G. Nanni - Antiquitatum Variarum Autres - 1560






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Antiquitatum Variarum Autores, première édition en latin, collection de textes anciens et pseudo anciens sur les antiquités par G. Nanni, imprimée en 1560 par Apud Haered. Seb. Gryphii, reliure en cuir, 928 pages, état excellent.
Description fournie par le vendeur
L’auteur (ou plutôt, les auteurs)
Ce n’est pas l’œuvre d’un seul écrivain, mais une collection de textes anciens et pseudo-anciens dédiés aux antiquités. Le catalogue placé au début énumère, entre autres :
Myrsilus de Lesbos (De origine Italiae & Tyrrhenorum)
Marco Porcius Cato (Originum)
Archileu (De temporibus)
Beroso de Babylone (Antiquitatum)
Manethon (De regibus Aegyptiorum)
Quintus Fabius Pictor, Sempronius, Solinus, Pomponius Mela, Pomponius Leto, Fenestella et d’autres.
Beaucoup de ces « fragments » ne sont pas authentiques. La collection provient en grande partie des falsifications élaborées à la fin du XVe siècle par Giovanni Nanni (mieux connu comme Annio de Viterbe, 1432-1502), dominicain et faussaire érudit qui inventa des corpus entiers d’auteurs antiques pour glorifier les origines étrusques et italques et pour rivaliser avec les traditions grecques et bibliques.
L’imprimeur
L’édition de 1560 porte l’empreinte des héritiers de Sébastien Gryphe (Sebastian Gryphius, 1493/94–1556), l’un des plus importants typographes humanistes du Cinquecento.
Originaire de Reutlingen, Gryphe se forma en Allemagne et à Venise avant de s’établir à Lyon, devenant l’éditeur le plus prolifique de la ville. Il imprime plus de 1 300 éditions, privilégiant les textes classiques, humanistes et scolaires. Il fut ami et imprimeur de François Rabelais et publia de nombreuses œuvres d’Érasme.
À sa mort (1556) l’atelier passa à son fils illégitime Antoine Gryphe, qui continua d’utiliser le célèbre blason du griffon avec la devise ciceronienne Virtute duce, comite fortuna (« Avec la vertu comme guide et la fortune comme compagne »). L’édition de 1560 s’inscrit justement dans cette phase de continuité sous la formule « Apud Haered. Seb. Gryphii ».
Contexte historique et liens
L’œuvre s’inscrit dans le plein cœur de la culture antiquaire de la Renaissance, à une époque où l’Europe cherchait dans les origines reculées la légitimation de ses nations et de ses dynasties.
Annio de Viterbe avait publié ses faux en 1498 (Commentaria super opera diversorum auctorum de antiquitatibus). Bien que critiqués (Érasme et plus tard les érudits du XVIIe siècle en démontrèrent la nature fallacieuse), ces textes circulèrent largement durant tout le Cinquecento car ils répondaient à un besoin politique et culturel : donner à l’Italie (et plus particulièrement à l’Étrurie) un passé glorieux indépendant de la Grèce et de Rome.
La collection inclut aussi des textes authentiques ou semi-authentiques (Pomponius Mela sur la géographie, Fenestella sur les magistrats romains, Pomponius Leto sur les antiquités urbaines), insérés dans un mosaic qui mêlait vrai et faux.
Lyon, en 1560, était encore l’une des capitales européennes du livre, à une période de tensions religieuses (les guerres de religion françaises étaient à nos portes) et de fort échange culturel avec l’Italie et les Pays-Bas.
Personnages et épisodes liés :
Annio de Viterbe et la cour papale d’Alexandre VI Borgia, qui avait soutenu ses « découvertes ».
Les humanistes italiens (Pomponius Leto et l’Académie romaine) qui avaient réveillé l’intérêt pour les antiquités romaines.
La grande période typographique lyonnaise, qui servait de pont entre l’Italie et le Nord de l’Europe.
Signification de l’œuvre
L’Antiquitatum Variarum Autores représente un produit typique de la curiosité antiquaire cinquecentesque : un petit volume de poche (in-16°) destiné à des savants et des lecteurs lettrés qui désiraient avoir à portée de main les « sources » sur les origines des peuples, sur la géographie antique et sur les institutions romaines.
Même si l’on sait aujourd’hui qu’une grande partie du matériel est spurius, à l’époque ces pages alimentèrent des récits nationaux, des généalogies princières et des réflexions sur le passé. Elles constituent également un précieux témoignage de la façon dont, entre Quatre et Cinquecento, on construisait (et parfois on inventait) la mémoire historique.
Conclusion
Imprimée à Lyon en 1560 par les héritiers de l’un des plus grands typographes humanistes d’Europe, l’Antiquitatum Variarum Autores est un livre emblématique de la Renaissance : un carrefour entre philologie, falsification érudite, passion antiquaire et industrie typographique. Il conserve encore aujourd’hui le charme d’une époque qui, en tentant de redécouvrir l’antique, a fini par le réinventer.
Collation et état de préservation
1pp, (928pp) Excellent état de préservation, reliure en armes avec des bordures dorées contemporaines, exemplaire de grande rareté collectionnable
Expédition
expédition express livraison en 24h ouvrables dans toute l’Europe et 48 ouvrables pour les pays hors UE
L’auteur (ou plutôt, les auteurs)
Ce n’est pas l’œuvre d’un seul écrivain, mais une collection de textes anciens et pseudo-anciens dédiés aux antiquités. Le catalogue placé au début énumère, entre autres :
Myrsilus de Lesbos (De origine Italiae & Tyrrhenorum)
Marco Porcius Cato (Originum)
Archileu (De temporibus)
Beroso de Babylone (Antiquitatum)
Manethon (De regibus Aegyptiorum)
Quintus Fabius Pictor, Sempronius, Solinus, Pomponius Mela, Pomponius Leto, Fenestella et d’autres.
Beaucoup de ces « fragments » ne sont pas authentiques. La collection provient en grande partie des falsifications élaborées à la fin du XVe siècle par Giovanni Nanni (mieux connu comme Annio de Viterbe, 1432-1502), dominicain et faussaire érudit qui inventa des corpus entiers d’auteurs antiques pour glorifier les origines étrusques et italques et pour rivaliser avec les traditions grecques et bibliques.
L’imprimeur
L’édition de 1560 porte l’empreinte des héritiers de Sébastien Gryphe (Sebastian Gryphius, 1493/94–1556), l’un des plus importants typographes humanistes du Cinquecento.
Originaire de Reutlingen, Gryphe se forma en Allemagne et à Venise avant de s’établir à Lyon, devenant l’éditeur le plus prolifique de la ville. Il imprime plus de 1 300 éditions, privilégiant les textes classiques, humanistes et scolaires. Il fut ami et imprimeur de François Rabelais et publia de nombreuses œuvres d’Érasme.
À sa mort (1556) l’atelier passa à son fils illégitime Antoine Gryphe, qui continua d’utiliser le célèbre blason du griffon avec la devise ciceronienne Virtute duce, comite fortuna (« Avec la vertu comme guide et la fortune comme compagne »). L’édition de 1560 s’inscrit justement dans cette phase de continuité sous la formule « Apud Haered. Seb. Gryphii ».
Contexte historique et liens
L’œuvre s’inscrit dans le plein cœur de la culture antiquaire de la Renaissance, à une époque où l’Europe cherchait dans les origines reculées la légitimation de ses nations et de ses dynasties.
Annio de Viterbe avait publié ses faux en 1498 (Commentaria super opera diversorum auctorum de antiquitatibus). Bien que critiqués (Érasme et plus tard les érudits du XVIIe siècle en démontrèrent la nature fallacieuse), ces textes circulèrent largement durant tout le Cinquecento car ils répondaient à un besoin politique et culturel : donner à l’Italie (et plus particulièrement à l’Étrurie) un passé glorieux indépendant de la Grèce et de Rome.
La collection inclut aussi des textes authentiques ou semi-authentiques (Pomponius Mela sur la géographie, Fenestella sur les magistrats romains, Pomponius Leto sur les antiquités urbaines), insérés dans un mosaic qui mêlait vrai et faux.
Lyon, en 1560, était encore l’une des capitales européennes du livre, à une période de tensions religieuses (les guerres de religion françaises étaient à nos portes) et de fort échange culturel avec l’Italie et les Pays-Bas.
Personnages et épisodes liés :
Annio de Viterbe et la cour papale d’Alexandre VI Borgia, qui avait soutenu ses « découvertes ».
Les humanistes italiens (Pomponius Leto et l’Académie romaine) qui avaient réveillé l’intérêt pour les antiquités romaines.
La grande période typographique lyonnaise, qui servait de pont entre l’Italie et le Nord de l’Europe.
Signification de l’œuvre
L’Antiquitatum Variarum Autores représente un produit typique de la curiosité antiquaire cinquecentesque : un petit volume de poche (in-16°) destiné à des savants et des lecteurs lettrés qui désiraient avoir à portée de main les « sources » sur les origines des peuples, sur la géographie antique et sur les institutions romaines.
Même si l’on sait aujourd’hui qu’une grande partie du matériel est spurius, à l’époque ces pages alimentèrent des récits nationaux, des généalogies princières et des réflexions sur le passé. Elles constituent également un précieux témoignage de la façon dont, entre Quatre et Cinquecento, on construisait (et parfois on inventait) la mémoire historique.
Conclusion
Imprimée à Lyon en 1560 par les héritiers de l’un des plus grands typographes humanistes d’Europe, l’Antiquitatum Variarum Autores est un livre emblématique de la Renaissance : un carrefour entre philologie, falsification érudite, passion antiquaire et industrie typographique. Il conserve encore aujourd’hui le charme d’une époque qui, en tentant de redécouvrir l’antique, a fini par le réinventer.
Collation et état de préservation
1pp, (928pp) Excellent état de préservation, reliure en armes avec des bordures dorées contemporaines, exemplaire de grande rareté collectionnable
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