réalité. Pendant un hiver, il a pris à nouveau et encore la route seul, à la recherche des lieux qui représentaient le mieux cet univers pressenti lors des voyages en famille d’été, durant ces vacances où les séries « Blue Summer » ou « The Fantastic Car » étaient diffusées à l’heure de la sieste. Son souhait a été de relier la réalité ibérique actuelle à un moment historique et à un pays en transition, lorsque les tableaux de bord des Renault 18 étaient encore décorés de petites cadres avec des photos des enfants et la légende « Don’t run dad ». Pour ce voyage intérieur et extérieur, dans le temps et l’espace, Esteban, livré à la solitude, a parcouru encore et encore les routes de l’est et du centre de l’Espagne, toujours armé d’un appareil photo numérique polyvalent, parfait pour enregistrer sa route et sa couverture particulières. Cependant, son style visuel posé et réflexif, avec des couleurs désaturées, se rattache plutôt à la philosophie et à l’esthétique des grandes plaques photographiques des photographes américains mentionnés ci‑dessus. Également au projet « A1, The Great Northern Road » de l’Anglais Paul Graham, qui raconte la réalité d’un pays et rend implicitement hommage à son propre enfance.
Les aventures et mésaventures que vivent et subissent Esteban, nécessaires à un voyage d’initiation sur la route, peuvent se ressentir dans les photographies contenues dans ce livre. Ce sont des fragments d’un temps qui semble figé, observé avec respect, mais aussi avec une fine ironie et, par moments, avec une pointe de mélancolie en arrière‑goût. En somme, ce sont une tribune sincère et honnête à propos d’un temps et d’un lieu dont les échos nous parviennent encore. Également, bien que cela puisse ne pas sembler évident, il s’agit d’un autoportrait sans filtre d’un photographe qui prend plaisir à vivre son aventure particulière et, en même temps, universelle.
par Rafa Badia
À propos du vendeur
L’autoroute est l’un des mythes les plus fertiles que les États‑Unis ont exportés au reste du monde. Des romans comme « On the Road » de Jack Kerouac, des films comme « Thelma et Louise » ou une bonne poignée de chansons de Bruce Springsteen sont de bons exemples du désir de la culture populaire nord-américaine de nous vendre, avec l’odeur de l’essence et l’asphalte chauffé par le soleil, l’idée de liberté au dos d’une voiture.
Cette reformulation d’un des piliers de l’identité américaine, la découverte de nouveaux territoires (d’abord en chariot à cheval, puis en train et enfin en automobile), trouve sa corrélation dans le monde de la photographie : des auteurs contemporains tels que Stephen Shore, Joel Sternfeld, Alec Soth, Todd Hido et Bryan Schutmaat, entre autres, poursuivent seuls leurs trajets en voiture, loin des grandes villes, à la recherche de l’essence de leur pays. Leurs plaques photographiques abondent en vues de la nature, de villes presque abandonnées, de personnages solitaires, de routes secondaires, de restaurants, de motels et de stations‑service, enseignes au néon… imaginary vernaculaire ibérique
À presque 10 000 kilomètres à l’est de la Californie, un univers parallèle se développe, un imaginary vernaculaire ibérique, qui se fonde sur le monde particulier du réseau routier espagnol. Déployé dans les années 60 du siècle dernier, durant le developmentalisme de Franco, la toile d’araignée des autoroutes nationales était, et est toujours, un système radial centré sur Madrid, mais soutenu par un réseau de routes qui relie les six routes principales.
Les routes nationales et leurs sœurs périphériques, telles celle qui longe la côte méditerranéenne, ont spontanément créé une sous‑culture populaire. L’univers antérieur aux autoroutes et axes actuels est équipé de restaurants avec des menus pour les routiers, d’hôtels bon marché et d’auberges, de bars d’hôtes, de silhouettes du taureau Osborne, de camions Pegasus, de voitures familiales sans climatisation, de jambons de montagne en attente de clients…, de cassettes et de cartes postales fanées sur les affichages des stations‑service..
À l’est de la péninsule, et grâce à une similarité territoriale avec l’Ouest américain (dont le point le plus notable est le désert des Tabernas, utilisé dans les années 60 et 70 pour filmer les fameux « spaghetti westerns »), s’est créée une fusion particulière entre le vernaculaire ibérique et l’américain populaire. Ce mélange entre le local sous‑éroté et le mythe yankee a pour expression physique des lieux qui imitent ceux de la Route 66; ou ces voitures fabriquées à Détroit, Michigan, qui furent un temps utilisées pour des productions cinématographiques et qui, une fois le tournage terminé à Almería, furent abandonnées à leur sort. Seul sur la route
Esteban, naturellement créatif et entreprenant, a fait de son obsession de récupérer de vraies images et celles prises à la télévision de son enfance, au milieu des années 80, une réalité. Pendant un hiver, il a pris à nouveau et encore la route seul, à la recherche des lieux qui représentaient le mieux cet univers pressenti lors des voyages en famille d’été, durant ces vacances où les séries « Blue Summer » ou « The Fantastic Car » étaient diffusées à l’heure de la sieste. Son souhait a été de relier la réalité ibérique actuelle à un moment historique et à un pays en transition, lorsque les tableaux de bord des Renault 18 étaient encore décorés de petites cadres avec des photos des enfants et la légende « Don’t run dad ». Pour ce voyage intérieur et extérieur, dans le temps et l’espace, Esteban, livré à la solitude, a parcouru encore et encore les routes de l’est et du centre de l’Espagne, toujours armé d’un appareil photo numérique polyvalent, parfait pour enregistrer sa route et sa couverture particulières. Cependant, son style visuel posé et réflexif, avec des couleurs désaturées, se rattache plutôt à la philosophie et à l’esthétique des grandes plaques photographiques des photographes américains mentionnés ci‑dessus. Également au projet « A1, The Great Northern Road » de l’Anglais Paul Graham, qui raconte la réalité d’un pays et rend implicitement hommage à son propre enfance.
Les aventures et mésaventures que vivent et subissent Esteban, nécessaires à un voyage d’initiation sur la route, peuvent se ressentir dans les photographies contenues dans ce livre. Ce sont des fragments d’un temps qui semble figé, observé avec respect, mais aussi avec une fine ironie et, par moments, avec une pointe de mélancolie en arrière‑goût. En somme, ce sont une tribune sincère et honnête à propos d’un temps et d’un lieu dont les échos nous parviennent encore. Également, bien que cela puisse ne pas sembler évident, il s’agit d’un autoportrait sans filtre d’un photographe qui prend plaisir à vivre son aventure particulière et, en même temps, universelle.
par Rafa Badia

