Antoine d'Agata - "hamburg germany 2000"





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UNDERTECKNAD Antoine d'Agata foto 15x15 cm (6"x6") begränsad upplaga Magnum Square Print
"Det är inte hur en fotograf ser på världen som är viktigt. Det är deras intima relation till den."
- Antoine d’Agata
l faut penser sonore. Une photographie qui grince. Elle ne craque pas, elle ne crie pas: elle gémit. Le mouvement n’est pas sec mais continu. Il est arrêté en plein. Sur le vif. La prise est comme une déflagration dont la photo se fait écho. Elle résonne. Ce qui est figé continue à jamais d’être à l’endroit où la chose a été (2), c’est-à-dire dans l’image. Finalement on comprend, la réalité n’a pas eu lieu: elle a été piégée, saisie et remplacée par un reflet plus bouillonnant qu’elle. Ce que l’objectif a happé ne fait pas partie de l’expérience du monde, n’appartient pas à l’usure de la vie, mais est entré au panthéon de cette banque d’images dont on ne sait lorsqu’on les voit si elles nous apprennent un quelque chose qui apparait enfin sur l’écran de notre esprit ou si elles révèlent un endroit, un déjà là qui n’attendait qu’à être éclairé. En somme, l’accomplissement n’a pas éteint la flamme. Le fantasme a effectué un glissement à l’endroit de sa révélation.
-Antoine d’Agata se collecte et se savoure. On se le partage en susurrant son nom, qui résonne comme l’image-plaisir ou l’image-secret. Mais qui tiraille aussi. Douleur et peur. Il fait partie de ces artistes-œuvres à la Orlan: c’est parce qu’il est dans le champ que « ça » fonctionne. Partie intégrante de son travail, l’homme et l’œuvre luttent pour exister. Une lutte chromatique qui n’est pas sans rappeler les couleurs de Francis Bacon dont on retrouve aussi les chairs déformées, comme écartelées-évaporées. Il est d’ailleurs possible qu’Antoine d’Agata n’existe pas en dehors du champ photographique, qu’il ne soit que l’une de ces âmes en négatif dont a fourmillé le XXème siècle. Viennent à l’esprit le corps tordu de Francesca Woodman, les faces épuisées d’Anders Petersen, le grain sauvage de Daidō Moriyama. On est dans une quête intime, quotidienne. Mise en scène, romancée, la vie est plus crasse que le réel et il y fait toujours nuit. Même quand le jour s’est levé. Les draps ont toujours été là. Dedans et dehors de la photographie sont indissociables. Le monde se résume à un huit clos de corps s’éprouvant auquel notre œil se confronte, happé par ce qui s’offre. Engloutissement, aspiration: l’image est un piège."} } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } }}
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- Antoine d’Agata
l faut penser sonore. Une photographie qui grince. Elle ne craque pas, elle ne crie pas: elle gémit. Le mouvement n’est pas sec mais continu. Il est arrêté en plein. Sur le vif. La prise est comme une déflagration dont la photo se fait écho. Elle résonne. Ce qui est figé continue à jamais d’être à l’endroit où la chose a été (2), c’est-à-dire dans l’image. Finalement on comprend, la réalité n’a pas eu lieu: elle a été piégée, saisie et remplacée par un reflet plus bouillonnant qu’elle. Ce que l’objectif a happé ne fait pas partie de l’expérience du monde, n’appartient pas à l’usure de la vie, mais est entré au panthéon de cette banque d’images dont on ne sait lorsqu’on les voit si elles nous apprennent un quelque chose qui apparait enfin sur l’écran de notre esprit ou si elles révèlent un endroit, un déjà là qui n’attendait qu’à être éclairé. En somme, l’accomplissement n’a pas éteint la flamme. Le fantasme a effectué un glissement à l’endroit de sa révélation.
-Antoine d’Agata se collecte et se savoure. On se le partage en susurrant son nom, qui résonne comme l’image-plaisir ou l’image-secret. Mais qui tiraille aussi. Douleur et peur. Il fait partie de ces artistes-œuvres à la Orlan: c’est parce qu’il est dans le champ que « ça » fonctionne. Partie intégrante de son travail, l’homme et l’œuvre luttent pour exister. Une lutte chromatique qui n’est pas sans rappeler les couleurs de Francis Bacon dont on retrouve aussi les chairs déformées, comme écartelées-évaporées. Il est d’ailleurs possible qu’Antoine d’Agata n’existe pas en dehors du champ photographique, qu’il ne soit que l’une de ces âmes en négatif dont a fourmillé le XXème siècle. Viennent à l’esprit le corps tordu de Francesca Woodman, les faces épuisées d’Anders Petersen, le grain sauvage de Daidō Moriyama. On est dans une quête intime, quotidienne. Mise en scène, romancée, la vie est plus crasse que le réel et il y fait toujours nuit. Même quand le jour s’est levé. Les draps ont toujours été là. Dedans et dehors de la photographie sont indissociables. Le monde se résume à un huit clos de corps s’éprouvant auquel notre œil se confronte, happé par ce qui s’offre. Engloutissement, aspiration: l’image est un piège."} } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } } }}

